samedi 6 octobre 2018

Ultra, c'est fait

Bon, voilà, j'ai réussi à faire mon ultra de l'année, 100 km et plus de 4000 de dénivelé sur des terrains roulants et vallonnés, bien loin des caillasses et raidars montagnards. 16h28 d'effort au compteur, on est loin aussi des quelques 50 h et plus qui m'attendaient en Andorre. Mais voilà, je suis contente, je suis allée au bout, évidemment après le 70è km, je me suis demandée ce que je foutais là, et je me suis dis que c'était le dernier, qu'il fallait que je passe à autre chose, après 25 ans de course à pied,  et que je me limite aux distances de 50 km environ. Mais ça, c'était avant...avant l'arrivée! Forcément comme je suis passée par des moments difficiles avec des jambes un peu en bois, un estomac qui ne pouvait plus avaler grand chose sur les ravitos passé les deux tiers de course,  tout devient trop sec, trop sucré, trop salé. Une bonne garbure m'aurait fait le plus grand bien et ça manquait un peu, comme ça manque sur beaucoup d'ultras. Je le redis, les meilleurs ravitos sont à la Réunion : 3 vrais repas tout le long du parcours, + les pilons de poulet grillés + les crèpes, les croissants parfois au petit déj, et un festin à l'arrivée. Bref, on est jamais en panne de carburant. 
Je finis pas trop mal au classement général, mais je ne peux qu'avoir des regrets, car 4è féminine, les trois m'ont dépassée tout au long du parcours, ce qui me laisse penser que je suis partie trop vite, pourtant j'étais facile au début. Ou alors j'ai manqué de motivation pour m'accrocher quand cela devenait difficile, forcément, quand on pense qu'il faut passer à autre chose, on s'accroche moins, pourtant, j'ai pu courir à l'aise dans toutes les descentes en fin de course, en supportant parfaitement le mal aux jambes. 
Cet ultra m'a permis de découvrir un région méconnue, la Corrèze, où il se passe pas mal de chose au niveau trail. Le parcours était principalement en forêt sur des chemins plutôt faciles, tapis de quelques feuilles, l'impression de courir parfois sur du velours, les odeurs rythmaient les pas et laisser place à l'imagination. 5h de nuit, le reste de jour avec des passages somptueux notamment aux Tours de Merle, et une traversée de rivière en petite barque. J'ai pu admirer les vieilles bâtisses et corps de ferme, il y a de quoi passer de beaux weekend et de belles vacances par là-bas. ça a l'air aussi d'être un sacré spot de canoé et VTT. Bref, j'y retournerai. Un grand bravo à l'organisation qui a su concocter ce beau parcours, qui a tous les atouts pour devenir une épreuve majeure dans le calendrier. Cet ultra m'a fait remonter les souvenirs de mes participations aux Templiers, du temps où cela se passer à Nant, ça ne faisait que 70 km, mais c'était mon premier ultra, et qu'est-ce que j'en bavais, finalement, avec le temps et l'expérience acquise, je peux dire que c'est plutôt passé pas mal ce Xtrail. Quelques courbatures les deux jours qui ont suivi, mais loin de l'effet Robocop que j'ai pu connaître sur mes premières aux Templiers, donc tout va bien, mes reste à réfléchir sur ceux que je vais choisir en 2019. D'abord au printemps, il y en a du côté du Lot et de la Dordogne en avril et mai, mais aussi ce fameux Euskal de 130 km, que je n'ai jamais fait et où il faut être un warrior pour en venir à bout. Ce sera peut-être celui-là pour commencer, à moins que je ne m'entraîne sur un "petit" 100 avant, en avril. Mais l'Euskal ne rapporte pas de points Itra pour l'Utmb, alors que celui du Périgord, oui, mais il m'en faut 5 pour gagner mon sésame. 
En tout cas, je recommande ce Xtrail de Corrèze où je voudrais bien revenir.
Maintenant place aux courses rapides, 10 km, cross, petits trails locaux, et même un petit marathon du côté de Cognac pour finir l'année.







mardi 18 septembre 2018

Et un p'tit Ultra pour se refaire la Cerise

Il fallait bien que je me remette en selle et que je digère mes ratées à La Ronda del Cims : j'ai donc vu passer un post de Thierry Breuil sur le Xtrail de la vallée de Dordogne au mois d'août et je n'ai pas hésité longtemps.  Je l'avais déjà repéré lorsqu'il avait lancé le teasing au printemps. Je m'étais dit, pourquoi pas le 100 km, suivant comment j'aurais récupéré de la Ronda. Ce sera donc 103 km avec 4000 de D+  sur les contreforts des monts du Cantal. Le parcours oscille de part et d'autre de la Dordogne, on pourrait s'imaginer une course un peu comme le marathon des forts ou celui du Périgord, c'est à dire roulant et valloné,  mais il y a quand même quasiment deux fois plus de dénivelé, donc surprise, et j'aime beaucoup les surprises en course à pied. Ce sera peut-être un parcours entre ces deux marathons et l'Ultra trail du Puy Mary, fait 3 fois. L'entrainement s'est intensifié sur les 4 dernières semaines, j'ai fait deux petites compétitions qui m'ont permis de tester ma forme, surprenante, maintenant je suis dans la semaine pré-compétitive où il faut faire du jus, où les douleurs musculaires ressortent, et les inquiétudes avec. Il faut se dire que c'est normal, reste à savoir si je serais assez fraîche et si je n'ai pas abusé en km lors de la dernière sortie au pays basque. Mais c'était tellement bien de se retrouver pour partager un tel moment, la météo était au top. 
J-4, car départ samedi à 2h du matin, pour une grosse quinzaine d'heures, certainement un poil plus. Je table plutôt sur 17, on verra bien, et nous serons trois à partir : Richard Menaut, David Impedovo et moi-même, appareil photo en bandoulière. 
Breuil est affûté comme jamais, et nul doute qu'il sera encore sur la première marche de la boîte, ce sera aussi le premier championnat de France des employés Décathlon. 
Et pour moi, l'occasion de finir le test sur les chaussures la Sportiva...et oui, nouvelle infidélité à adidas, mais c'est de leur faute. Ils n'avaient qu'à pas changer le modèle XT qui était au top.





jeudi 12 juillet 2018

Andorre J+6 : Retour sur une ratée

Par où commercer...Difficile
Jeudi matin, 7h pétantes, Franck Hivert est devant ma porte pour me récupérer avec mes affaires. Il y a déjà Rafion Balahachi installé dans la voiture. Je l'ai déjà croisé sur plusieurs ultras, c'est un boulimique, il les enchaîne, jusqu'à 10 par an. Je suis vraiment une petite joueuse. Nous récupérons Frédéric Goumard à Villenave d'Ornon, avec qui j'ai partagé d'autres ultras également et surtout un morceau de la Transpyrénéa. Nous arrivons sur place vers midi et récupérons notre dossard. Au passage, je rachète de nouvelles lunettes de soleil, les mêmes que celles perdues 15 jours plutôt sur un entraînement à Bouliac. Il nous manque Martine, l'épouse de Franck, qui était à l'origine de notre inscription d'ailleurs. La pauvre s'est vue refuser les deux jours de congés dont elle avait besoin au dernier moment. Et cela fait des mois qu'elle s'entraîne en montagne avec Franck pour cet objectif. Sur place, nous retrouvons aussi Benoit, que j'avais croisé sur la Transpyrénéa où il avait été bénévole. Transpy dont l'édition est malheureusement annulée pour cause de trois mécontents sur la première édition, qui n'ont pas trouvé mieux que d'attaquer en justice l'organisation, tout ça parce qu'ils ont abandonné trop vite et qu'ils voulaient être remboursés! Enfin, espérons que les suites seront favorables à l'organisateur, car c'est une aventure que je voudrais revivre et je devais y être bénévole cet été. Sur la route nous traversons le village de Merens les Vals, 1ère base de vie, je ne peux m'empêcher de prendre une photo : 


Arrivés sur place nous retirons nos dossards et prenons nos quartiers au camping, il faut bien préparer ses affaires de courses et vérifier que tout le matériel obligatoire est dans le sac, faire aussi les deux sacs de base de vie et les apporter à l'organisation. Nous assistons au briefing, l'organisateur nous donne quelques conseils de prudence, on rit beaucoup, mais ça rira moins demain! Nous repartons au camping, repas frugal et dodo. 


Extinction des feux vers 22h, je prends connaissance des derniers sms d'encouragements et découvre la photo de mes élèves de maternelle avec quelques parents, ça fait chaud au coeur. 



Le lendemain matin, vers 6h15, départ du camping vers la place du village d'Ordino, là où tout se vit pendant 5 jours. En effet, les coureurs de l'Euforia sont dans les montagnes depuis mercredi matin. Ils ont 233km et 20000D+ à faire.




7h, les fauves sont lâchés, et très vite le rythme course à pied se transforme en marche rapide. Il y a 3 bosses à passer pour monter à plus de 2600 m, soit 1300 m de D+ en moins de 15 km, entrecoupées de deux petites descentes. Très vite je dois remettre en place mes lacets. Arrivée à 2500m, je sors mon téléphone pour faire une petite vidéo en direct, comme promis pour les élèves de CM1. 


Je sais déjà que la journée va être très difficile, les pentes sont très raides à monter, de véritables murs verticaux. On entame la descente et là très vite, j'ai mal aux deux gros orteils, ils tapent au fond de la chaussure, malgré les pansements préventifs que j'ai fait pour amortir les chocs. ça commence mal cette affaire.
Par ailleurs, j'espérais suivre un peu Francky, mais il m'a vite lâchée, forcément quand on s'arrête deux fois pour refaire ses lacets, le train n'attend pas.
Ce qui m'impressionne est le silence du peloton, nous sommes près de 400 partants et le silence est d'or. Habituellement, c'est l'effervescence et ça tchatche dans tous les sens sur les premiers km. Là, rien, tout le monde est déjà hyper concentré dès les premiers km...Est-ce un signe de la difficulté du chantier qui nous attend? Habituellement, les espagnols sont très prolixes!
Arrive enfin le ravito, au 20è km, je suis à 4h30 de course, c'est lent, mais ça va pas mal quand même, je pose mon sac à dos et je fais une bonne pause pour bien manger, habituellement, je ne m'arrête pas longtemps sur les premiers ravitos, mais j'ai compris que ça allait être une sacrée affaire et que pour avancer longtemps, il allait falloir pauser longtemps. Me voilà repartie à l'assaut de la prochaine bosse : Le Portella Rialp, 700m de D+, le prochain ravito est à 12 km, j'espère y être en 3h environ. Plus j'avance, plus je ressens la difficulté des montées, mon manque d'entraînement en montagne est évident, je compte sur l'adaptation progressive de mon corps. Il nous faut rejoindre Arcalis, au Portella Rialp, il est en vue. La descente est un peu roulante, mais mes pieds tapent encore au fond de la chaussure, je dois ralentir et jongler entre marche rapide et course pour préserver mes ongles. Je me fais souvent dépasser !! Arcalis ne se rapproche que très lentement, je regarde ma montre, car je veux y être avant 15h30, j'ai promis un deuxième rdv vidéo. 15h17, m'y voilà enfin, il y a de quoi s'asseoir et un ravito bien fourni. Je fais ma vidéo, et déjà j'annonce que ça va être très compliqué pour mes pieds.


Arcalis en vue, en haut des lacets. 


Peu de temps après, arrivent Benoit et Frédéric. Je comprends qu'il vaut mieux que j'avance avec eux, plutôt que d'avancer seule, vu que personne ne parle. Au moins avec eux, le temps passera plus vite, je me fatiguerai moins nerveusement, on pourra parler et plaisanter. Au passage, je croise Franck Bourcier, qui avait lui aussi fini la Tranpyrénée en 2016. Il n'est pas non plus au mieux de sa forme et manque d'entraînement. Ma pause durera une bonne demi-heure, je suis requinquée et nous repartons à trois. J'ai un bon rythme, mais très vite arrive un mur vertical de caillasse : il faut à nouveau s'avaler 700 m de D+. Tant bien que mal, je m'en sors pas trop mal, et au col, nous profitons de la présence d'un canadien pour nous prendre en photo.


 Le mur en face, on voit les lacets, c'est comme ça tout le temps, ou à peu près!





Descente après une seconde bosse 

 Une longue descente s'enchaîne, j'amortis bien tout en essayant de courir un peu, j'ai le sentiment que les pieds vont mieux. Puis à nouveau une longue montée pour rejoindre des crêtes et le clot cavall. La descente est pentue, et je sens à nouveau mes ongles, il nous faut reprendre un sentier en faut plat montant sur 3 km, avant de rejoindre le refuge du pla d'Estagny, l'allure est facile mais je cogite dans ma tête, car j'ai le sentiment que mes pansements préventifs se baladent un peu et qu'ils nécessitent un arrêt chez le podologue. Que fais-je? Je m'arrête, je refais des pansements? Je continue? Je sais qu'un énorme mur vertical m'attend pour monter au coma Pedrosa, 900m D+ en 3 km, une descente tout aussi pentue, puis au km 67, la descente infernale vers la Margineda, soit 5 km et 1500 de D-, un truc qui va bien m'exploser les pieds. Je décide de ne pas jouer avec eux, et de voir les secours. Bingo, les ongles sont bien attaqués, il y a des ampoules dessous, au niveau de la racine, l'un est peut-être infecté me dit-on. Quoi, déjà? Je demande s'il est possible si je m'arrête là de me rapatrier sur Ordino. On me dit que oui, mais on me propose aussi de continuer, sans percer les ampoules parce que je vais avoir très mal, en me faisant des pansements nouveaux pour m'aider à continuer...Bref, des pansements encore "préventifs" qui n'ont servis à rien depuis le début de la course et qui vont encore aggraver la situation. Sachant ce qui m'attend comme descente derrière, et que de toute façon arrivée à la Margineda j'aurais les pieds dans un tel état qu'il faudra que je m'arrête, je décide finalement de stopper les frais ici. Il vaut mieux préserver un minimum sa santé. Je suis déçue, mais j'accepte ma décision, je n'arrête pas parce que c'est trop difficile et que j'ai du mal à avancer, mais parce que mes deux orteils sont en grande souffrance et qu'il faut arrêter le massacre. De toute façons, je n'étais pas très en forme par manque de préparation. J'attends un bon moment ici que l'on me donne le feu vert pour redescendre vers un village pour attraper une navette, nous serons finalement deux à repartir, il y a quand même une heure de marche à faire avant de retrouver une route. Je recroise Franck Bourcier, à la peine décidément, il ira jusqu'à la Margineda et s'arrêtera là.
La nuit arrive, nous attendons la navette une bonne heure, mais quel plaisir d'être au chaud. J'arriverai vers 23h au camping, une bonne douche et dodo.
Le lendemain, bien évidemment, il s'agit de savoir où sont les copains, s'ils sont toujours en course. 
Avec l'amie de Benoit, on petit déjeune et dans la matinée, on le voit revenir au campement, tout penaud, déçu forcément. Le reste de la journée se passera à tuer le temps, à faire le suivi des copains sur notre téléphone, déjeuner au restaurant du camping, faire la sieste, jouer à trouver de l'ombre car les tentes sont en plein soleil. Vers 17h, ça se couvre de plus en plus, on entend gronder l'orage au loin, ce n'est pas pour nous, et on ne sait pas comment c'est plus haut. Puis ça se tasse un peu, nous faisons un dîner frugal avec le repas lyophilisé qu'il me reste, un peu de chocolat et au lit, je m'occupe avec mon portable quand j'entends une voix familière : c'est Frédéric qui est de retour, rapatrié par l'organisation. On avait appris dans la soirée que la course était neutralisée à certains endroits en raison de l'orage. Entre temps, nous avons suivi l'avancée de Franck, Martine n'a pu s'empêcher de prendre la voiture pour venir retrouver son homme, elle l'attend au Pas de la case, c'est une surprise, il n'est pas au courant. Il y arrive vers 21h, apparemment la course est aussi neutralisée un temps, mais il pourra repartir. De son côté, Fred bougonne un peu, il ne trouve pas normal que certains puissent continuer et pas d'autres. En même temps, il était assez loin du Pas de la case et proche des barrières horaires, ce qui n'est pas le cas de Francky qui conserve encore une bonne avance sur la BH de Pas de la case. Il en repartira vers 23h. Le lendemain matin, première inquiétude, Franck est-il toujours en course? Nous apprenons très vite qu'il a lâché l'affaire à Inclès, vers 5h du matin, à 25 km de l'arrivée, très fatigué. Lorsqu'il arrive au camping, il n'a pas bonne mine, mais quoi de plus normal. Cela fait 48h qu'il n'a quasiment pas dormi. Après une bonne douche, et rangement du campement, nous partons direction un restaurant avec buffet à volonté, certains en ont bien besoin. Evidemment, une bonne bière s'impose...avec une clope! 
Puis retour à Bordeaux pour tout le monde, détour par un tabac pour acheter une cartouche de cigarettes (ça vaut vraiment le coup)! Je suis reposée, heureusement, car d'autres écrasent dans la voiture :



Sur les 5 coureurs que nous étions, il n'y aura qu'un seul finisher, Rafion, qui était sur la Mitic (112 km et 9700 de D+), il termine à une superbe 35è place. Sur la Ronda, seuls 85 sur les 400 rallieront l'arrivée. De mon côté, au vu des orages et de la neutralisation de course, pas de regrets, pour finir, il aurait fallut que je puisse suivre Francky. 
Les photos étant difficiles à télécharger en Andorre (incompréhension), je ne découvrirais celles envoyées envoyées vendredi par les collègues, ainsi que la vidéo qu'en rentrant...de quoi me donner quelques regrets.




Il me faut maintenant rebondir! J'en suis à 5 jours sans sport, il va donc falloir reprendre le chemin de la course à pied et du vélo dès aujourd'hui!
Ensuite, il va me falloir quelques compétitions à me mettre sous les pieds, peut-être déjà ce samedi avec le trail de Bourg sur Gironde. 
Et si j'arrive à bien m'entraîner et que mes gros orteils se sentent bien....pourquoi pas le 24h de Villenave le weekend juste avant la rentrée scolaire?! Cela fait un moment que j'aimerais tester ce format, ce serait une belle revanche sur l'Andorra ultra trail...je n'ai peut-être pas dit mon dernier mot sur celui-ci....mais comme ça risque encore de tomber sur des jours d'école, j'ai une bonne excuse pour ne pas retenter de si tôt. Et puis, il y a d'abord un problème technique à résoudre : quelle chaussure pour faire ça sans s'exploser les pieds? 

mercredi 4 juillet 2018

Ronda J-2

Nous y voilà. Demain, départ très matinal pour Ordino. Puis retrait du dossard, installation au camping, petite rando adaptation à l'altitude? Ce ne sera peut-être pas superflu.
Que dire de mon état d'esprit à deux jours de ce nouveau grand défi : Je n'ai jamais été aussi peu prête. Il me manque des kms, et surtout de la montagne. Et puis c'est la fin de l'année avec tout ce qu'elle comporte de fatigue accumulée, de réunions, de travail supplémentaire pour rendre les livrets, préparer la nouvelle rentrée, et de fêtes en tout genre, kermesse, anniversaires, pots, etc.., ce qui au niveau diététique est ce qu'il y a de pire que j'ai pu faire dans une prépa. 
Donc, dire que je suis prête? Non
Dire que je vais aller au bout sur l'ultra certainement le plus dur du monde? J'ai beaucoup de doutes. 
Ma stratégie sera bien évidemment de démarrer encore plus lentement que d'habitude et compter sur la mémoire de mon cher petit corps, qui en a déjà fait quelques uns. Mais l'adaptation à l'effort demande normalement quelques jours...là, il va falloir qu'il se bouge et qu'il s'adapte en moins de 24h! 
Je vais partir en me disant tout d'abord que j'ai beaucoup de chance de pouvoir faire ça, j'ai la santé et un peu d'expérience, il va y avoir la famille et les amis derrière moi, sans oublier mes grands élèves de CM1 qui vont suivre cela vendredi, dernier jour de classe. Certains continueront peut-être à la maison. Je ne verrai pas le quart de final, ça c'est sûr, si c'est le cas, c'est que je ne serai pas allée bien loin. 
Le lien pour suivre la progression en directe : Ici

Certains partent aujourd'hui par binôme de 2 pour l'Euphoria, 233 km pour 20000 de D+. Ils ont à peu près 110 heures pour le faire. La première équipe a mis 68h l'année passée. 
Concernant la Ronda l'an passé : moins de 50% de finishers, le premier gagne en 31h chez les garçons et 38h chez les filles. On est loin des 20h de l'Utmb ou des 24h du GRP. Si je pouvais être dans les finishers, ce serait magnifique. 

Petite photo souvenir de notre Ronda en relais : 







dimanche 17 juin 2018

Ronda : S-3

Bon, et bien l'objectif de l'année s'annonce compliqué et ce pour plusieurs raisons :
- Tout d'abord, c'est une grosse course de montagne qui a lieu début juillet, habituellement, je fais ça plutôt fin août ce qui me laisse tout le mois de juillet et Août pour bien m'entraîner en quantité et en qualité, surtout sur le terrain spécifique de la montagne. Donc, je vais arriver pas bien prête par manque d'entraînement spécifique montagne et pas assez de quantitatif non plus. 
- Pour remédier à ce calendrier handicapant, j'avais prévu une grosse course en montagne début juin, le Gavarnie trail qui devait faire 110 km et plus de 6000m de D+. Je savais que ce serait un gros morceau difficile, mais je me suis dit que ça me ferait un bon gros bloc montagne pour la Ronda à défaut de pouvoir programmer des weekends entrainement montagne. Et là, tout s'est mal passé : le parcours a été changé en raison d'un trop fort enneigement, puis la course a été annulée à mi-parcours (60 km) en raison d'un très fort risque d'orages dans la soirée et la nuit. Pour couronner le tout, comme c'était ma première course de montagne de l'année, et qu'il faisait une météo pourrie, j'ai un peu subi cette épreuve avec un ventre un peu perturbé en début de course qui m'a empêché de m'alimenter suffisamment sur les premiers ravitos. ça a commencé à aller mieux au 50è km quand je suis arrivée à Gavarnie où je fais une bonne pause pour emmagasiner le plus de choses possibles. Mais le mal était fait, les jours suivants j'ai constaté que mon corps avait puisé pas mal dans les réserves. Si la course avait continué, je ne sais pas si j'aurai été capable d'aller au bout et surtout dans quel état.
- Les mois de mai et juin sont des périodes très intenses sur le plan professionnel et en général j'arrive un peu cuite à la fin du mois de juin, donc pour s'entraîner beaucoup et fort pour arriver au top début juillet sur l'ultratrail le plus dur de ce format, c'est un peu mission impossible. Mais, bon, ça je le savais en m'inscrivant et j'ai signé quand même car je voulais faire depuis longtemps cet ultra de malade. 

Maintenant il faut faut regarder l'objectif en face et essayer de prévoir des temps de passage intermédiaires. Il n'est pas dit non plus que nous pourrons faire le parcours prévu, car cette année est vraiment spéciale et je doute fort que l'on puisse faire le tracé prévu tant il y a encore de la neige. 

Le départ aura lieu vendredi 6 juillet à 7h d'Ordino.
Me basant sur le GRP 2017 et ses 190 km environ et + de 12000m de D+ parcourus en 52h sur un rythme plus cool après la première base de vie (puisque plus de passage par Gavarnie), je compte mettre à peu près le même temps.
En 2012 j'avais fait la Ronda en relais entre le pla d'Estany et Coma bella, j'avais fait 46 km, 3700 D+/4800 D- en 12h, soit du 4 km/h, et surtout une course presque en totalité de nuit. Partie vers 20h, arrivée à 8h du matin. ça avance pas vite. Je me souviens que j'avais trouvé ces 46 km, très, très difficiles et très longues, surtout la descente infernale sur la Margineda et les montées suivantes. 
A 4 en relais, on avait mis 39h, soit le temps que je fais en solo sur le GRP ou l'UTMB!

Voici le détail prévisionnel de mes horaires de passage :





Voici les barrières horaires :

  • samedi à 9 h (26 heures de course): La margineda
  • dimanche à 2 h (43 heures de course): Refugi de l'Illa
  • dimanche à 8 h (49 heures de course): pas de la Casa
  • dimanche à 12 h (53 heures de course): Vall d'Incles
  • dimanche à 19h30 (60,5 heures de course): Sorteny
Le parcours : 
Un suivi live sur le site de la course sera mis en place. Infos à venir


mardi 1 mai 2018

Championnat de France de Marathon

A deux mois de mon ultra, retour sur les France de Marathon à Albi. C'était la deuxième fois que je participais à un France de Marathon, la première, c'était en 2005 au Mont Saint Michel sous une canicule affolante. Le peloton a été arrêté au 30è km environ et rapatrié à l'arrivée. J'ai fait partie de ceux qui sont passés à temps pour ne pas être rapatriés et j'ai pu finir mais dans quelles conditions! Un sacré souvenir puisque j'ai passé au moins une demi-heure dans une grande bassin d'eau à l'arrivée, puis encore une demi-heure dans la baie où heureusement il y avait de l'eau. 
Cette année, le championnat ne se déroulant pas trop loin de la maison, à Albi, c'était aussi l'occasion de revenir sur ce parcours que j'avais fait une fois en 2001, c'était alors mon troisième marathon, et je courrais après les 3h30. Sauf que toute la semaine précédent la course, j'avais été malade avec une gastro qui ne sortait pas et qui ne passait pas. J'avais tout essayé, et en désespoir de cause, je me suis acheté une boîte de pastilles Rennie sur la route d'Albi. J'ai tout avalé, mais la pasta party de la veille ne passait pas encore. Miracle, le matin de la course tout était en ordre mais j'étais bien fatiguée. La course est un aller/retour le long du Tarn, et le retour fut une vraie galère, mais finalement, j'avais terminé pas trop mal : 3h42, mon record était à 3h36, finalement, c'était quand même très bien comme résultat vu la semaine que j'avais passée. Mais il me reste un souvenir d'une grosse galère.
Cette année, pas vraiment d'objectif de chrono, juste participer et me défendre dans ma catégorie. De plus, je me savais pas en super forme pour faire un chrono par manque d'entrainement spécifique avec un peu de surcharge pondérale au sortir de l'hiver. Il aurait fallut que je fasse une diététique rigoureuse avec un petit régime...mais je sais pas trop faire. La seule fois où je l'ai fait, j'ai vraiment explosé mon record....mais ça, c'était avant. 
Pour la petite histoire, Albi fêtait sa quarantième édition, et moi mon 40è marathon à finir, car oui, il m'est arrivé d'abandonner...trois fois : 2 fois à La Rochelle, une autre fois à Paris. 
Nous étions 4 copains du club à participer à cette aventure, deux inscrites sur les France. Quel plaisir de refaire ce parcours que j'ai trouvé assez roulant avec des parties descendantes et d'autres en faux plat. Et le clou du parcours est le passage dans deux tunnels, le premiers assez long, plus de 1 km, l'impression de vitesse est incroyable, je ne sais pas si j'ai accéléré ou pas, mais c'était assez bizarre, et à la sortie, l'impression de se prendre un mur en pleine poire et de faire du surplace. Certainement l'effet nuit/jour. Et donc on s'est pris ça 4 fois. J'ai fait les 26 premiers km avec un ancien athlète que j'entraînais au club et qui cherchait à battre son record, Alexis. Tout a bien fonctionné jusqu'au 26, où il a été contraint à une pause technique, j'ai continué mon chemin. 
Partie prudemment, sur les bases de 3h20 (autour de mes meilleurs chronos), j'espérais peut-être faire un négative split en me disant que le retour serait peut-être plus descendant. C'est effectivement le cas, mais au 36è, on se prend 4 km de faux plats montant, au plus mauvais moment de la course...et la, la vitesse a chuté! Je finis dans le dur en 3h23'35. Satisfaite tout de même, car j'avais dans le viseur les Masters 2, et peut-être une place sur le podium en catégorie. J'en ai doublé pas mal, parties certainement trop vite, c'est grisant, mais pas assez pour monter sur la 3è marche. Je fais 4è, sur le papier, mon potentiel de place était à 7 environ. Donc plutôt contente, sachant que la 3è était 13 minutes devant moi, donc aucune chance de la rattraper à moins d'une défaillance, car il y en a eu des défaillances! 
Ma grande satisfaction du jour est venue de mes athlètes, qui ont tous bouclé le marathon, et dont deux ont explosé leur record, et j'en rajoute un 3è, Alexis, qui lui aussi a battu son record. 


Maintenant, place à la prépa spécifique pour le grand objectif de l'année : La Ronda del Cims début juillet. Mais avant, un passage obligé ce dimanche pour les interclubs à la marche, puis deux trails longs à enchaîner sur le weekend de l'ascension. Et ensuite on peaufine la préparation avec un objectif intermédiaire qui sera le Trail de Gavarnie, 110 km sur un parcours de rêve...que j'espère bien pouvoir faire dans on intégralité...qu'on ne nous supprimera pas cette magnifique boucle entre le refuge de Gaube et Gavarnie. J'ai déjà été privée de cela à la Transpyrénéa, et au GRP l'année dernière. Heureusement que j'avais fait cette boucle en entraînement. 

Le tracé du 110 ici

lundi 9 avril 2018

Début d'année vraiment pourri

Cela fait un petit moment que je n'ai rien écrit, ça finit par me manquer. Mais que dire de ce début d'année pas comme les autres. En effet, nous avons un temps pourri depuis décembre, du jamais vu. Il aura fallu beaucoup de persévérance à tout le monde pour aller aux entraînements tellement il aura plu, et finalement ça aura fini par entamer le mental d'un certain nombre, y compris moi. Côté sportif, cela ne s'est pas trop mal passé : podiums sur les cross, de bonnes sensations sur ces compétitions, je me suis vue belle sur le 10 km de Mérignac où j'espérais réitérer mon petit exploit d'Octobre, mais ça ne l'a pas fait. J'ai calé au 7è, et je me suis pris une tôle au final, mais pas non plus de quoi se plaindre. 



Puis ce fut le semi de Bazas avec un chrono sous les 1h35, très satisfaisant pour moi, car je ne suis pas souvent descendue là-dessous. Ensuite, j'ai enchaîné avec le marathon trail des Forts, une course que décidément j'apprécie beaucoup pour son changement de parcours tous les ans et son côté patrimonial. J'aime de plus en plus courir en Dordogne. Mais ces trails sont exigeants, très différents de ceux que je pratique habituellement en montagne : le terrain est plus roulant, les pentes plus douces, il faut donc tout le temps courir et relancer et ça pique beaucoup. En effet, ça ne monte pas suffisamment pour que l'on marche, il faut donc continuer de courir et comme ça monte quand même un peu, les cuisses brûlent de plus en plus. J'ai beaucoup souffert dans la seconde partie car justement, j'avais du mal à tenir dans les côtes et marcher, ce n'était pas la solution.  La première moitié s'est bien passée, la seconde beaucoup moins et je me suis faite passer par une féminine que j'avais doublé dans les premiers km. Elle a réussi à me mettre 10' sur les 15 derniers km, ça fait rager. Partie trop vite? Un manque d'entraînement spécifique sur ce type de terrain? Certainement les deux. En tout cas, ça redonne de la motivation pour bosser. 



Maintenant, l'objectif c'est de participer aux France de Marathon qui auront lieu fin avril à Albi. Ce sera ma deuxième participation à Albi, où j'ai couru en 2001, ça commence à faire un bail! Et ma seconde participation à un championnat de France de marathon. Donc pas de 100 km cette année, je préserve mes ongles de pied, à peine remis de ma participation de l'an passé.  
Ensuite pour préparer le trail de Gavarnie et la Ronda, ça va être un peu compliqué car il va encore falloir jongler avec les interclubs, donc mon idée est d'enchaîner en trois jours le trail de Saint Caprais (32 km) et celui de l'ultra trail du Périgord (42 km), oui, en fait, j'ai envie de retourner par là-bas, et j'aime bien l'organisateur, Frédéric Vidotto. 
Et pour terminer, comme chaque année à pareille époque, je peste contre ma prise de poids hivernale, qui ne me permets pas d'être au top pour faire des performances! En fait, il me faudrait un bon petit ultra de 160 à la sortie de l'hiver, c'est 2 kg de perdus assurés en deux jours! Ah oui, en fait, il faudrait que je fasse l'ultra du Périgord...Mais, bon, ça va faire trop avec ce qui m'attend derrière! Car pour ce qui est de la diététique, j'ai beaucoup de mal à être raisonnable. Tous les jours en me couchant, je me dis, à partir de demain, plus de ceci, plus de cela, et à midi c'est oublié! Et je fonds sur ce qui me fait envie.