mercredi 31 août 2016

Retour sur le tableau de marche

Road-book  prévisionnel et le réalisé : 

Transpyrénéa :  feuille de route prévisionnelle. Départ du Perthus, Mardi 19 juillet 12h
J0 mardi 19 juillet 12h : Le perthus  –CP 2 Arles 41 km  10/11h (refuge des vigourats à 7 km non gardé) – arrivée 22h . Dodo 5h CP3 Batère 53 km
J1 : mercredi 20 juillet : Arles   – PY mantet (1500m) 57 km ? refuge de l’alémany (59 km, non gardé) (ou cabane jasse grosse)  15/16h A 20/21h- 5h (sous le tarp)
J2 : jeudi 21 juillet :   gîte alémany (refuge non gardé, bivouac possible)  -  refuge bessines  bivouac possible à côté de l’étang – 54/62 km 14-15h 20/21h dodo 5h (refuge ou tarp) PY - Lac des Bouillouses
J3 : Vendredi 22 juillet : Bessines – BV1 Merens – 13 km  3h – douche/change/ravito – 2h
Durée  : 69h pour 85 Lac des Bouillouses

J3 : vendredi 22 juillet 11h : BV1 Merens 10/11h  -  Refuge du Rhul Siguer  43 km (bivouac possible salle communale à côté du petit gîte) : 11/12h 22h dodo 5h Tarp ou refuge soit 56 km ou CP6 Beille 23 km soit 36 km pour la journée.
J4 : samedi 23 juillet : Siguer  – Aulus : 55 km Gîte  camping à 1,5 km  ou bivouac vers passerelle de la sagette après pont de la mouline –21/22h/ Gîte ou CP beille/CP8 Relais d’endron  (67 km) Refuge du Rhul - CP Goulier
J5 : Dimanche 24 juillet :  Aulus - CP 9 Gîte d’escolan  ( Aunac)  : 58 km (gite CP) CP Goulier - Col d'escots (avant Refuge escolan) 
J6 : Lundi 25 juillet : Aunac   – refuge Araing 52 km ou bivouac  à la cabane d’uls (10 places, non gardé)si bonne météo  : 52 km   ou  58 15/16h 20/21h  Col d'escots - Aunac
J7 : Mardi 26 juillet : Refuge Araing  ou cabane d’uls – Bv2  : Luchon : 43 km ou 37 km  11 h ou 9/10h  Arrivée vers 16 h Aunac - Gîte d'Eylie
Durée 101h pour 120.

J7 : Mardi 26 juillet : BV2 Bagnères  18h –  ou Bivouac super bagnères (6 km) Col de coume (11 km 4h ? 1650 D+) CP 12 Granges d’astau : 21 km  6h minuit Gîte CP
J8 : mercredi 27 juillet : CP 12 Granges d’Astau – Barèges : 60 km 16/17h – 21h/22h Gîte ou Superbagnères – Lac d’Aumar (bivouac) 60 km (Cabane d’Aygues Cluses à 6 km ou abri un peu plus loin cabane de Pègue). Gîte d'Eylie - BV2 (5h00). 35h de retard soit un jour et demi. 
J9 : Jeudi 28 juillet :  Barèges  -  refuge des oulettes : 59 km 16/17h 21h  ou Lac d’Aumar – Gavarnie (53 km Granges de Holle). BV2 - Granges d'astau
J10 : vendredi 29 juillet : refuge des oulettes   – CP Gourette  52  km ou Granges de Holle- CP estaing (56 km) Granges d'astau - lac de Madamète
J 11 : samedi 30 juillet :  Gourette – CP 18 Lhers _ Lescun : 58 km ou CP estaing – Borce/Etsaut bivouac (60 km) ou CP Lhers(68) Lac de Madamète - Cauterets
J12 : Dimanche 31 juillet :  Lescun – BV3 15 km 4h – arrivée 9 h  ou Borce –  ou BV3 (29 km ou 21) ou vers 13h. Cauterets - Gabas
Durée : 111-115h

J12 : Dimanche 31 juillet :  BV3 15 h  -  logibar 30 km  (23/24h) ou Saint Engrace 10 m  (18h) ou Bivouac Granges d’errekaltia à 7 km. (18 km) 20h
J13 : Lundi 1er Aout : Logibar – CP 20 Saint Jean Pied de Port (53 km) 14h ou Saint Engrace – CP20 (73 km -20h) ou Bivouac (66km 18/19h) ou Saint Engrace – Bivouac Phagalcette (57 km). Gabas - BV3 à 3h du matin 36h de retard et 40 km en moins. 
J14 : Mardi 2aout : CP Saint Jean Pied de Port -  Ainhoa  : 55 km 14h / ou Phagalcette-Col de méhatché (bivouac) : 58 km BV3 - Crêtes d'Iraty
J15 : Mercredi  3 aout : Ainhoa  – hendaye :  40 km 10h – Arrivée 18h ou Col de méhatché-arrivéé : 55 km. Crêtes d'Iraty - Saint Etienne de baïgorri
J16 : Saint Etienne de Baïgorri - Olhette
J17 : Olhette - Hendaye. Arrivée vers 10h30/11h soit 17jours-2h (406h)

lundi 22 août 2016

Florilège de photos de la Transpy par Cyril Fondeville

Je vous avais bien dit lors de mes recos que le problème N°1 qui conditionnerait ma réussite (et celle des autres) serait la capacité de chacun à gérer les bobos des pieds et surtout à les éviter. On peut résumer la Transpyrénéa à trois préoccupations du coureur : AVANCER (pour rester dans les temps) - MANGER (pour avancer) - SOIGNER LES PIEDS (pour continuer d'avancer). 











                                                 Un chanceux qui n'a presque rien!

Article dans le Sud Ouest du 20/08/2016


vendredi 12 août 2016

Débriefing statistique et impressions à J+7.

Il est toujours intéressant de comparer les statistiques enregistrées sur le terrain à celles données par les fichiers organisateurs. Mon Garmin a tendance à surévaluer un peu les distances, en revanche les Dénivelées semblent assez justes. Pour l'Utpma, j'ai par exemple 111 km et 5500 de D+ pour 105 donnés par l'organisation.  Malgré quelques fichiers manquants par mauvaise manip ou manque de batterie, voici ce que me donne Garmin : 

Distance totale : 904 km, je peux y rajouter environ 40 avec mes fichiers manquants. 
Moyenne par jour : 55 km
Jours les plus chargés : Cauterets-Gabas (71 km) / Gabas-Arette (70 km)/Logibar-Sainte Etienne de Baïgorri (67 km)
Dénivelée : 50 083 m auxquels j'évalue à environ 2000 ceux que je dois rajouter
Temps en activité (hors pauses et sommeil) : 248h auxquels je rajoute environ 10h, ce qui veut dire que j'ai marché environ 15h par jour auxquels il fallait rajouter environ 3h de pause  découpés en 2 ou 3x + le sommeil. C'est bizarre, j'ai vraiment l'impression d'avoir marché plus de 15h par jour, même avec les pauses.
Moyenne : 3,6 km/h
Calories dépensées : 45 000 soit 2600 par jour auxquelles ils faut rajouter 2000 de métabolisme de base. Il est clair que je n'ai pas consommé 4600 calories par jour, au mieux, je dirais entre 2500 et 3000. 

Les effets de la course sur mon corps : 
Poids perdu : entre 3 et 4 kg, sur la balance après 4 jours. Cela ne fait pas tant que ça, mais visuellement, il n'y a plus rien dans les fesses et le haut du corps, les cuisses ont maigri aussi et la masse musculaire a fondu alors que je l'ai faite travailler tous les jours. J'ai l'impression d'être dans une enveloppe trop grande et que mon corps est vide. Rien à voir avec 2 ou 3 kg perdus lorsque l'on fait un régime. 

Etat à J+7: 
Ayant la chance d'être en vacances, je dois dire que je ne fais rien depuis une semaine parce que je suis handicapée d'un bras dont je ne peux me servir. Mes journées se résument à du repos sur canapé devant les JO ou l'ordi. Les pieds sont soignés tous les jours par une infirmière, je suis sous antibiotiques, mais ils se remettent assez vite et je pense même pouvoir leur montrer l'océan ce week end. En revanche, je ressens des douleurs sous les pieds comme si je marchais encore. A ma grande surprise ils n'ont pas enflé à l'arrêt de la course comme dans les autres ultras, ils ont un aspect assez normal, si ce n'est qu'il y a une couche de corne de folie et que je les passe à la biafine toute la journée pour assouplir la peau. 

Mon appétit : 
Je n'ai pas plus faim que ça. Pas de crises de boulimie. Pas trop envie de sucre non plus, alors qu'habituellement j'adore ça. Je profite quand même des glaces. Si mon appétit pouvait rester comme cela, ce serait bien, et si je pouvais éviter de reprendre tous les kilos perdus, ça serait top aussi pour la performance. Ne reste plus qu'à reconstituer la masse musculaire. 

Le sommeil : 
J'ai beaucoup dormi les trois premiers jours, car avec une moyenne de 3/4h par nuit, il fallait rattraper le retard. Par contre, une semaine après, je continue de rêver toutes les nuits que je marche et c'est plutôt douloureux. Toujours à la recherche du chemin, du fait qu'il faut avancer, et de la course après la barrière horaire, c'est un peu obsessionnel comme rêve, à la limite douloureux alors que sur le terrain ça ne l'était pas du tout. Et du coup, j'ai toujours l'impression de ne pas avoir fini la course et d'être en sursis.  J'ai hâte que cela s'arrête. 



mercredi 10 août 2016

Transpyrénéa : l'enfer de l'Ariège

Après mon premier jet, à chaud je dirais sur mon périple pyrénéen, où seules les derniers 8 jours jours étaient bien en tête, je me dois de revenir sur la première partie et surtout sur l'épisode ariégeois, tant redouté. Christian m'avait prévenu, c'est un terrain compliqué et paumatoire. Et pour renforcer ses dires, les recos d'Aurélien Simonet et Charly Lajus ont fini de me saper le moral. Aurélien s'est perdu plusieurs fois et Charly, avec des conditions météo pourries a bien galéré aussi. J'ai donc abordé cette seconde partie avec pas mal d'angoisses. Heureusement pour moi, depuis le lac des Bouillouses j'avançais en binôme avec Marc Durand de Bayonne. Mais tout d'abord un petit retour sur la première partie, pour me remémorer la course. Au Perthus, tout est parti assez vite, beaucoup ont couru, pour ma part, j'ai choisi de surtout marcher.



La canicule était là, j'avais une capacité de 2,5L, ça a été parfois un peu limite, mais ça a tenu. Arrivée au premier CP, le Moulin de la Palette, bonne restauration avec Alex dont j'ai fichu en l'air l'assiette de pâtes, et puis évidemment une bonne bière, puis c'est la descente un peu technique sur Arles où je décide d'installer mon Tarp sur le minuscule carré de pelouse à l'extérieur de la salle qui nous accueille. Nous serons trois. La musique est à fond, je n'arrive pas à dormir et fini par me relever pour demander à Cyril d'arrêter la musique. Je repars tôt dans le matin, Géraldine Leroy se prépare aussi à repartir, Géraldine que je croiserai en permanence tout au long de cette course. Je fais route avec un gars de Nouvelle Calédonie qui s'est chopé la crève et qui n'arrête pas de tousser. Au CP de Batère, mon ventre crie famine, il est très tôt le matin et j'aperçois des sardines, j'en ferai une bonne ventrée. Alex et Vincent Hullin arrivent peu après, un gars est sur une civière, déshydraté, il sera évacué. L'aventure se termine déjà pour lui. Je repars seule, et bientôt, c'est Aurélien Simonet qui revient sur moi, je suis toute étonnée, il reste un peu avec moi, on discute, puis il prend son envol.


Arrive enfin le refuge des Cortalets. J'ai faim, et d'autre chose qu'un lyophilisé. Il fait beau, nous sommes pleins de coureurs ici. Ce sera sandwich, bière, et réfection pansements. Charly et Denis arrivent un peu plus tard.  Je repars, seule encore, puis un gars me rejoint, on papote, et puis il file. Je continue le chemin et loupe une bifurcation. Je recherche les traces du GR, ne trouve rien. un coup en arrière, à nouveau un autre en avant, un oeil sur mon électronique, je m'obstine sur un chemin qui n'a pas l'air d'être le bon et je finis par remonter et remonter. Quelle conne! j'ai loupé une bifurcation qui était bien indiquée...voilà ce qui nous fait faire des erreurs, l'esprit qui divague. Une bonne demi-heure de perdue au moins, j'enrage. Je me retrouve Charly non loin devant, il file de plus en plus vite, je ne peux suivre. Puis me voilà dans les cailloux infernaux du Canigou, quel enfer ce truc, mais que c'est beau aussi. 


Je rejoins le CP de PY, je suis vidée et pas bien. Gisèle et Jean-Paul sont là, ils s'occupent de moi, franchement, j'ai mauvaise mine. Après quelques calories, ça va mieux, je me couche et je repars vers 4h du matin, direction le col de Mantet. S'ensuit un peu plus loin un mur vertical bien costaud! Et un autre un peu plus loin. 

On passe un refuge, arrêt boisson, bière + saucisson et fruits secs. On a beau demander des omelettes, on ne veut pas nous servir, il n'y a pas ce qu'il faut, et pourtant il y a des affamés.  Puis c'est l'arrivée sur Bolquère où je retrouve Huguette et où je prends le temps de bien me restaurer. Ensuite, montée vers les Bouillouses et rencontre avec Marc. Nous repartons à 3h du matin environ, les crapauds nous accompagnent, La progression est facile jusqu'à la cabane de Rouzet où nous trouvons des concurrents qui ont bivouaqué et qui se sont caillés. Nous progressons avec un couple de néerlandais et le refuge de Bésines qui nous semble pourtant pas si loin sur la carte, n'arrive que très tard, vers 9h peut-être.


Stop restauration, café au lait, et fruits secs.  Marc décide de rester davantage, pour ma part, je repars. Certains coureurs font demi-tour, ils ne trouvent pas bien le chemin, entre ce qui est sur la trace GPS et sur le terrain, il y a des hésitations. Je leur explique que nous sommes sur le bon chemin. Le mauvais temps se fait de plus en plus menaçant, il faut sortir le poncho, et j'atteins enfin le col qui me fera basculer sur Mérens, la première base de vie. ça comment à pêter dans tous les sens, je ne suis pas rassurée, je file comme je peux dans cette descente caillouteuse, herbeuse, glissante avec le tonnerre qui gronde. Grand moment de solitude, personne devant en vue, personne derrière. J'en mène pas large, mais il faut arriver en bas, et cette descente n'en termine jamais. Enfin la base de vie, le soleil est de retour, la course a été neutralisée 2h, je retrouve Charly et Denis en attente du feu vert pour repartir. Marc arrive un peu plus tard. Je repars seule, il y a un gros dénivelé à s'avaler, Alex et Vincent me rattrappent, puis nous arrivons dans un énorme chantier d'éboulis, ça n'en finit pas, mon corps montre quelques signes de fatigue, je me prends dans les cailloux, je finis pas tomber et casser un brin de mon bâton. 
Tant bien que mal, j'atteins le refuge du Rhul où nous sommes super bien accueillis. Marc arrive un peu plus tard. Je me fais mon lyophilisé, avec un bière. Le refuge n'arrête pas de servir les coureurs, je décide de dormir ici, au milieu des japonais qui sont là aussi. Vers 4h, nous repartons dans la nuit avec Marc, il y a du brouillard et ma frontale se met à déconner. Je change la batterie, ça va pas mieux, je mets la petite avec laquelle je ne vois pas grand chose. Marc me prête un petite loupiote, bien efficace et nous progressons sur ces crêtes caillouteuses quand enfin le jour se lève et le terrain devient plus roulant. Il pleut, il y a toujours du brouillard et nous tombons sur une cabane de berger que nous investissons pour nous réchauffer un peu. Nous y trouvons deux randonneurs sur le GR10 qui dorment au sol. Nous partagerons un café, quelques discussions et au bout d'une heure, nous repartons.


 Nous arrivons enfin sur le plateau de Beille où nous retrouvons quelques coureurs, les japonais et Karin Sanson entre autre. Grosse halte restauration avec une bonne omelette lardons et salade et bière ou café, enfin je sais plus. Réfection pansements et c'est reparti. 


Nous attaquons l'enfer vert ariégeois, à savoir des successions de montées raides dans la forêt, suivies de descentes toutes aussi raides. Le panorama est fermé, les vallées sont étroites, pas beaucoup de vie ici et nous ne croisons quasiment pas âme ou village qui vive. Nous serons un bon groupe à progresser ensemble, Frédéric Goumard est parmi nous. 

Dans la montée au col, une charmante bergère propose ses fromages, dessert maison et thé. Marc fait un arrêt, moi ça ne me dit rien, j'ai assez mangé. J'en profite pour appeler mon amie et donner des nouvelles. Nous filons dans la descente sur Siguer, Fred fait un stop. Petite halte à Siguer, en fait nous sommes quatre (Cédric, Tony, Marc et moi) à la recherche d'un troquet pour boire une bière. Il n'y a rien à l'horizon. Les deux garçons repartent assez vite en direction du prochain CP tandis que Marc et moi décidons de faire une bonne halte ravito au bord d'un cours d'eau pour recharger les batteries. Nous tomberons sur des assistants qui nous donneront un petit coup de main, et un habitant local qui exprès ira nous chercher deux bières dans sa grange, je crois même que je réussirais à me trouver une clope. Quel bonheur et quelle gentillesse avant d'attaquer le final vers le CP de Goulier.  Festin énorme pour se restaurer, bière en plus évidemment, c'est trop top, je fais un peu la connaissance de Tony et Cédric. J'irai dormir sous un tente, après une vraie douche, la deuxième seulement depuis le départ, tandis que Marc profite d'une nuit dans un bon  lit. Petit déj au top et c'est reparti. Je repars avec Marc et nous attaquons les parties avec "coupes" autorisées par variantes. Nous arrivons sur le magnifique village de Marc où nous croisons l'épouse de Charly qui nous offre quelques fruits, ça fait du bien. 



Un peu plus loin, nous arrivons sur le magnifique site de Bassiès qui a un goût de Néouvielle. Bonne pause au refuge avec omelette, crêpe, bière. Les coureurs défilent, le refuge fait le plein avec les coureurs qui défilent depuis deux jours,  ils sont sympas. Il y a un jeune coureur qui a une pèche d'enfer, je ne sais pas s'il sera aller au bout, mais ça a l'air de rouler facile pour lui. On le croisera plusieurs fois, toujours frais comme un gardon.



Cette fois, nous repartons à trois avec Cédric, Tony ayant un coup de mou depuis un moment.  


C'est toujours de plus en plus difficile et la progression de nuit sous la flotte, dans les cailloux devient infernale avant que nous ne décidions de nous arrêter au col d'Escots pour bivouaquer et finalement rejoindre le CP que le lendemain matin. Le bivouac spartiate se passe sur la terrasse d'un chalet de montagne sur les pistes. Chacun s'organise son campement, je suis dans un petit coin, bien au chaud. Lever vers 4h probablement, petit déjeuner frugal et nous voilà repartis vers le CP d'Escolan. Que nous avons eu une bonne idée de nous arrêter là au col pour y passer la nuit! La descente est infernale, glissante, je n'arrête pas de tomber, mes chaussures n'accrochent plus rien et j'arrive rincée au CP où je retrouve Gisèle et Jean-Paul. La restauration du matin est faite de tout et n'importe quoi : café/tartines, ou soupe et pâtes, c'est selon les envies de chacun. J'opte pour un énorme petit déjeuner, puis c'est le soin des pieds et nous repartons pour une nouvelle journée sous le soleil. J'en profite pour appeler ma maman et lui donner quelques nouvelles fraîches. La journée sera bien sympathique, rythmée entre montées plus tranquilles et descentes plutôt agréables, jusqu'au moment où nous tombons sur une invitation insolite. Au beau milieu du sentier, une table avec un gros parasol, qui abrite fruits, boissons, barres chocolatées et une boîte en fer pour y déposer les sous. Nous faisons un stop et je me sers une bière. C'est l'improbable gîte du Rouzé. Puis nous décidons d'aller voir le berger, qui nous invite dans le gîte et nous prépare une méga assiette de charcuterie, fromage et tomates. Un énorme régal. Un joli canapé nous invite à la sieste et nous nous écroulons. Mais peu de temps après, il faudra bien se réveiller pour repartir, on serait bien restés davantage. 






Nous repartons ensuite pour une longue session qui se termine par de nombreux km de route pour finir au CP d'Aunac. Juste avant d'arriver, nous croisons Roberto le sicilien, en grande souffrance, tongs aux pieds. Celui-ci aussi, je l'aurai croisé quelques fois.Je m'envoie deux grosses assiettes de pâtes et une bière, évidemment, puis douche et dodo sur un matelas jeté parterre au milieu d'une bonne quinzaine de coureurs qui écrasent. Roberto, arrivé un peu après nous, a continué son chemin, incroyable son fonctionnement, je ne sais pas s'il a un peu dormi sur cette course, car en plus, il s'est souvent perdu et a fait un certains nombre de km supplémentaires! Nous repartons au petit matin, et progressons avec d'autres coureurs, qui comme moi ont des poteaux à la place des cuisses. Et oui, je ne comprends pas, mes cuisses ont triplé de volume, c'est à peine si je peux encore les plier, et visiblement, je ne suis pas la seule.


 On m'a conseillé d'enlever les booster, ce que je fais. Tony et Cédric sont devant, de mon côté je suis à la peine et Marc aussi. A tel point que je suis obligée dans une descente de m'arrêter pour dormir un peu. Marc a fait de même un peu plus tôt. Nous arrivons enfin à la maison du Vallier, apprenons que Roberto est perdu dans la montagne. Cédric et Tony ont fini de se restaurer, je vais me prendre une bonne assiette, Marc préfère se faire soigner les pieds au CP. 




                                             Pause réfection pansements sur un col. 




Nous repartons et ce qui nous attend pour finir la journée est dantesque : deux montées et deux descentes de 1000m de D+. Je suis en forme et je trace toute seule, arrive la dernière descente, dans la nuit, un enfer! Je croise les assistants de Marcel le Belge qui remontent la montagne. Mais que vont-ils lui apporter? Le refuge d'Eylie n'arrive jamais, j'ai un mal de chien aux pieds, et je rayonne quand enfin je tombe sur le refuge. J'y trouve Tony et Cédric qui finissent de manger, un indonésien en perdition, parterre, qui n'a pas mangé de la journée. Je lui donnerai la moité de ma ration. Marc arrive un peu plus tard. Nous nous installons parterre au milieu de la salle à manger. les arrivées se succèdent, et au lever, je constaterai que nous étions bien nombreux parterre.



Une fois tout remballé, c'est reparti, le petit déj a été frugal et je me languis le prochain refuge (Jacques Husson) où nous arrivons vers 9/10h. Défilé d'omelettes, j'en prendrai deux + une bière! 


La descente est longue est fastidieuse jusqu'à Fos, avec une portion de route qui fait bien mal aux pieds. Marc s'arrêtera là. Des ampoules critiques et une tendinite qui fait de plus en plus souffrir. Je choisis de me reposer 2h et dormir un peu, il reste un col à monter et une descente pour atteindre la base de vie avant 5h. Je repars vers 20h je crois, j'ai croisé Roberto entre temps. Me voilà seule dans la montagne. A proximité du col, je vois deux frontales redescendre, ce sont des égarés qui jardinent depuis une heure. Grâce à ma trace et Iphigénie, nous nous en sortirons et atteindrons enfin le col de Bacanère. Petit arrêt restauration, je repars assez vite, pensant que les deux jeunes me rattraperont bien vite. Mais je ne les reverrais pas. J'arrive enfin à la BV2, il est presque 5h. Cyril me donne son feu vert pour continuer. Ouf, je vais m'écrouler dans une tente pour dormir. 
Et j'en profite pour prendre une photo de mes pieds qui ont macéré dans l'humidité. Malgré leur apparence, ils vont bien. 


Voilà pour ce qu'il en est de ce récit de ces deux premières parties. Quand on y pense! Mais combien de km par jour, combien de cols, combien de nuits à la frontale? Dans la vraie vie, on ne ferait jamais ça. La course et le challenge nous conduit au dépassement et on se retrouve à faire des choses que l'on aurait jamais imaginer, les peurs qui nous habitent habituellement sont volatilisées et on avance comme si on était dans un terrain sécure. L'électronique nous rassure, enfin moi au moins, je n'ai jamais eu vraiment peur, sauf quand l'orage grondait, je me suis parfois sentie minuscule au milieu de cette immensité, notamment dans ces paysages grandioses et hostiles du Canigou ou du refuge de Rhul. L'Ariège m'a oppressée, les montagnes sont étouffantes, on a du mal à voir le ciel, c'est vert, très vert, abrupte, très abrupte. J'ai eu la chance de ne jamais m'y perdre ni de confondre les GR. Là encore, merci à l'électronique. Tout m'est apparu plus cool dès lors que j'ai passé Luchon. J'arrivais en terrain connu et j'allais trouver petit à petit quelques copains et copines. Les vues se sont faites plus dégagées, les vallées plus larges, j'arrivais sur le GRP, puis sur mes terrains d'entraînement que sont le Néouvielle, l'Ossau, et enfin le pays basque. Il n'y a qu'Iparla que je craignais un peu,à cause du brouillard et pour cause, ça m'a valut une fracture du radius. 
Au final, quelle belle expérience, même si 5 jours après, mes pieds sont toujours un peu douloureux. Je suis très fière d'avoir réussi ce challenge de dingue, d'avoir participé à cette première qui je l'espère verra d'autres éditions. Merci encore à Cyril et à tous les bénévoles et bravo à tous les coureurs qui ont pris part à cette épreuve, qu'ils aient ou non fini. Car il en fallait pour y aller sur cette Transpyrénéa. 

lundi 8 août 2016

Voilà, c'est fini!

Deux jours déjà que la course est terminée, je retrouve mon quotidien, les JO devant mon canapé, et je me repasse en boucle les émissions de la Transpy que je n'ai pas vues bien sûr, puisque étant en course. Après un petit séjour forcé aux urgences de Saint Jean de Luz où l'on s'est extrêmement bien occupée ce moi, de mes pieds surtout et de mon bras plâtré, désormais, je reprends très doucement mes esprits, car je ne fais que dormir, et dans mon sommeil, je continue à marcher sur les sentiers, souffrir pour mettre mes horribles chaussures, tout cela pour arriver à Hendaye. Même dans mon sommeil en voiture, lors de mon retour, j'avais l'impression que la voiture était sur des sentiers. Bref, je ne suis pas encore sortie de la course, et je ne suis pas bien sûre d'être arrivée à Hendaye!
Il va me falloir quelques temps et la consultation des photos et de FB pour remettre les images dans l'ordre.
Cette aventure fut exceptionnelle et il est tellement difficile d'en parler. Il y a d'abord cette délégation bordelaise, dont j'étais fière avec Christian, mon camarade de club, dont j'étais sûre qu'il irait au bout, Frédéric, Bruno et Catherine, Karine et moi-même. Nous ne sommes que deux rescapées au final : Karine et moi. Bien désolée pour les autres que l'aventure ait été raccourcie. Mais l'on savait qu'il n'y aurait pas beaucoup de finishers. 


Il y a ensuite toutes ces rencontres faites au fil des premiers jours, avec toutes ces parties de yoyo : Alexandre Lucas, Vincent Hullin, puis après le 3è CP, j'ai vu Aurélien Simonet me revenir dessus alors qu'il était plutôt dans le peloton de tête. Il venait juste de faire une nuit de 7h. Cette même deuxième journée, je me suis retrouvée un temps devant Charles Lajus, alors qu'il était normalement bien devant moi aussi. Enfin bref, sur les trois premiers jours, il s'est passé de drôles de choses, entre ceux qui dormaient trop peut-être, ceux qui faisaient des boucles supplémentaires en se trompant, ceux qui avaient des défaillances physiques et qui avaient du faire des stop obligatoires. De mon côté, j'ai avancé toujours de manière régulière, les yeux rivés sur les marques du GR, ma trace GPS sur ma montre et quelques vérifications sur mon téléphone avec Iphigénie. Je dois dire que sur l'ensemble de la course, je n'ai pas souvent jardiné, et j'ai rarement fait des erreurs de parcours, sauf par inattention. La plus grosse erreur a du me coûter une demi-heure, le deuxième jour, après le refuge des Cortalets. Un refuge qui d'ailleurs ne nous a pas très bien accueillis. Enfin, j'ai quand même eu la chance d'avoir ma bière et mon sandwich, ce qui ne fut pas le cas pour tous les concurrents qui y sont passés. 
Et puis Huguette, ma nounou de quand j'étais petite était présente à Bolquère, quel bonheur de la voir. Elle avait apporté une bouteille de Blanc alsacien....mais bon, ça le faisait pas. 


Ensuite, j'ai fait une belle rencontre en arrivant au lac des Bouillouses où j'espérais trouver une nuitée en refuge. Malheureusement tout était complet et je me suis retrouvée au troquet avec Marc Durand pour manger un bout. Et puis il a bien fallut se décider à aller bivouaquer, ça sentait la nuit humide et le miracle est arrivé : le patron venait d'essuyer une annulation. Bonheur : une nuit au chaud, avec une bonne douche. Nous sommes repartis à 3h du matin et avons poursuivis ensemble (malgré quelques "lâchers") jusqu'à Fos, dernier CP avant la BV2. Marc ne pouvait plus continuer physiquement : ampoule trop profonde et tendinite.
Je suis repartie sans trop de motivation de ce CP, après 2h de repos car j'en avais vraiment besoin, pour tenter la barrière. Dans la nuit, j'ai croisé deux frontales qui redescendaient, deux jeunes de Saint Lary, accompagnateurs en montagne et qui jardinaient depuis une heure. Ils étaient partis sans trace GPS. Mon électronique a permis de retrouver la trace et les marques et d'arriver au col de Bacanère. Petite pause pour tous les trois, puis je suis repartie seule, pensant qu'il allaient rapidement me suivre, mais je ne les ai jamais revus. Je suis arrivée limite à la BV2, et après le ok de Cyril pour continuer, je suis allée m'effondrer dans la tente et me refaire une petite santé. 
Ejectée de la base de vie à 10h30, je suis repartie bonne dernière, mais je savais que je commençais à rentrer en terrain connu. Lucien Espert, un ultratraileur bordelais en vacances dans le coin est venu m'escorter une petite demi-heure, après avoir fait de même avec Karine Sanson. Un arrêt à la boulangerie pour engloutir deux énormes croissants, quelques abricots achetés au marché, et me voilà requinquée. Je monte rapidement ce gros dénivelé pour rejoindre Superbagnères où je fais un arrêt au bar pour bien manger : lyophilisé, pain/saucisson et bière. Entre temps j'ai dépassé Marcel le Belge et un autre concurrent, que je retrouve en repartant.




Et puis c'est la traversée des sites magnifiques autour de Luchon, avec le col d'Espingo, le lac d'öo et l'arrivée aux Granges d'Astau où je retrouve une fois de plus Karine Sanson en soins intensifs avec Cécile Daquin venue tout spécialement de Baïgorri à sa rescousse. Antibiotiques et tout le tintouin. Un moral un peu dans les chaussettes, mais tout repartira pour le mieux le lendemain après une bonne nuit en gîte.  

Pause repas, bière, clope aux Granges d'Astau. Merci les bénévoles

Nuit courte sous mon Tarp à côté d'un coureur asiatique que je croise depuis le refuge de Bésines (partie 2). Il a des soucis intimes, me demande des médicaments, je comprends qu'il s'agit d'hémorroïdes, merci google traduction,  mais il s'accroche, on a beaucoup de mal à se comprendre. On repart ensemble mais très vite, je le lâche et j'arrive vers midi à Vieille Aure, un lieu que je connais bien. Bonne pause et inspection obligatoire de mes pieds par la sécurité civile, directive de Cyril Fondeville, l'organisateur, qui est présent. Un peu plus loin, arrêt au bar du village, que je connais si bien avec le GRP et c'est parti pour le col de Portet, et le Néouvielle. Je retrouve d'autres collègues, Georges Bosio notamment avec qui je ferais un peu de Yoyo jusqu'à Cauterets. Je choisis de monter jusqu'au pied du col de Madamète. Au lac d'Aumar, coup de téléphone de mon fils Valentin, qui vient prendre des nouvelles. Que ça fait plaisir. J'installe mon bivouac vers 21h au petit lac, je me recroqueville dans mon duvet, mon poncho/Tarp fait office de seconde protection et je dors sous les étoiles. Je suis bien.


Lever vers 3h30, l'idée est de progresser plutôt de jour dans cette forêt de cailloux entre le col de Madamète et la cabane d'Aygues Cluses, où je retrouve Georges qui a bien jardiné dedans et laissé de l'énergie. Quelques km plus loin, je suis rejointe par les deux gars de Saint Lary qui sont maintenant serre-files, puis c'est Karine Sanson qui me tombe dessus et qui prend la poudre d'escampettes. Arrivée à Barèges, que j'attendais impatiemment pour dévaliser une boulangerie, je tombe sur Annie-Rose Germain (une grande coureuse qui a écumé les podiums girondins pendant des années). Un grand moment bien sympathique où l'on a partagé un café, la causette,  et où je me suis empiffrée d'une énorme chocolatine et d'une pizza, avec quelques fruits achetés au passage. Soins des pieds et c'est reparti, direction Luz.


 Ici, je retrouve mon copain de club Vincent, venu prêter main forte pour faire serre-file. Nous sommes bichonnés par les bénévoles qui nous ont préparé une assiette de bonnes crudités, des pâtes et une omelette. Qu'est-ce que j'en aurai mangé des omelettes!


Et c'est reparti pour le col de Riou et Cauterets où je rêve d'une bonne bière à une terrasse de café. Ce sera deux bières, et une clope, au milieu de gens plutôt bien apprêtés, Je suis zombie, le CP est encore à plus d'un km, je croise Géraldine Leroy, toujours en forme et qui repart avec Cédric et Tony (Cédric avec qui j'ai partagé deux/trois jours sur la seconde partie - j'y reviendrais plus tard). Moi, je veux dormir! Un bon repas, une vraie douche avec une serviette prêtée par un bénévole et un dodo réparateur. Je repars vers 4h du matin me semble-t-il, direction col d'Ilhéou, puis Estaing et Gourette. Georges a déclaré forfait, il est cuit.  A Estaing, j'arrive devant Karine Sanson, partie pourtant 2h avant moi. Tout cela ne me paraît pas très normal et je fais pars de mon inquiétude, car il y avait du brouillard en haut. Surprise, Rémi Jégard est là, avec son épouse, petit interview...sans le son! Bug de Rémy, dommage. A Gourette, je retrouve Géraldine, Tony et Cédric, j'espère pouvoir repartir avec eux, ils décident de dormir un peu, je fais de même, malheureusement, ils seront prêts avant moi pour repartir, y compris Karine Sanson. Je me retrouve à nouveau seule pour cette partie longue jusqu'à Gabas, jusqu'au moment où je tombe sur des frontales : bivouac du groupe, je fais pareil. Lorsque je me réveille à 4h30, il n'y a plus personne, je ne les ai pas entendu partir, peu importe, Je repars encore seule. Mais je sais que c'est le jour où je vais retrouver Patrice, qui m'accueille au lac de Bious avec 4 croissants et un bière à 8h du matin. 


J'engloutis tout et nous voilà partis en direction des lacs d'Ayous. Pause au refuge : omelette lardons, bière, et l'arrivée du couple Marianne/Patrick, trop contents de me voir. Nous ferons un bon bout ensemble et retrouverons le groupe Géraldine et cie au col d'Ayous. 



Le chemin de la mature est long à arriver, je me languis une bonne bière avec le sandwiche que m'a confectionné Véro. Ce sera à Borce. Il reste un col à monter pour arriver au CP de Lhers. Pas le temps de trop s'arrêter car il faut rejoindre Arette et sa BV3, et c'est chaud. Je repars avec Tony et Cédric. Pause bière à Lescun, ce sera la quatrième de la journée! 


Ils sont fatigués et font spivent des pauses, je choisis de les "lâcher", pas sympa, mais je veux tenter ma chance pour la barrière. A ce stade, je ne sais pas où ils en sont de leur motivation à aller au bout. Le pas de l'Osque est impressionnant à passer, surtout de nuit avec ses câbles, quelques pas d'escalade, mais ce qui suit derrière est un vrai merdier. Je savais que ce serait un chantier difficile, qu'il fallait faire attention à ne pas tomber dans une faille, mais là, franchement ce fut horrible de progresser là-dedans. Finalement les garçons me rejoindront et nous arriverons ensemble à la BV3. Après la question rituelle : On est éliminés? Non, chouette, alors dodo! et bon dodo. C'est aussi ici que je retrouve Gisèle et Jean-Paul Ferret, bénévoles pendant 15 jours et qui m'ont covoiturer au départ depuis Mérignac. Un couple trop, trop gentil.  Le lendemain matin, douche, re-préparation du sac avec le dropbag, arrêt au café avec les copains pour chocolatine et café au lait et nous repartons tous ensemble vers Saint Engrace. La forme des uns fait que le groupe éclate petit à petit, Géraldine prend son envol et à Saint Engrace, nous nous retrouvons Cédric, Tony et moi. Arrêt au restaurant du coin et plat typique bien revigorant, que ça fait du bien. Et bière évidemment. Au moment de repartir, les copains me font savoir qu'ils veulent siester, je suis en forme, je choisis de continuer toute seule et j'arrive à Logibar. Bonne pause d'une heure, repas lyophilisé, bière et gaufre nutella/chantilly. Il est 20h, les copains ne sont pas arrivés mais je laisse un mot au gîte et mon tel. Mon idée est de rejoindre le CP d'Iraty. Mais au bout de 2h, la fatigue me gagne et l'envie de bivouaquer une dernière fois au grand air me fait envie. Les copains ont choisis de rester sur Logibar et de monter pour 7h à Iraty. Je me lève donc vers 3h30, et pense arriver sur le CP vers 6h, c'était sans compter sur une bonne heure de jardinage avec les balises du GR. Me suis bien lacérées les jambes avec les ronces. J'arrive bonne dernière au CP, Alain lui aussi est passé. Il y a une super douche et j'en profite à fond. Je repars requinquée mais fait un mauvais choix de chaussettes, qui au bout d'une heure m'oblige à un stop et à une réfection de pansements qui me feront perdre encore 45'. Journée de merde! Maman appelle, ce n'est vraiment pas le moment, elle se fait remballer. Je dois rejoindre absolument Baïgorri, soit une très grosse journée en perspective. Je m'arrête au gîte de kaskoleta espérant bien me requinquer. Il n'y a personne, sauf un randonneur qui attend la patronne. Du coup, je peux tout de même avoir un sandwich et quand la patronne arrive, je lui prend une glace spéciale maison au lait de brebis et miel. Me voilà repartie. En route, je croise des randonneurs me donnant des nouvelles des copains devant, qui ont fait un stop au restaurant d'Esterençuby. Enfin Saint Jean Pied de Port et les bénévoles toujours aux petits soins.

Je mange bien et je repars, c'est là que je galèrerai dans le brouillard qui s'est invité à la tombée de la nuit. Je choisis de passer par la route, question de sécurité, plutôt que de monter dans le Munhoa, mais la progression est difficile dès lors qu'il faut retrouver le sentier. Tout cela n'est pas très rassurant. L'arrivée sur Baïgorri est interminable, quand enfin je suis au village, je ne trouve pas le CP, et descends quasiment jusqu'au bout du village pour faire demi-tour et enfin appeler Cyril. Bref, le CP c'est une maison au dessus du Baïgorri sur le GR, encore 1,5 km. Enfin j'arrive, je suis exténuée, dépitée. Deux bénévoles que je connais bien maintenant, me prennent en charge et me bichonnent. Un très bon repas, vite ma quincaillerie à recharger et je suis dans le duvet.


Je mets le réveille à 4h30, 3h, je cherche des toilettes et croise Cédric dans la maison, je suis hagarde, je retourne me coucher. Le réveil sonne, bof, c'est trop tôt, je rallonge à 5h, puis rentre dans la maison (oui, j'ai dormi sur un lit de camp dehors) pour déjeuner. Je croise la patronne des lieux, infirmière, qui part au boulot. Elle m'offre café et tartines. Vraiment très gentille. Tous les bénévoles sont HS, ils dorment. J'appelle mon amie, car je n'ai plus envie de continuer, mes pieds me font affreusement mal, ils ne rentrent plus dans les chaussures, et je sais que je vais devoir me taper les crêtes d'Iparla dans le brouillard. Cette fois, pas de messages pour me pousser au cul, je suis seule face à ma décision, je continue ou j'arrête. Je fais pars de mes doutes à Cyril. Je suis à un jour et demi de l'arrivée, il me reste 78 km. Je repars tout de même, il fait jour. L'arrivée sur les premières hauteurs d'Iparla n'est pas très concluante. Je glisse et je me vautre lourdement sur une pierre. Résultat : mon bâton dont il manquait un brin depuis le troisième jour a fini d'exploser en deux et mon poignet vient de doubler de volume. Il faut progresser très prudemment, je sais que les copines Françoise, France et Sandrine m'attendent à Bidarraï, et cela fait 15 jours qu'elles attendent ce moment. Elles viennent à ma rencontre avec les chocolatines et croissants que je leur avait commandées. Ainsi qu'une nouvelle paire de chaussures toutes neuves.

 


 Grand moment de bonheur. Au CP, je retrouve mes "mamans" bénévoles, trop contentes de me voir. Mes chaussures étant explosées, je les avais missionnées pour m'en apportées des neuves. Je repars avec des pieds mieux dans leur chaussures, direction Ainhoa. Les filles iront jusqu'à Ainhoa pour me retrouver en sens inverse. La route se poursuit et je choisis d'aller jusqu'à Olhette pour faire un stop chez le copain Trapero où je m'étais arrêtée lors de ma reco en juin. Il m'a gardé tout ce qu'il faut pour bien me restaurer. Nuit courte,  je repars à 3h30 pour finir les 25 km restants. Ils seront longs, surtout qu'arrivée à Hendaye, dans la ville, la trace me dit qu'il reste 1,7 km, je tombe sur un couple de sportifs, qui à me tête devine que je ne vais pas bien (hypo?), je rêve d'une boulangerie, la dame s'empresse de me trouver à manger et ils m'escortent jusqu'à l'arrivée. En fait il reste 3 km! Ils m'auront bien aidés à les parcourir ces 3 km interminables. Un grand merci à eux. Sur la ligne d'arrivée, je retrouve mon amie et les copines. Restent quelques mètres à faire que je fais en courant et je tombe dans les bras des organisateurs. Mon premier geste sera d'enlever les chaussures et de mettre les tongs! J'ai réussi, je l'ai fait! C'est énorme. Le tout sans assistance. 
J'ai caressé ce rêve d'être finisher, mais honnêtement, je ne m'en croyais pas vraiment capable et l'Ariège me faisait très peur vu tous ceux qui s'y étaient perdus lors de recos. Finalement, je m'en suis bien sortie là_bas, et ça vaudra un chapitre spécial. 
Je veux dire merci à Cyril Fondeville, qui a eut cette idée folle de monter ce projet démentiel, merci aux coureurs avec qui j'ai partagé des bouts de chemins, merci à la femme de Charly qui nous a donné quelques fruits à Marc, merci merci aux bénévoles qui ont été extraordinaires et à nos petits soins, sans eux, on n'y serait pas arrivés, merci aux amis venus me soutenir sur le parcours, et surtout merci à ma moitié qui supporte depuis plus d'un an cette préparation qui a demandé quelques sacrifices, merci pour ses cadeaux qui depuis un an tournent autour de l'équipement pour cette transpy :  le sac, le tarp, le ceci, le cela, à mon anniversaire, à Noël, etc. Et merci à tous mes amis supporters qui m'ont suivie sur cette aventure, ma maman qui était à fond, mon frère, mes cousins cousines, ma soeurette Karin, mes enfants également, qui même s'ils ne m'ont pas beaucoup suivie, ont tellement l'habitude de mes courses qu'ils n'ont certainement jamais douté de ma réussite, ni même réalisé l'ampleur du défi. Il devait être évident pour eux que j'allais y arriver sans encombre...comme si rien ne pouvait arrêter leur mère!