vendredi 22 décembre 2017

Adieu 2017, vive 2018

A une semaine de la nouvelle année, un petit bilan s'impose. Ce cru 2017 aura finalement été plutôt bien, avec un GRP 220 mené en binôme sans trop de séquelles post course, puisque la récupération s'est faite très vite et soldée par un nouveau record perso sur 10 km, 11 années après la dernière marque et un marathon qui signe mon 3è meilleur temps, à 14 secondes du second. Je pourrais me dire que j'ai encore 20 ans...malheureusement non. 
Il y a tout de même un regret, c'est l'abandon aux 100 km de Belvès, certainement partie sur des bases trop ambitieuses. Mais peut-être pas. 
L'année aurait pu super bien se terminer, avec une victoire sur 10 km, mais j'ai raté la bifurcation en suivant la coureuse devant moi, et n'ai pas compris qu'on allait sur le 5 km, un moment d'égarement dans ma concentration. Bref, j'ai donc fait quelques 300m de plus, il a fallut tout remonter, mais ça n'a pas suffit. Avec le recul, et bien je trouve que c'était aussi sympa à vivre comme situation. Ne pas lâcher, passer la ligne d'arrivée du 5, récupérer le circuit du 10 un peu plus loin et tenter de remonter pour essayer malgré tout de gagner, mais bon, ça n'a pas suffit, ce sera une 4è place.
En tout cas, j'ai de plus en plus de plaisir à participer à des 10 km, et ça, je n'aurais jamais pensé que cela arriverait, tant je trouvais cette distance trop violente. 
Et puis comme si ça ne suffisait pas, il a fallut que je fasse la maline avec mon vélo sur la piste, lors d'un test de VMA. Tout se passait bien et entre deux tests, je n'ai rien trouvé de mieux que de faire un magnifique soleil et m'écraser lamentablement sur le vélo. Résultat, ça va pas fort depuis quelques jours, avec un genre de grippe qui s'est mise pardessus. Mais tout doucement, le chemin de l'entrainement revient et je ne vais pas me plaindre, d'autant que je viens d'apprendre le décès soudain d'un de nos anciens entraîneurs, à l'âge de 47 ans. Un homme qui était aussi un super athlète. Arrêt cardiaque. ça fait réfléchir.

Il faut maintenant regarder 2018, et il y a des engagements et des objectifs déjà bien déterminés : 
- Cross et 10 km Mérignac sur Janvier/février. travail de vitesse. 
- Objectif 100 km de Belvès en Avril...il faut remettre le couvert, de plus, ils seront championnat de France. En prépa, le marathon des Forts en mars.
- Juin : Trail de Gavarnie : 110km -Prépa pour la Ronda del cims
- Juillet : Ronda del cims - l'ultra de l'année avec un projet péda à la clé. 
- Août : un peu de bénévolat sur la Transpyrénéa. 


mercredi 29 novembre 2017

La forme au rendez-vous pour cette fin d'année

Retour sur le marathon de La Rochelle, mon 11è là-bas!
Le corps est une formidable machine d'adaptation. Il m'a fallut des années pour encaisser les marathons, je me souviens des premiers où pendant trois à quatre jours je descendais les escaliers de traviolle, avec des aie! des ouille! des ouille, ouille, ouille!   Tellement les quadriceps me faisaient mal. Puis j'ai commencé les trails longs, le premier fut les templiers. Le lendemain et pendant encore quelques jours, chaque sortie de lit était un calvaire et j'avais l'impression d'être R2D2, rouillée et déglinguée de partout. Une fois debout, il me fallait encore quelques minutes avant de pouvoir enclencher les premiers pas, puis je me retrouvais à marcher comme Robocop, mais avec des bruits de couinements d'articulations mal huilées, pas des "zzzz", "zzz", "zzzz" d'une machine toute neuve, mais plutôt "crrr""ccrr" "crrcrr". Puis sont arrivés les 100 km, et les ultra trails, vraiment ultras (160 km mini), et les enchaînements de marathons, jusqu'à 3 ou 4 par an. Certes, pas tous à fond. Et le corps s'est adapté, avec de moins en moins de douleurs après chaque grosse échéance. La première fois que j'ai fait un ultra, je ne me sentais pas d'attaquer le marathon de La Rochelle trois mois plus tard. Puis au fil des années, j'ai enchaîné les ultras, (un par an), et  le marathon de La Rochelle derrière. La première fois, ce fut une catastrophe. Evidemment partie sur les bases de mon record (il faut bien jouer), ça s'est mal terminé avec un abandon au 32è. C'était en 2011 après l'utmb.  2012, impasse, enfin... quand même un marathon cool en meneuse d'allure en octobre  et un autre ultra (Les Hospitaliers, 75 km seulement!). Tout ça est passé. Bon, il faut dire que cette année là, on a eu que 100 km à l'utmb! Le corps encaisse pas mal. 2013, c'est l'année de la Diagonale en octobre,  donc pas question d'enchaîner la Rochelle un mois plus tard. 2014, 2015, 2016, 2017, l'objectif de redescendre sous les 3h20 est à nouveau là, donc prépa sérieuse après le GRP ou de la Transpyrénéa en 2016. Il me faudra 4 éditions pour y arriver. J'évolue à chaque fois entre 3h22 et 3h27 pour le plus mauvais score. ça énerve! Mais podium en catégorie l'année dernière avec un 3h23' et quelques! à 14" seulement de la deuxième! 
Ce dimanche en terminant en 3h19, je réalise enfin l'objectif, et donc ma 3è meilleure perf en une quarantaine de marathons, à seulement 16" de mon second meilleur temps qui date quand même de 2006. Plutôt pas mal. Bon, le record de 3h11'30, est inatteignable à moins de refaire une diététique hyper propre comme je l'avais faite, mais je ne m'en sens pas capable. Trop gourmande. 
L'année se termine donc plutôt très bien pour moi, avec en plus, un nouveau record sur 10 km, là encore quelque chose d'inespéré. J'ai même craqué mon record à la marche.
Enfin dimanche sur ce nouveau parcours, soi-disant plus rapide, franchement, ça je ne sais pas dire, certes, il y avait des "descentes", mais aussi quelques belles bosses, et surtout bien situées, genre entre le 36 et le 39è km, là où ça fait le plus mal, et mes jambes n'ont, vraiment, mais alors vraiment pas aimé du tout, j'ai eu l'impression d'être à l'arrêt. Puis la fameuse côte du Mail que nous avons pris en descente cette fois nous ramenait à l'arrivée avec un public terrible. L'impression d'être au tour de France avec des "Allez madame, Bravo, allez, allez Nathalie". c'était vraiment génial! Là j'ai pu me ressaisir et redonner de l'énergie à mes jambes. Le dernier km a vraiment été magique, magique. Dommage pour la minute qui me manquait pour descendre sous les 3h18. Et avec ce chrono cette année, même pas de podium, seulement 4è. La première V2 fait 3h03! Mais que c'était grisant de ne faire que remonter les coureurs à partir du 25/30è km. 
En conclusion, je craignais bien que passée la cinquantaine, tout dégringole et que je me disgatche. Bon, je ne me fais pas trop d'illusions quand même, je me sais en sursis, mais j'espère que ça va durer longtemps. En tout cas, je vais continuer à y travailler pour espérer après presque 25 ans de course pouvoir encore progresser quelque part, dans un sport où les aptitudes physiques priment sur les aptitudes techniques et continuer de défier le temps qui passe. Car parmi les multitudes de raisons, et elles sont innombrables, qui nous poussent à courir, il y a cette défiance vis à vis de la vieillesse qui nous guette. 
Voilà, c'était la pensée du jour....
Et déjà les objectifs 2018 se profilent : Ronda del cims (170 km, 13000 de D+), Ultra de Gavarnie (110 km), 100 km de Belvès...puis le reste! Et quelques autres dans le coin! Retour en bénévole sur la Transpy....Droguée...oui, et j'assume!

Et pour finir l'année, un florilège de quelques bulles de l'excellent dessinateur Traileur Matthieu Forichon. Si vous chez des idées cadeau, c'est ici









lundi 11 septembre 2017

GRP 5, c'est fait!

Quelques semaines que le Grand Raid des Pyrénées est terminé. L'occasion de revenir dessus, même si j'en ai déjà parlé. Une course qui devait faire 220 km, et qui n'en n'a fait que quelques 200, 186 selon l'organisation, mais bon, les GPS affichent tous près de 200 km, alors on va dire 195! Une course d'équipe cette fois-ci, comme à la Réunion. 52h10 d'effort, un dernier km couru entièrement, grâce à Vincent et sa Gopro, comme quoi, un pacer en fin de parcours, ça aide!
Que dire après quelques semaines? Que ce fut une super course d'équipe à deux, que nous nous sommes très bien entendus avec Richard et bien adaptés l'une à l'autre. Que jamais nous ne nous sommes perdus l'un l'autre comme cela a pu arriver à la Réunion avec Nono, mais ce dernier avec eu des coups de moins bien dans le premier tiers de parcours et il m'avait dit plusieurs fois de le laisser, ce que je ne voulais pas, finalement, on s'est perdus.  Et puis il faut dire que jusqu'à la deuxième base de vie, on essayait d'"envoyer du steak" car nous ne faisions que remonter dans le classement.
Cette fois, avec Richard, notre seule idée était d'avancer ensemble sans trop se préoccuper du chrono, car même si nous avions peut-être une arrière pensée sur le temps final, la boucle promise de Gavarnie et les 220 km nous plongeaient dans l'inconnu, et il fallait être prudent. Et nous n'avons pas eu la boucle promise, heureusement pour moi, je connaissais bien cette boucle de Cauterets à Gavarnie pour l'avoir déjà faite, donc quand on nous a confirmé qu'on ne la ferait pas, j'avoue que sur le moment, je me suis dit, c'est probablement tant mieux (on était à la première base de vie), mais post course, il y a tout de même des regrets.
J'en suis donc à 5 GRP dont un 80, et un abandon en 2014. Que faire maintenant? A chaque fois que la course est finie, il y a la satisfaction d'être aller au bout, puis le sentiment que peut-être on ne s'est pas assez donné, qu'on aurait pu, qu'on aurait du faire mieux. Là, pour le coup, si on avait fait mieux, on aurait raté les copains du 80 au col de Portets, et c'était bien magique d'être encouragés pour tout ce gros peloton. 
En analysant les données, la montre me donne 46h30 environ en temps de déplacement et 52h en temps écoulé, ce qui signifie que nos pauses cumulées, sommeil compris ( environ 1h-1h15) représentent 5h30 environ, est-ce trop, y a t-il moyen de réduire efficacement sans que cela soit néfaste à la performance? That is the question. 
La question maintenant est quel sera le prochain Ultra? J'ai bien pensé un moment sur la course que cette fois, c'était le dernier...mais l'envie de recommencer est là. Alors, il y a la Ronda qui me tente, L'Utmb, à nouveau, tout comme la Diagonale,  le GRP s'il fait à nouveau ce format avec la boucle Gavarnie, Le Tor pour aller encore plus loin. Bien évidemment, c'est encore le calendrier scolaire qui m'aidera à procéder par élimination, car il me faudrait encore des jours sans solde, et en pleine rentrée, ça semble un peu compliqué. Mais Le Tor, ça pourrait être jouable peut-être? Avec à nouveau un projet pédagogique?
J'ai quelques mois pour réfléchir. 


lundi 10 juillet 2017

Retour à Cauterets

Cauterets et Vielle Aure, deux noms qui ont des résonances bien particulières pour moi et qui sont synonymes des plus beaux trails de montagne que j'ai pu faire, mais aussi de randos fabuleuses. Après mes débuts en 2009 sur les très gros trails de montagne avec celui des refuges, une participation au trail du Petit Vignemal et deux sur le grand, j'avais hâte de revenir sur les refuges nouvelle version avec le passage au col des gentianes, un endroit qui manque à ma connaissance. Nous voilà donc partis à 4, mes amis sur la petite distance, par prudence et moi comme d'hab, sur la plus grande. L'objectif ici, à la différence des autres courses, c'est d'abord d'arriver à passer les barrières pour pouvoir finir la course. Nous scrutons la veille la météo dans tous les sens, il est certain que ce ne sera pas grand beau, on essaie d'y croire un peu. Car mauvais temps, ici, ça veut dire risque d'annulation ou modification de parcours.
Le lendemain, me voilà partie à 6h, sous une météo plutôt sympa, pourvu que ça dure, mais le speaker nous prévient : la météo s'annonce mauvaise en altitude avec de grosse rafales de vent sur les crêtes pouvant atteindre les 100/h et des orages. Pas sûr du tout que nous fassions la totalité du parcours. Et pour les barrières, c'est comme d'habitude, ici on ne negocie même pas une seconde de retard.
L'arrivée au refuge d'ilhéou se fait à peu près comme prévu, 1h32 pour 1h30, ça repart pour le col de la Haugade atteint en 40', puis le col du Pourtet. J'espère toucher Wallon en 3h30, mais très vite je comprends que ce sera difficile. Finalement, je ne monte pas assez vite, et surtout je descends trop lentement dans les cailloux, pourtant je m'applique. Les premières crampes me prennent, tiens ça fait longtemps. J'ai oublié de prendre ma sportenine, tout comme ma couverture de survie (matériel obligatoire). J'ai fait une semaine à l'arrache. J'arrive finalement en 3h45, avec des copains bordelais. J'ai un quart d'heure de marge. On nous apprend que la partie au col des gentianes ne se fera pas. Déçue, mais pas trop sur le moment, vu que la pluie repart, et le vent avec. On entame la montée vers le col d'Arratille et celui des mulets. Je dois avouer que je ne reconnais pas du tout cet endroit passé dans l'autre sens sous un soleil radieux il y a 8 ans déjà. Bon, ce n'est pas aujourd'hui que je sortirais l'appareil photo pour prendre de jolis paysages. Par contre, même si je sais maintenant qu'il n'y a plus de barrières, j'essaie de rester motivée pour passer aux Oulettes en moins de 6h30. C'était le sésame pour pouvoir continuer. Mais pas forcément facile et je dois gérer mes ardeurs sous peine d'apparition de nouvelles crampes. 6h15, j'arrive aux Oulettes, contente. Le temps s'est un peu dégagé, je regrette qu'on ne puisse monter plus haut. Je me retrouve assez vite avec une autre fille, on fait un peu de Yoyo, comme je ne cherche plus le chrono je finis par discuter un moment avec elle. Elle vient d'Aurillac, du club d'Arpajon, celui de mon ami Charly, organisateur entre autre de l'UTPMA. Charly qui vient de terminer une course de ouf en Andorre, l'Euphoria. Des gars nous dépassent dans cette longue  descente de la vallée de Gaube, un peu technique par endroits. On ne peut pas dire que ce soit roulant. Petit à petit, de bonnes sensations reviennent, on arrive au pont d'Espagne, puis c'est ce long chemin des cascades qui nous ramène à la raillère. C'est de plus en plus roulant. A la raillère, il faut rejoindre le GR10, une petite remontée et 3 km très roulants, les jambes sont bien revenues et je file à plus de 11 à l'heure. Je me retourne pour voir si la fille est toujours derrière moi, c'est le cas, je lui propose donc de finir main dans la main. La ligne est franchie en 8h55 pour 45 km au total, 43.5 pour l'organisation, un peu plus de 46 à ma montre. Je suis contente, car plutôt fraîche par rapport à mes autres participations, mais lorsque le classement final apparaît, la déception est quand même un peu là. Dans le dernier quart encore, comme d'habitude ici ! Et 14ème sur 16 filles classées. Seulement une dizaine de recalés à la barrière de wallon, puisqu'il n'y en avait plus aux Oulettes. Décidément, cette course est vraiment pour les vrais montagnards qui savent grimper comme des fous dans le pentu et descendre comme des isards dans les cailloux. Super parcours et super organisation, des bénévoles partout là où il faut, prêts à se les geler pendant des heures. Y a plus qu'à recommencer. 




mardi 25 avril 2017

Belvès ou comment se prendre une claque

Et bien voilà, je ne suis pas allée au bout de la compétition! J'ai plein d'excuses. Il faisait trop chaud, je commençais à être déshydratée, il m'aurait fallut un accompagnateur vélo, etc. Mais à la vérité, c'est certainement un excès d'orgueil combiné à la vision de deux orteils kaputs à l'arrivée, et une entame de mes travaux deux jours après dans un piteux état qui ont fait pencher la balance du mauvais côté. Et oui, j'étais allée à Belvès non pas dans le souci de juste boucler la boucle, mais avec un objectif chronométrique, c'est à dire au moins aussi bien que ce que j'avais fait en 2008 et 2009 (9h50), mais surtout un peu mieux pour marquer plus de points pour le club, donc 9h45 à minima, et si possible 9h30. 
La météo annonçait beau temps et une température de 24°, ça me semblait bien, c'était oublier que 24° à l'ombre, ça doit faire dans les 30 en plein soleil, voir plus avec la réverbération sur le bitume bien noir. Mais j'ai connu la même météo en 2008, peut-être que ça a chauffé moins vite, on était partis il faisait à peu près zéro degrés, je me souviens de stops aux ravitos de plus en plus longs pour boire, boire, et encore boire. 
Tout avait bien commencé ce samedi matin, je suis partie avec Patrice qui faisait son premier 100 km, accompagné par Momo en vélo. Assez rapidement, Rodolphe, le meneur d'allure de 3h15 à Bordeaux la semaine dernière nous a rejoints. Puis la jonction s'est faite avec le vélo, je savais que j'allais prendre un allure un peu plus rapide que Patrice, et petit à petit je l'ai donc décroché, le sachant bien accompagné. J'avais donné mes ambitions à Rodolphe, "passer au 50è en 4h30", je me suis calée derrière lui, et j'ai suivi son pas, Il voulait m'emmener à Belvès sur ces bases.  Nous avons fait un binôme parfait. pas la peine de parler, Rodolphe m'encourageait régulièrement, sa fille était présente pour me donner à boire si besoin. J'étais super bien et c'était un vrai plaisir de courir ensemble. Les ravitos se passaient bien, un peu à manger, à boire, j'évitais le sucré. AU 45è Rodolphe commence à coincer et il ma lâche en me disant de continuer ma course et que je vais rattraper les filles.  Passe le 50è, je suis en 4h33, j'ai commencé à remonter pas mal de personnes qui commencent à coincer dont quelques copains, Alex, Manu, Jimmy,  et des filles. A Sarlat, je retrouve ma moitié, j'apprends que Patrice a abandonné, je ne sais pas pourquoi et je me demande bien comment une personne de l'organisation peut me communiquer cette info, je le voyais donc déjà de retour à Belvès, en fait, non, il était étendu sur un lit la tente à côté, et je ne savais pas le motif de son abandon. Je pensais qu'il n'arrivait plus à avancer, comme ceux que j'ai croisés et qu'il avait préféré jeter l'éponge. En fait, non, il s'était blessé au mollet....mais ça, je ne l'ai su que beaucoup plus tard. Toujours est-il que ça m'a quand fichu un coup au moral...moi qui l'avait entraîné si dur pour cet objectif. La perspective que je finisse et pas lui, c'était moins alléchant. 
Me voilà repartie, même si je ne suis pas souriante, je vais bien, je reste hyper concentrée sur ma course. Au 60è, je recroise pour la xième fois les officiels sur leur moto qui contrôlent les passages de coureurs, en cas de triche et je reconnais mon bien le copain Patrick qui a chaque fois me précise où j'en suis et que la prochaine fille n'est pas loin, 2' seulement. C'est rien, mais c'est beaucoup quand même. Petit à petit j'en aperçois une et je finis par doubler deux filles encore, je crois qu'à ce moment là de la course je suis 3è. Tout va bien, puis j'arrive au ravito un peu avant le 65. je m'arrête, je bois bien, beaucoup et mange un peu, mais très vite j'ai la gorge sèche, les deux filles que j'ai dépassées me repassent, et elles s'éloignent vite, mes jambes flanchent d'un coup, et je prends un grand pète au moral. Je me vois obligée de marcher un peu, mon allure est passée de 5'30 à plus de 6' au kilo. Et là, je me dis que ce n'est pas possible, je ne peux pas aller de ravito en ravito avec la gorge désséchée, je sens que je frise aussi l'insolation, et c'est là que je me rends compte des mes erreurs : le 100 km route, ce n'est pas la même chose qu'un ultratrail en montagne! Le vélo, ça aide dans ces lignes droites infernales avec le soleil qui cogne, et les jambes qui font mal. Et finalement le sac de trail avec l'eau dedans (comme pour les trails en montagne), ça aurait pu être utile. Je n'ai pas voulu m'encombrer de poids inutile, persuadée que les beaux ravitos tous les 5 km seraient suffisants. grave erreur. Comme quoi, l'expérience parfois nous fait faire de sacrées conneries!
J'arrive à La Roque Gageac où une supportrice m'attend, elle a une voiture.....je jette l'éponge, je descends une bouteille d'eau gazeuse en moins de temps qu'il n'en faut, les podos à côté de moi se proposent de me masser, et là, avec un grand sourire, je dis oui! J'ai droit à un massage des cuisses à huit mains, le bonheur. Quelques temps après, je recroise Rodolphe à la tente de massage, il va finir. 
Je pensais que Belvès serait mon dernier 100, tant je sais que c'est une course très difficile, mais après deux jours de réflexion, à me balader dans ce coin magnifique et à suivre les flèches au sol, je me suis convaincue d'y retourner l'année prochaine. Ce sera sans objectif, avec une accompagnatrice vélo, et de l'eau en sus. Et la perf pour le coup, sera peut-être plus du côté de la cycliste à vélo, j'aurais peut-être plus à faire à l'encourager pour aller au bout, que de me préoccuper de mes douleurs.  Et tant pis pour les points clubs. 
Les 65 kms sur les 68 parcourus (en 6h28) ont été un vrai bonheur, et c'est ce que je retiens de la course. De grosses félicitations à ceux qui n'ont pas lâché l'affaire et qui sont arrivés bien loin de leur objectif du jour, je pense à Manu, Jimmy et bien sûr Rodolphe. Je souhaite que Patrice ce remette vite en selle, et j'ai aussi une pensée pour mon copain de club Alex, qui lui aussi a lâcher l'affaire. 
Des Félicitations aux trois premières de la course qui ont fait un beau parcours. Pour la petite histoire, la première termine en 9h38, la seconde en un peu plus de 9h50 et la troisième en 10h05 je crois. 

Quelques photos de notre périple touristique. Et puis, je ne sais pas si je dois y voir un signe, mais au château de Beynac, je suis tombée sur mon logeur Dédé, de la Transpyrénéa. Le dernier gîte où j'ai dormi avant mon arrivée à Hendaye et où j'ai cherché le petit déjeuner sur le frigo de la terrasse et que je n'ai pas trouvé. Et bien il m'en a reparlé et tiré les oreilles! Le Petit déj avait été déposé sur le frigo dans mon gîte, je l'avais devant mes yeux! (je ne l'ai pas entendu rentrer, tellement je devais dormir à points fermés) et je ne l'ai jamais vu...Cela m'aurait évité une belle hypo en arrivant à Hendaye!

Et maintenant place à la suite : 2è manche du TTD le 1er mai, marche au interclubs, puis Trail de la Vallée du Brevon dans mes montagnes Chablaisiennes, début juin. La vieille va arrêter de croire qu'elle est vieille parce qu'elle a passé la cinquantaine...mais ce qui fout les boules c'est quand on me demande si c'est pour bientôt. Quoi qui est pour bientôt? Ben la retraite! Deux fois qu'on me l'a demandé ce weekend, franchement, est-ce que j'ai une gueule à avoir l'âge de la retraite! J'en ai encore pour au moins 10 ans!  Le prochain, ou la prochaine qui m'en parle, il prend mon point dans la GUEULE! 











mercredi 12 avril 2017

Belvès J-10

La préparation se termine, ces trois dernières semaines ont été intenses au niveau des entraînements. Pas facile d'enchaîner autant de séances et de km. Je reste admirative de ceux qui en plus de leur travail, parfois assez pénible, arrivent à se lever le matin pour aller courir à 5/6h du matin ou le soir après 20h. J'ai bien essayé de doubler sur deux semaines avec un lever à 6h15 pour 40/45' de footing. Et bien, je n'ai réussi à le faire qu'une seule fois. Les autres jours, le mal aux jambes a été trop fort pour trouver la motivation de se lever et d'y aller. 
Malgré tout, je reste satisfaite de ce que j'ai réussi à faire, en dépassant les 100 km sur au moins deux semaines, soit un petit peu mieux que mes deux autres préparations en 2008 et 2009. Je n'avais pas encore commencé mes courses longues en montagne. J'espère que l'expérience de tous ces ultras me servira pour tenir ce cent bornes et que mes jambes ne me feront mal que le plus tard possible, et bien après le 60è km. 
Cette fois, pas d'accompagnatrice vélo. Je n'ai pas voulu solliciter Maryline qui par deux fois m'a accompagnée. C'était deux super expériences. Mais cette fois, je vais avancer seule, bien que seule je ne le serais pas tout à fait. Il y aura mon compère de club Patrice, que j'ai essayé de préparer le mieux possible et qui sera accompagné en vélo. Peut-être que l'on se retrouvera sur le parcours, en tout cas, on va partir ensemble sur les premiers kilos. 
Et puis j'espère être supportée vers la fin par ma moitié. 
A J-10, malgré une sortie montagne de 30 km qui m'a bien cassé les fibres musculaires et m'a laissé des jambes de bois pendant trois jours, je me sens plutôt pas trop mal. Encore trois séances un peu longues et ensuite on attaque l'affûtage. 
Maintenant yapluka. Il faut avoir confiance. objectif : faire aussi bien que les autres fois, et peut-être même mieux.
Ensuite, petit weekend périgourdin pour profiter de la gastronomie et des paysages. 








jeudi 23 mars 2017

En route pour Belvès

Les compétitions ont repris avec un retour aux cross en janvier. Cross qui se sont plutôt bien déroulés. Puis depuis fin janvier l'objectif est braqué sur le 100 km de Belvès, alors les semaines à gros kilométrage s'accumulent, entrecoupées de compétitions et de quelques semaines un peu allégées pour les aborder. Pas suffisamment légères pour être satisfaite de mes performances en compétition. Voilà, le coureur n'est jamais content! Le weekend dernier c'était le marathon des Forts dont le parcours change chaque année. Si l'année dernière nous avons eu un bonus de 5 km non prévu, cette année nous avons eu droit à la vraie distance. Un parcours avec 900 m de D+, mais on ne les voit pas vraiment. Plutôt on les sent dans les jambes, ça brûle assez vite dans les montées, pas suffisamment pentues pour que l'on se mette à marcher pour "récupérer" un moment, mais suffisamment raides pour qu'on les sente dans les cuisses. Bien évidemment, je ne suis pas satisfaite de moi, même si je fais 5è F et 1ère en catégorie, et au final en tout point presque pareil à l'an passé, si l'on compare les deux classements.
Mais déjà, l'an passé, je n'étais pas super satisfaite car j'avais bien subie la course. Mais alors pourquoi continue-tu de courir ma belle? That is the question!
Cette année je peux me donner plein de bonnes raisons pour justifier une perf moyenne : ma prépa 100, qui fait que j'aborde chaque compétition insuffisamment fraîche. mais c'est un peu facile ça non? Je me souviens il y a quelques années, lorsque j'ai à nouveau tout pété au marathon, j'enchaînais les compétitions et les entraînements avec totale réussite partout...et pourtant, j'étais pas des plus fraiches à chaque fois. 
Il ne fait pas bon avancer dans l'âge, la régression nous guette et elle est juste inacceptable, injuste!
Mais il faut positiver! Ce qui est bien dans ce sport, c'est que finalement, quelque soit le résultat on r'commence toujours, même si on ne sait pas pourquoi, même si on est insatisfait, même si on est super satisfait et que l'on pourrait s'en arrêter là. Le désir reste intact, même quand il y a frustration, et c'est bien de la frustration que naît le désir, n'est-ce pas copain Freud?
Alors même si je ne sais pas toujours pourquoi je cours, ni après quoi je cours, est-ce d'ailleurs important de la savoir, je continue de courir et de me fixer des compétitions, des défis....peut-être tout simplement parce qu'à chaque fois c'est un petit défi à la mort qui un jour viendra inévitablement nous cueillir, et là, effectivement, je ne courrais plus...


mardi 14 février 2017

Parce que ça ne s'arrête jamais

Nous voilà dans une nouvelle année de course à pied. Que puis-je faire après la Transpyrénéa? Y-a-t-il plus fou encore, plus long, plus grand? Certainement, on trouve toujours du +, +, pas forcément dans le cadre d'une organisation, mais on peut toujours faire plus.
Referais-je la Transpyrénéa? Lorsque j'étais dans la course, la souffrance de mes pieds m'a fait dire que c'était mon unique participation à ce périple. J'ai vécu quelque chose d'exceptionnel, donc, il faut en rester là, et physiquement, c'était très éprouvant.
Mais l'aventure a été tellement incroyable, et j'ai été suivie par tellement de monde. Il y avait bien sûr, mes proches, amis, famille, connaissances, mais également tous ceux dont je ne soupçonnais pas qu'ils me suivaient. J'en ai rencontré tout au long des mois qui ont suivis, et j'ai découvert à quel point ils se sont passionnés pour cette aventure. Ils suivaient les direct live, les classements. Le matin, le premier réflexe c'était de voir sur internet si j'étais encore dedans! YES! le soir idem. YES! Ils ont vibré. De mon côté, les échanges que j'ai pu avoir à travers mon téléphone, par sms ou Facebook ont aussi apporté beaucoup à ma course, à ma motivation et à mon aventure. Car certes, je voulais vivre quelque chose de fou, réaliser un exploit, mais l'exploit n'est rien sans les autres. On peut toujours dire que l'on ne fait ça que pour soi et uniquement pour soi, C'est mentir. On se construit dans et à travers les yeux des autres, depuis tout petit. Même adultes, nous restons toujours des enfants, des enfants en quête d'amour, de reconnaissance, d'explorations, de nouvelles expériences, d'échanges verbaux, affectifs, kinesthésiques. C'est ce qui nous différencie de l'animal. 
Alors oui, j'ai fait cette Transpyrénéa car j'aime réaliser des exploits (à ma mesure, l'Everest m'aurait plu, mais ce n'est pas à ma portée et il aurait fallut que je mène une autre vie), et j'aime partager cela avec ceux que j'aime, voir, j'aime même les embarquer aussi dans ces exploits. Alors oui, je referais la Transpyrénéa, pour essayer de faire un peu mieux, de parfaire mes imperfections et mes erreurs de cette première participation, pour profiter encore mieux des échanges entre coureurs, car même si nous avons parfois formé des équipes, des binômes, nous nous sommes aussi souvent "laissés tomber" car il fallait avancer coûte que coûte, vu que nous avions des barrières à gérer et tant qu'on pouvait les gérer, on restait dans la course. Tout s'est passé très différemment de ce qui peut se voir sur un ultra, enfin de ce que j'y vis à chaque fois, car je n'ai jamais le souci des barrières. 
Alors oui, pour l'énorme KIF que j'ai pris et qui a duré au moins un an, entre la préparation et les mois qui ont suivis la course, je referai cette course. Certainement pas en 2018, où j'espère pouvoir tenir un rôle de bénévole pendant au moins la moitié de la course, mais en 2020. 
Et puis j'ai aussi envie de GR5. Partir de ma maison, jusqu'à Nice, en mode Transpy...C'est seulement 650 km environ...11/12 jours? 







Et pour 2017, il y a bien sûr des projets. Et le grand projet de l'année sera le GRP qui cette fois passe de 160 à 220 km, une très belle initiative de l'organisation qui sort du format conventionnel de l'Utmb et de ces organisations américaines qui d'une certaine manière imposent un format de 100 miles. Et puis pas besoin de points, là aussi, cette course aux point à l'Utmb est injuste. Un tirage au sort et basta! De deux jours de course, nous passons à trois, en solo, c'est top. Ne restera plus qu'à monter une course type "TOR", d'environ une semaine dans nos chères Pyrénées, sous forme de boucle et nous n'aurons plus rien à envier aux Alpes. 


Avant cela, et bien je reprends goûts aux courses "rapides", cross, petits trails, marathons et puis il y aura le 100 km de Belvès que je ferai donc pour la troisième fois, en espérant battre mon record, mais ça ne sera pas simple. 
Le plus surprenant dans cette aventure pyrénéenne où je n'ai fait que marcher, en étant bien chargée, c'est que six mois plus tard, j'ai le sentiment qu'il me reste des acquis physiologiques. Je constate que je n'ai pas baissé dans mes résultats en course, mon marathon 4 mois plus tard s'est plutôt bien passé avec une préparation un peu légère, les autres courses aussi, et mes chronos sur mes séances de fractionné au stade n'ont pas baissé. C'est surprenant tout ça. Donc, je continue!