Transpyrénéa 895 : De la démesure d'un défi
Journal de Bord d'une fondue de la course à pied et de la montagne sous toutes ses formes.
mardi 3 février 2026
Héxatrek, c'est lancé!
2025 : Une année en demi-teinte
Comme déjà évoqué dans l'article précédent, le temps commence à faire son effet sur mes résultats, et il faut du temps pour accepter d'être moins performante, et pour autant continuer à courir, faire des compétitions et prendre du plaisir.
Le grand objectif de l'année était le trail de Verbier en Suisse, non loin de la maison familiale sur le bord du Léman. C'était aussi une première étape de nos vacances qui allait nous emmener jusqu'à Venise, en passant par la vallée du Rhône en Suisse, Innsbrück, puis l'Italie avec une semaine à randonner dans les Dolomites. Dans quel état allais-je être pour reprendre la route après ma course.
Pour arriver sereine, il fallait un plan d'entraînement réaliste avec quelques longs trails de préparation. L'année a commencé difficilement avec des résultats décevants, notamment au trail des Fontaines, mais aussi à celui du Malbec tous deux du côté de Cahors. Pourtant j'avais eu de bonnes sensations au Malbec. Puis ce fut celui de Fontfroide vers Narbonne avec une bonne délégation de mon groupe. Là aussi, résultat décevant, j'ai plutôt subi. AU mois d'avril je commence à enchaîner quelques entraînements montagne conséquents, puis au mois de mai j'enchaine 2 trails de 50 km en trois jours. ça se passe plutôt bien, les résultats sont meilleurs. je termine par un petit fin Juin. Me voilà prête. Mais entre temps, le mois de juin a été très intense, entre la préparation habituelle de la kermesse de fin d'année, mais aussi et surtout la préparation de mon départ à la retraite. beaucoup d'émotions, beaucoup d'énergie dépensée, beaucoup d'abus d'alcool et une piètre diététique. J'arrive à Verbier motivée, un peu reposée, mais je sais que ça va être chaud. L'entraînement global n'est pas suffisant et j'aurai du faire une course de prépa d'au moins 80/100 km, ce qui n'a pas été le cas. Au briefing, le directeur de course nous parle de la grande difficulté à passer, la pointe d'Orny qui longe le glacier du même nom. Un longue montée qui n'en finit pas et qui se termine par une montée le long d'une moraine assez difficile. Je ne prête pas trop attention à ce qu'il dit, des ultras, j'en ai fait, je sais que c'est difficile. Il nous précise toute de même que cet ultra est le plus alpins de tous les ultras. Ah bon!
Le départ est donné à 22h, direct on part en montée le long de la route, ça part trop vite, même si j'essaie de freiner, très vite j'ai la sensation que me poumons sont trop sollicités, mais je ne m'affole pas et je gère. Après quelques bonnes montées, une longue descente vers le second ravito de Sambrancher, descente bien roulante que j'avale un peu trop vite certainement. Le premier ravito était super, très varié, là, c'est déjà beaucoup moins bien, je suis déçue. Je suis largement dans mes prévisions, j'ai même un peu d'avance, il faut dire que la barrière horaire me semblait un peu courte, je voulais donc assurer. Puis on repart dans une montée très progressive jusqu'à Champex, c'est presque le matin, il fait encore un peu nuit, j'en profite pour faire une petit somme d'n quart d'heure. Puis après avoir longé le lac (quelques souvenirs de l'utmb), c'est le début de la montée vers Orny. Tout d'abord un gros morceau dans la forêt, ça monte bien raidebeaucoup de grosses enjambées, on commence à apercevoir des montagnes hautes. Puis au sortir de la forêt, c'est un nouveau chantier qui nous attend, encore une très grosse montée dans les éboulis, de gros éboulis, jusqu'au col de la Breya, je ne sais pas encore que le refuge d'Orny est encore loin, même pas le courage de sortir l'appareil photo, pourtant, c'est beau. Passé le col, ça descend un peu, mais c'est tellement technique qu'on ne peut pas courir. C'est même infernal car ça n'en finit pas, aubout d'un long moment, on rejoint le GR du Tour du Mont Blanc, un sentier cool, qui monte légèrement, j'en suis à plus de 13 heures de course et pas la force de courir. beaucoup de randonneurs en sens inverse. J'arrive enfin à la Fully, je m'installe, et j'espère un bon repas chaud. Que nenni, juste quelques patates avec des minuscules billes de fromage, spécialité du coin. Je prends le temps de me "refaire" un peu, mais la nourriture proposée n'est pas appétissante, et beaucoup trop de sucré, très sucré sur la table de ravito. Je me décide à repartir, entre temps j'apprends par ma compagne que l'une de mes meilleures amies m'attend à la Fouly, c'est bizarre, j'ai du la rater. Au sortir du ravito, et bien voilà, je tombe sur elle, vraiment dommage qu'elle ne m'ait pas trouvé au ravito, je suis trop heureuse de retrouver un visage familier, elle m'accompagne une bonne heure, voir plus, ça fait du bien et je ne pense plus à mes difficultés. Arrive le moment où il faut se séparer, je continue à filer en direction du col du Grand Saint Bernard, un peu plus de la moitié de l'épreuve, ça monte à plus de 2500m, à nouveau je sens mon souffle en difficulté, je ne comprends pas, normalement je monte bien et je bâtonne bien. Je ne suis pas la seule à souffrir visiblement, mais qu'est-ce que je monte lentement. Il faut passer le col de la fenêtre, le deuxième à près de 2800m, pou ensuite redescendre sur le Saint Bernard où j'arrive défaite. Mon amie est là, je lui avait donné RDV, je suis dans les temps, dans mes prévisions, j'ai encore plus de 2h d'avance sur la barrière horaire, mais je suis vidée et incapable de me ravitailler avec ce qui est proposé. Tout me dégoûte et je choisis d'arrêter ma course là. Car je me demande comment va être la suite, et surtout dans quel était je serai le lendemain si je finis. Il restait 65 km, j'arrête mon chrono à 18h37 de course. J'ai encore 2h d'avance sur la barrière horaire. J'assume cet arrêt, contente d'avoir été jusque là, je confirme ce tracé est très alpin avec des pentes très prononcées et les cols à passer sont très hauts, le manque d'oxygène peut se faire ressentir et une bonne acclimatation me semble nécessaire. Elle n'aura été que de quelques jours pour moi. Est-ce que j'y reviendrais? Je ne sais pas. Si les prix n'étaient pas aussi prohibitifs, pourquoi pas, mais avant il faudra en finir un autre. C'était une organisation UTMB, et malheureusement, bien déçue encore des ravitos proposés, il faut absolument une assistance pour les ravitos et vu le prix payé, c'est un peu scandaleux. Les organisateurs ont-ils vraiment envie qu'il y ait beaucoup de finishers?
Avant le départ. Tout va bien!
Bilan 2024 : Bof!
Bon, comme déjà évoqué, le temps fait son oeuvre destructrice! Je finis l'année avec un abandon au marathon de La Rochelle : pas de jambes au départ, une semblant de jambes du 3è au semi, puis tout doucement les douleurs se sont faites de plus en plus fortes dans les ischios jusqu'à se demander si même je pouvais finir en footing. J'ai eu beau motiver pour le club, pour la 13è ou 14è médaille de ce marathon, la bourriche d'huîtres rien n'y a fait.
Il faut maintenant envisager 2025 : déjà une nouvelle folie pour laquelle j'ai craqué : l'UTMB Verbier à la mi-juillet, 140 km, 9000 de D+, le graal pour peut-être accéder une ultime fois à l'UTMB de Chamonix.
Va donc falloir sérieusement s'entraîner en trail, exit les marathons pour un moment.
Alors on va y croire, et d'abord se régénérer.
lundi 19 août 2024
Reprise de service
Voilà cinq années que j'ai délaissé ce blog, non pas que j'ai abandonné la course ou les projets, mais l'évolution fait que les blogs ne sont plus tellement à la mode, aujourd'hui c'est images, images, instagram, Tic/Toc, même Facebook n'est plus à la mode. Pourtant, retrouver ce blog et m'y replonger, quel plaisir, c'est un peu comme les albums photos papier, avec les écrits en plus. Sur les réseaux sociaux, comment retrouver facilement tout ce que l'on a pu écrire.
Donc il va reprendre un peu du service. Qu'ai-je fait depuis 2019? Pas de grande aventure, un grand malheur qu'il a fallut surmonter, la chance d'être en bonne santé et de nouveaux bonheurs qui sont arrivés avec des petits enfants. La course à pied reste mon hobby préféré, mais j'en ai remis d'autres en oeuvre, trop longtemps délaissés : rando, ski de rando, vélo en tout genre, piano.
Les traversées ou randonnées au long court sont un peu mon nouveau leitmotiv, qu'il s'agisse de les faire à pied ou en vélo. Il y a deux ans nous avons commencé le GR5 à deux depuis la maison familiale qui se trouve au début de cet itinéraire au-dessus de Thonon. La première fois 10,5 jours pour faire Thonon/Landry (Bourg-Saint Maurice) et cette année 9 jours pour faire Landry-Mongenèvre. Il nous reste 300 km à faire, et qu'il faudra faire d'une seule traite en 15 jours environ, maintenant, quand? Les projets personnels se multiplient au fil de la quantité d'infos que nous voyons défiler et qui nous donnent toujours envie. Mes résultats sportifs commencent à décliner...manque d'entraînement spécifique certainement mais plus probablement l'âge qui commence à faire inexorablement son oeuvre. C'est encore difficile de l'accepter mais le processus est en cours...cela ne m'empêche pas de continuer à espérer m'inscrire sur de nouveaux ultras. J'ai réussi à en faire un il y a deux ans avec mes deux copains de virée, Vincent et Vincent, c'était la Pic'Ariège : seulement 70 km, mais 7000 de D+, un truc de dingue bouclé en 27h. Il y a plus dur, la Picapica, 109 km et 11500 de D+, plusieurs KV. Deux fois qu'un des deux Vincent s'y casse le nez, je devais l'accompagner le week-end dernier pour finir les 40 derniers km mais son corps en a décidé autrement. Sur le moment, au vu de ses dires, il avait l'air d'accepter que décidément cette course était trop dure pour lui et qu'il fallait tourner la page. 24h plus tard il en décidait déjà autrement. J'y vais, j'y vais pas? Je tente plutôt un retour sur le GRP et le 120 km que je n'ai jamais fait?
Mais la nouveauté qui m'anime pour reprendre ce blog est un nouveau projet pour juin 2026 : le début de l'Hexatrek, ce nouveau parcours de 3034 km et 165000 de D+ qui part de Wissembourg par le GR5, traverse les Vosges, le Jura, les Alpes puis bifurque à l'Ouest par l'Ardèche, les Cévennes, pour rejoindre le GR10 et finir à Hendaye. Nous avons rencontré un couple au Mont Thabor cet été et d'autres randonneurs au long court qui étaient sur cet itinéraire. Il y aurait eu 500 départs début juin cette année pour faire la totalité ou partie du parcours. Pour ma part, envisager la totalité impliquerait de s'absenter au moins 4 mois de la maison (à raison d'une moyenne de 25 km/jour), de se couper de la famille, des amis, de ma Tigrette, cela me semble inenvisageable, mais la partie qu'il m'intéresse de faire d'une traite est le début de Wissembourg à Thonon, sachant que celui-ci passe exactement dans ma ville de naissance, sur mon parcours d'écolière enfant et dans le village où j'ai grandi par la suite, un petit détour me permettrait même de passer devant mon ancienne maison, et pour finir, cela passe aussi sur mon spot d'entraînement quand je suis en Alsace, à savoir le château de l'Ortenbourg et donc un stop dans la famille à Scherwiller s'imposera. C'est comme l'UTMB Alsace, je ne peux pas ne pas faire ce trek de 700 km environ. L'idée est de le commencer le 1er juin 2026 pour arriver à la maison parentale le 1er juillet accueillie par ma maman, jour où j'afficherai une nouvelle dizaine. Il faudra tenir une moyenne de 28 km par jour avec près de 12-13 kg maximum (un air de Transpyrénéa) bivouac compris et prévoir 3/4 jours au total de stop complet pour se refaire la cerise et bien faire sa lessive. Après mon expérience sur le compostelle, dont je dois encore faire la partie Saint Jean Pied de Port/Saint Jacques- Finisterà, (en VTT ou Gravel), j'ai hâte de retrouver cette ambiance particulière. Voilà, j'ai maintenant un peu moins de deux ans pour préparer cette petite aventure.
En attendant quelques photos souvenirs de ces 5 dernières années.
Sur le GR5 du côté de Bises Ici dans les Fiz, lac au fond et champ de linaigrette.
Au brévent. Les échelles, impressionnantes mais pas si difficiles.
Pic Ariège, l'étang du Fourcat au fond.
Au sommet du Malcaras avec Vincent et Vincent.
Compostelle à VTT entre Mont de Marsan et Trail des Citadelles
Saint Jean Pied de Port

















