mercredi 30 octobre 2013

Epilogue.

Que dire...difficile de trouver les mots. Je me souviens d'une phrase de Nour Eddine pendant la course, c'était à peu près ça : "Mais c'est quoi ce trail! Ce n'est pas une course! Moi, j'aime quand tu peux courir...si j'avais su que c'était comme ça, j'aurais pas v'nu!". C'était à peu près ça la teneur. J'avoue que j'étais pas loin de penser pareil. Après, quand je regarde notre résultat, je me dis que quand même, on a couru pour avancer comme ça. Mais en fait, ce qui nous manque, c'est l'aisance des réunionnais dans toute cette caillasse et toutes ces racines! C'est un beau rêve réalisé, j'en ai donc trois au compteur maintenant : Grp 2009, bien conduit, plutôt à la cool pour finir, sauf dans les 20 derniers kms quand à force d'être cool, je me suis vue les deux portugaises revenir sur moi, mais au final, pas vraiment souffert. Utmb 2011 (les autres, ça compte pas y avait pas les km), galère physique à partir de Champex, hallucinations, je n ai pas voulu dormir, grosse erreur je pense et ça roule "trop" peut être, les quadris ramassent grave. Diagonale 2013, les doigts dans le nez et plutôt facile dans l'ensemble, la tête et les jambes étaient ultra bien préparées. Maintenant reste à bien récupérer et réfléchir à l'année prochaine. Sûr que j ai envie de refaire les trois...pour faire mieux, mais j ai aussi envie d'accrocher l'ultra andorra à mon palmarès, alors, j'ai jusqu'à Noël pour réfléchir et me décider...car les inscriptions utmb, ce sera à Noël et puis que voudront faire les copains/copines. Finalement, ça va pas beaucoup laisser de temps pour se décider! Dernière chose, quand cela est possible, je recommande vraiment de courir à deux, c'est beaucoup d'énergie économisée et certainement un gros gage de réussite. 
Depuis, je récupère mes pieds, profite de vraies vacances avec mon Coco, mes amis nous accueillent de la plus manière, et nous avons fait quelques randos : Piton des Neiges, La Fenêtre, Le volcan, il nous reste encore deux jours pour aller voir de belles choses. On mange très bien, je me suis bien mise à la cuisine réunionnaise, et la dodo coule à flot! Bientôt un petit compte rendu de mes pieds, promis.

Au sommet du Piton des Neiges

Vue sur Cilaos depuis la Fenêtre

La Dream Team : Maxime, Jean-Jacques et Coco

 Le cratère du volcan

lundi 28 octobre 2013

Episode 8 : halte là - arrivée

Le rythme n'est plus le même. Je sens que Nono a un peu lâché l'idée du classement. On monte à bon rythme à Dos d âne, puis nous roulons facilement au poste de pointage. Cette partie est plutôt cool et vite avalée. On nous annonce 7 km de descente jusqu'à la Possession. Putain d'enfoirés! D'abord ça monte et sacrément! Ensuite c'est une putain de descente entre les arbres et les lianes où il faut jouer les Tarzans. Les réunionnais sont dans leur jardin et ils nous larguent! Ceux qui font la Mascaraigne sont avec nous, alors on sait plus bien qui nous dépasse. Arrive un peu de replat, Nono tape la causette avec un gars, j'essaie de le houspiller pour qu'on court un peu, mais j'ai comme l'impression qu'il a lâché le classement. Seul compte de finir, alors je me mets dans sa foulée. Voilà qu'on attaque le chemin des Anglais. Une bonne galère parait-il. Il fait chaud, mais comme on est plutôt sur un rythme cool, il ne me pèse pas trop. Arrive le ravito, on ne s'attarde pas, on rattaque une partie de chemin des anglais avant de trouver une partie plus cool et plus sablonneuse. On nous annonce 9 km de montée jusqu'au Colorado, puis 4 de descente. Un peu plus loin on nous dit qu'on arrive au pointage et qu'ensuite on a 8 km de descente. Bref, l'arrivée au Colorado se fait attendre, on en a marre! Les infos sont tout le temps contradictoires! On finit par y arriver. Je n'ai pas envie de m'y attarder, mais Nono veut encore se faire masser. Quatre bénévoles se pressent autour de lui. Je le soupçonne d'abuser des soins juste parce que les bénévoles sont jolies et ultra dévouées. Elles vont lui chercher à manger pendant qu'il se fait masser. On m'apporte également 1000 petits soins dont je n ai pas besoin, y compris une bonne couverture dans laquelle je m'emmitoufle bien. Si ça continue, je vais m'endormir sur place et on va finir demain matin. Finalement, Nono se décide à repartir. Ce seront des aïe, ouille, ahhhhhhh, tout au long de la descente. Parfois il s'enquiert de ma personne pour savoir si je suis toujours là et si ça va. Certes, j'ai quand même un peu mal et cette descente est merdique au possible. Enfin du plat, et les derniers 500 m vers le stade. Je sors la caméra, ça y est, on l'a fait, c'est à peine croyable. Photo d'arrivée, embrassades et vite on récupère nos affaires pour se doucher, car on rêve d'une dodo. On en boira même deux, avec Jean Paul, arrivé une petite heure après, j'ai même pu trouver une clope pour fêter ça. C est lui et Brigitte qui me ramèneront à Saint Pierre. Sur le moment, difficile de réaliser. Par rapport à l Utmb et le Grp, je trouve que finalement ce fut une course plutôt bien vécue, avec une certaine facilité. Sûr que je n'ai pas eu à me motiver ou à me concentrer. Je savais Nono juste devant ou juste derrière, donc rien à penser. Courir à deux, c'est certainement aussi un gage de réussite pour ce genre d'exploit. Par sûr que seule, j'eu fais aussi bien, même si j'en avais un peu plus sous le pied que Nono pour finir. C'est une expérience inoubliable et quel bonheur de l'avoir vécue à deux et au delà avec vous tous, car vous étiez souvent dans mes pensées et je vous imaginais derrière votre ordi. Le suivi live, c'est clair que ça apporte une autre dimension à l'évènement, ça le rend encore plus énorme. Merci, merci à tous de m'avoir permis de réaliser ce rêve. En 96, lorsque j'ai traversé cette île en rando et découvert l'existence de cette course, je ne croyais pas qu'un jour j'en ferai partie, et de 125 km elle est passée à 165. Une pensée pour Cécile, qui a été prise de maux d'estomac dans Mafate, qui n'a cessé de vomir (j'en ai vu d'autres) et qui a finalement abandonné à Halte-là. Elle a eu du courage de faire quelque 60 km avec le ventre qui n'arrêtait pas de se vider. Nous avons finalement eu beaucoup de chance, car les problèmes alimentaires peuvent survenir n'importe quand, et ils conditionnent pas mal l'issue de la course. 



dimanche 27 octobre 2013

Episode 7 : Maïdo-Halte Là

Le ravito est encore à quelques km après le Maïdo. Enfin le voilà, je m y attarde un peu. C est l'heure du petit dej. Nono s'impatiente, mais nous voilà repartis. C'est plus ou moins roulant, mais Nono montre quelques signes de fatigue ou plutôt de douleurs. Je suis devant et je freine un peu, quant à un km du ravito de Sans Souci, il me passe avec des gars, je n'arrive pas à les suivre. Arrivés à Sans Souci, on a encore grapillé des places et nous voilà dans les 380 je crois. Nour Eddine est ultra motivé. Je trouve Manue Brothier à l'arrêt, elle qui pouvait faire un top 5 ou 10 au minimum. Tendinite je crois. On a droit à des crêpes, puis on file vers Halte-Là où nous serons bien vite. En arrivant, je croise d'un côté Christian à qui j'explique qu'il peut chercher sa femme à sans souci, de l'autre Brigitte Huot, mon ancienne collègue d'école qui attend son mari Jean-Paul. Incroyable! J'explique à Nono que vu notre classement, ce serait bien qu'on traîne pas trop. Mais lui veut prendre le temps, et de se doucher, et de se faire masser. Il y a le choix entre trois plats pour manger : rougail saucisses, boucané, carri poulet. J'en profite pour faire soigner mes pieds et prévenir des ampoules naissantes. Les bénévoles nous bichonnent comme pas permis, c'est difficile de repartir tant on se sent bien entre leurs mains. Mes pieds sont à nouveau neufs et prêts à attaquer le final. Au moment de repartir, Nour Eddine fait encore une halte kiné, la deuxième sur ce ravito, visiblement il aime les petites bénévoles, notre pause durera 1h15, là je sais qu on a perdu des places. Il nous reste 35 km, pourra t-on les récupérer?


Episode 6 : Marla - Maïdo

Une drôle de nuit nous attend. L impression de marcher, parfois courir dans une totale inconnue. On sait les paysages magnifiques, mais nous n'en verrons rien. On réussit même à se perdre! Croyant Nono devant, j'arrive au pointage du col des boeufs, il n'est plus là. J'appelle, pas de réponse. Je demande au pointage mais on me demande son numéro de dossard. Je ne le connais toujours pas! Je poursuis en me demandant mais pourquoi il ne m'a pas attendue. Pointage suivant, mêmes questions, mêmes réponses. En désespoir de cause j'envoie un sms pour demander à ma maman s'il est devant ou derrière. Incroyable cette technologie! Etre au fin fond de Mafate et demander à quelqu'un qui est à 10000 km, si mon coéquipier est devant ou derrière moi. Là aussi elle me demande un numéro de dossard! C'est là que surgit Nono quelque peu énervé, qui croyait que je l'avais planté et que je voulais faire course seule. Mais non, pas du tout, je te croyais devant. Voilà l'équipe reformée, on arrive à Ilet à bourse, je m'envoie des raviolis et redemande une pause dodo de 20', au désespoir de Nono qui se plie à mon désir. Puis nous repartons vers Roche Plate où nous attaquons d'abord une descente bien technique avec une nana qui s'escrime à me dépasser et me semer. Efforts pour rien, car arrive la montée infernale et sans fin des marches vers l'ilet. J'imprime une belle cadence, un type essaiera de me dépasser, puis se cassera la binette. Vu la dangerosité du passage, bien qu'on n y voit pas grand chose, il rentre dans le rang et c'est sous ma cadence bien rythmée, que tout le monde se met dans ma roue et que nous atteindrons au bout d'un temps certain, Roche Plate, où nous découvrons un tas de coureurs à même le sol en train de dormir dans des couvertures de survie. On se restaure un peu et nous voilà repartis. Il est 3 h du matin peut-être. Je commence à ne plus aller bien, à tel point qu'au bout d'un moment je dis à Nono qu'il me faut dormir et voilà que je m'installe au bord du chemin pour dormir un quart d'heure. Lui continue, m'assurant que je le rattraperai bien puisque je monte bien. Puis je me reprends, ça va mieux, je vois le sommet de Maïdo et je retrouve Nono. Le jour se lève, c'est magnifique. On fait quelques photos. Une longue descente nous attend maintenant.