lundi 8 juillet 2013

Acte 3 : Le Vignemale

C'était un rêve, voilà, c'est fait! Je suis montée sur le plus haut sommet pyrénéen Français et en mode course. Une drôle de course quand même mais tellement magique! Nous étions environ 600 ou 650 au départ, l'émotion était palpable dans la voix du speaker-organisateur. En effet, 15 jours après les inondations qui ont dévasté la route d"accès au village de Cauterets, toutes les énergies ont tout de même été mobilisées pour que la course puisse se faire, malgré un manteau neigeux encore très important à partir de 2000m, et en trouvant un accès routier au village pour les touristes et les candidats à ce trophée exceptionnel. Nous étions donc trois, Lyse, Patrice et moi-même. Toute la soirée, la discussion a tourné autour de la barrière horaire (3h30 - 18 km - 1800m de D+) au refuge de Baysellance, à tel point, que mes deux compères n'en n'ont pas dormi. De mon côté, étant assez fatiguée, j'ai dormi comme un bébé. Le lendemain, nous voilà sur la ligne de départ où nous retrouvons quelques copains et copines bordelais. Mon seul objectif du jour est d'atteindre ce sommet qui culmine à 3298m, je pense pouvoir atteindre la barrière en 3h, mais au fur et à mesure que j'avance, je vois bien que je mettrais plus de temps. Arrive le refuge des Oulettes, le temps est tellement magnifique, depuis l'utmb que je n'ai pas eu beau sur un trail, que j'en prends plein les mirettes et que je sors mon appareil photo à tout va, ainsi que le caméscope. Seul hic, avec les lunettes de soleil et ce magnifique soleil, je ne vois pas trop ce que je photographie ou ce que je filme. Me voilà au refuge des Oulettes de Gaube, 2h25 environ, on nous dit qu'il faut une heure pour aller jusqu'à Baysellance, moi, j'opte plutôt pour 3/4 d'heure. Il faudra bien les une heure, j'arrive à la Hourquette d'Ossoue en 3h21, les supporters présents nous disent que c'est dans la poche, le refuge en vue me semble assez loin, et il faut dévaler une pente dans la neige où les chaussures s'enfoncent assez profondément. 3h26, Ouf, je passe, mais c'était juste. Le temps de refaire le plein d'eau, de me chausser mes petits crampons spéciaux pour les runnings, je repars en pensant que Lyse et Patrice sont fichus, sauf s'ils laissent un peu de rab. C'est là que j'aperçois Lyse, bloquée par le chrono, il lui manque deux minutes, elle est dépitée, les larmes lui montent aux yeux. Je suis presque prête à m'arrêter pour ne pas les laisser tomber, et puis non quand même, je suis venue pour ça! Me voilà donc partie en direction du glacier, un premier gros névé en descente à passer, un peu de sentier, puis on attaque les cordes où il faut s'emmousquetonner. La montée au glacier est difficile, la pente est plutôt raide et surtout l'effet de l'altitude se fait sentir. Un long cordon humain file vers l'arête sommitale. La deuxième barrière est fixée à 5h au pied de cette arête, je vois bien que je ne vais pas être dans les temps, il me manquera 5'. Mais comme ça bouchonne sec et qu'il fait beau les guides décideront de tous nous laisser passer, et il faudra plus d'une heure pour faire les 300m de montée en s'accrochant de cordes en cordes. 6h07, me voilà à 3298m, vue panoramique extra-ordinaire, je fais une pause, je filme, je me fais prendre en photo, c'est le pied total. Bon, il faut tout de même songer à redescendre, d'abord encore ces 300m de ligne de vie sur les rochers, puis un océan de neige jusqu'à Baysellance. Je m'éclate dans la descente, mes crampons me permettent de ne pas trop glisser, c'est vraiment le pied, bon, la remontée dans le névé au refuge, j'ai beaucoup moins aimé, puis on attaque le col du Labas, il faut encore s'encorder, puis ce sera de la neige jusqu'à la bifurcation du sentier qui monte au col d'Aratille et qui rejoint Estom de l'autre côté. Une vraie partie d'équilibriste, avec pour commencer, encore une corde, mais dans un sacré pentu! On se casse facilement la gueule, beaucoup font du sur les fesses, mais je ne peux pas avec mon short court, j'ai encore en mémoire mon "trou" à la fesse pour avoir fait ça aux Allobroges l'année passée. Alors je me dépatouille comme je peux pour ne pas tomber, mais je tombe souvent et ça devient du grand n'importe quoi pour tenter de me relever pour ne pas filer sur les fesses qui sont irresistiblement attirées par la neige. Ensuite il faut jongler entre courir comme on peut en glissant, en essayant de pas trop tomber, ça se joue entre le chasse neige pas vraiment stylé, et le parallèle de traviolle. Il y a encore du pentu, mais pas toujours de la corde! Enfin, la fin de la neige, je range mon matériel, et c'est parti pour 12 km de descente à rythme tranquille car j'ai encore la fatigue de l'Utpma dans l'organisme. A 100m de l'arrivée, je vois Lyse et Patrice qui m'attendent, Patrice m'emboîte le pas et me prend par la main, on finit au sprint, 9h34, je l'ai fait, trop heureuse. Bon, le classement, c'est pas ça, Un peu plus de 300è sur 414 classés, 200 recalés, peut mieux faire. Nous étions 45 filles au départ, et ne sommes que 14 ou 16 à être passées, je finis 12è. On essaiera de faire mieux au GRP, quoique après deux jours de bénévolat, pas sûr que je sois au top. En attendant, place à un peu de récup avant d'entamer trois semaines de vacances dans les Alpes, avec une petite course de 12 km et 1200 de D+ à la fin du mois et de belles sorties longues déjà programmées.

L'équipe de choc
En arrivant aux Oulettes, Le Grand Vignemale tout à gauche
 




Descente après le col de Labas, que de la neige!



mardi 25 juin 2013

Acte 2 : UTPMA, ça c'est fait!

Voilà, la première vraie étape de la prépa est passée avec l'Ultra Trail du Puy Mary à Aurillac. 103 km au GPS et 5000 de D+, mais je crois que Garmin sous-estime maintenant le dénivelé, mais bon, peu importe. Je dois dire que je me suis présentée à cette course, comme s'il s'agissait d'un petit semi quand on prépare un marathon, c'est à dire en n'imaginant pas la difficulté de la course et la préparation qu'il me manquait. Je ne dirais pas que je m'y suis présentée la fleur au fusil, mais pas loin, et j'avais complètement oublié la souffrance de ces courses, car quelque soit la course que l'on prépare, il faut s'apprêter à souffrir. Au semi, le passage difficile, ce peut être entre le 13 et le 15, au marathon ça peut devenir difficile, voir épouvantable à partir du 30 ou 35, les km deviennent alors interminables et on se demande ce qu'on fout là. Sur un trail, c'est pareil voir pire, il faut se projeter dans 10h, 20h, 40h de course, et ce n'est jamais une petite promenade tranquille, esprit dans lequel je m'étais mise je pense. Je suis donc partie "tranquille", mais à bonne allure, les premiers km ne comportaient pas trop de dénivellé, et les 17 premiers km furent avalés en un peu plus de deux heures. Pointée 11è fille, je commence à remonter jusqu'à être 7è au 3è ravito, c'est à dire vers le 61è. Je m'attendais à "ramasser" quelques coureurs, mais je constate que le niveau monte et que les trailers sont de plus en plus forts. Les difficultés ont commencé après le 17è km, avec les premières montées aux Puy, je me suis rendue compte tout d'un coup que ce ne serait pas facile, la souffrance était déjà là, et puis après quelques torsions de mes deux pieds, l'entorse n'était pas loin, j'ai pensé que j'étais peut-être fatiguée, me suis même vautrée deux fois, la première était inévitable, un devers entre plaque de neige et boue, les chaussures ont lâché, j'ai fini sur les fesses pendant un bon moment, j'ai prié pour ne pas me refaire la même brûlure que l'an passé aux Allobroges, le gars derrière moi après avoir admiré ma chute et anticipé sur ce qu'il pourrait faire, a fait pareil! Bref, après toutes ces déconvenues, je me suis demandée si je n'avais pas été trop prétentieuse avec ces 100 km comme première course, même s'il faut compter l'Euskal, ma prépa étant insuffisante, peut-être valait-il mieux que je m'arrête. J'ai essayé de rester attentive aux signes de mon corps, et je me suis dit que de toute façon, pour La Réunion, il fallait que j'aille au bout, que sur les plus ou moins 50 heures que j'allais mettre, des mauvais moments, j'allais en avoir plein, donc autant s'y habituer et se rappeler ce que c'est qu'un Ultra trail. Je savais que j'allais arriver aux environ de minuit, il n'était que midi ou 14h, alors, je n'en n'étais qu'à la moitié, et puis avec tous ces soutiens pour réaliser mon rêve, même si ce n'était qu'une course de prépa, il fallait aller au bout. Comme d'habitude, ne jamais penser à l'arrivée, ni à tout le chemin qu'il reste à parcourir, avancer, c'est tout. Les coups de moins bien se succèdent aux coups de mieux, rien n'est jamais fait tant qu'on a pas franchie la ligne. Finalement, après le passage des Puys qui culminent à 1700m, la forme est revenue, même si je me suis faitz passer par des féminines (Rhhhhhhhhhhh!), des nanas du coin, bien habituées au relief et à l'altitude. Des mois que je n'ai pas vu l'altitude justement, me manque un peu d'acclimatation. ce ne sont pas mes deux sorties à la Rhune qui culmine à 900 m qui m'auront permis de m'habituer à un air à plus de 1500 m. Après une nuit ultra courte, perturbée par le réveil et le fait d'aller à l'arrivée pour voir notre collègue qui franchira la ligne vers 7h du matin, un retour difficile et un lundi dans le cirage avec des jambes de bois, ça va déjà beaucoup mieux ce mardi. Bon, je ne tenterais pas un footing de décrassage, on va encore attendre quelques jours, mais je trouve que finalement, j'ai bien encaissé. Pour les chiffres, et bien je finis en 19h09, dans la fourchette que j'espérais, 119è au scratch pour 397 partants et 73% de classés. Ce que je retiens, c'est le super niveau global des coureurs ici. 
Voilà, je me sens dans les rails de la prépa, encore 10 jours d'école, puis ce sera le Vignemale, en principe, en mode "cool", enfin on verra, puis ensuite direction les Alpes pour un séjour famille et pas mal d'entraînement en montagne. Pas de Trail des Fiz, je pense que cela ferait trop avec le GRP, on se contentera de la montée du Praz de Lyz, mon jardin, pour un petit 12 km avec 1200m de D+, un km vertical en quelque sorte. 
Pour terminer, je conseille à tous cet UTPMA, je veux bien y retourner l'an prochain, mais je veux du soleil!








dimanche 16 juin 2013

J-6, c'est long d'attendre

Plus que 6 jours pour l'Ultra Trail du Puy Mary. La première vraie course de prépa avec un début d'entraînement spécifique depuis fin mai. L'attente est longue, d'autant que les copains sont dans les Pyrénées ce Week end pour la Montan'Aspe, et vous savez quoi, il fait beau! Vous croyez qu'on aura beau samedi prochain à Aurillac? JE VEUX DU SOLEIL, car marre de la pluie, du brouillard, comme la semaine dernière encore à la Rhune pour un entraînement, et de la neige au mois de mai. Difficile de pronostiquer un temps, car la distance et le dénivellé sont similaires à l'utmb de l'an passé, le vainqueur Homme Oscar Perez a mis 12h30, à Chamonix le vainqueur a bouclé en 10h30  et Perez faisait la Ronda Del Cim's 15 jours après (170 km et 13000 de D+, il a gagné en 30h environ), donc je ne sais pas s'il était à fond ou pas. Un chrono entre 18h et 20h serait bien. La première a mis 16h, a un beau palmarès avec une 5è place à la CCC l'an passé, une 2è place aux Templiers en 2008.

Pour un suivi Live de la course c'est ici, en espérant que le lien soit valide

L'équipe du Puy Mary à la Rhune la semaine dernière

Un des spots sur lesquels on devrait courir, je veux voir cette vue et faire de belles photos! C'est trop beau. 
Il y a encore pas si longtemps, je n'en n'avais que pour les Alpes, puis j'ai découvert les Pyrénées, je les adore maintenant, et depuis trois ans l'Auvergne, je suis en train de devenir fan aussi! Et en plus, normalement, il y a plein de coins à myrtilles!

mercredi 5 juin 2013

KissKissBankBank : ça y est, c'est fait! Et un podium au Sauternes.

Voilà, c'est fait, objectif atteint est dépassé! Il y a encore plus d'une semaine ce n'était pas gagné, puisque j'étais à 52% de l'objectif. Ma mobilisation pour faire avancer la collecte et celle d'autres autour de moi a permis que l'objectif soit atteint et même un  dépassé. Les 125% pour le Bonus Buff n'y sont pas mais si je rajoute deux contributions arrivées ce soir par d'autres voix, j'arrive à 115%. J'attends aussi une participation du club (qui ne rentre pas dans les 125%, mais dans les 140% prévus dans le projet pour pouvoir faire le buff - voir détail site), et une autre est aussi arrivée par voix postale. Le buff n'est peut-être pas encore enterré, qui sait. Vous êtes donc 40 contributeurs, des amis, de la famille, des sympathisants du blog, de Facebook, et aussi des "inconnus" qui ont soutenu le projet via le site. Un très très grand merci à tous.


La préparation est belle et bien commencée, avec une montée en puissance au niveau de l'entraînement depuis la fin des interclubs. Ce week end, j'ai fait un petite incursion du coté du marathon du Sauternes où j'ai couru sous les couleurs du Château Guiraud, un premier Grand Cru Classé. Partie pour une séance de sortie longue à 3h45, car Ultratrail du PuyMary dans trois semaines, je n'ai pu m'empêcher d'y inclure un peu de vitesse en courant du 10è au 20è et du 25è au 30è à allure marathon 3h20, histoire d'assurer un meilleur chrono pour le château. Au final je passe la ligne en 3h31'48, une belle surprise, car ce n'est pas évident de faire une perf sur ce parcours, surtout qu'en général c'est un peu caniculaire. Mais le printemps et l'été étant toujours aux abonnés absents, pour le coup, c'était appréciable et idéal. Je recommande vivement ce marathon qui permet de courir au calme dans la campagne, loin de toute circulation, au milieu des vignes et des châteaux qui nous proposent dégustation. Le parcours est assez roulant jusqu'au 30è avec beaucoup de faux plats descendants, mais les 12 derniers sont beaucoup plus "côtellés", avec notamment un joli petit mur à château Yquem, au 37/38è km.  Je finis donc sur le podium à la 2è place V1,  5è scratch je crois, et 2è équipe château. La lauréate du marathon, une suissesse, étant aussi dans l'équipe Guiraud, 3 filles sur 6 membres, la parité était parfaitement respectée. Un grand merci à Monsieur Xavier Planty, propriétaire du château, qui a accepté ma candidature et dont j'ai pu faire la connaissance et avec qui j'ai pu discuter vins et Sauternes bien sûr. 


Cette semaine c'est donc assimilation du marathon avec gros kilométrage entre course à pied et VTT. Pour les séances de fractionné, il faudra attendre vendredi, car les gambettes sont tout de même marquées par les 42 km. Physiquement, il va falloir aussi tenir le coup, car dans une semaine c'est ma kermesse, une dernière semaine de préparation toujours très intense.