mardi 3 février 2026

2025 : Une année en demi-teinte

 Comme déjà évoqué dans l'article précédent, le temps commence à faire son effet sur mes résultats, et il faut du temps pour accepter d'être moins performante, et pour autant continuer à courir, faire des compétitions et prendre du plaisir.

Le grand objectif de l'année était le trail de Verbier en Suisse, non loin de la maison familiale sur le bord du Léman. C'était aussi une première étape de nos vacances qui allait nous emmener jusqu'à Venise, en passant par la vallée du Rhône en Suisse, Innsbrück, puis l'Italie avec une semaine à randonner dans les Dolomites. Dans quel état allais-je être pour reprendre la route après ma course. 

Pour arriver sereine, il fallait un plan d'entraînement réaliste avec quelques longs trails de préparation. L'année a commencé difficilement avec des résultats décevants, notamment au trail des Fontaines, mais aussi à celui du Malbec tous deux du côté de Cahors. Pourtant j'avais eu de bonnes sensations au Malbec. Puis ce fut celui de Fontfroide vers Narbonne avec une bonne délégation de mon groupe. Là aussi, résultat décevant, j'ai plutôt subi. AU mois d'avril je commence à enchaîner quelques entraînements montagne conséquents, puis au mois de mai j'enchaine 2 trails de 50 km en trois jours. ça se passe plutôt bien, les résultats sont meilleurs. je termine par un petit fin Juin. Me voilà prête. Mais entre temps, le mois de juin a été très intense, entre la préparation habituelle de la kermesse de fin d'année, mais aussi et surtout la préparation de mon départ à la retraite. beaucoup d'émotions, beaucoup d'énergie dépensée, beaucoup d'abus d'alcool et une piètre diététique. J'arrive à Verbier motivée, un peu reposée, mais je sais que ça va être chaud. L'entraînement global n'est pas suffisant et j'aurai du faire une course de prépa d'au moins 80/100 km, ce qui n'a pas été le cas. Au briefing, le directeur de course nous parle de la grande difficulté à passer, la pointe d'Orny qui longe le glacier du même nom. Un longue montée qui n'en finit pas et qui se termine par une montée le long d'une moraine assez difficile. Je ne prête pas trop attention à ce qu'il dit, des ultras, j'en ai fait, je sais que c'est difficile. Il nous précise toute de même que cet ultra est le plus alpins de tous les ultras. Ah bon! 

Le départ est donné à 22h, direct on part en montée le long de la route, ça part trop vite, même si j'essaie de freiner, très vite j'ai la sensation que me poumons sont trop sollicités, mais je ne m'affole pas et je gère. Après quelques bonnes montées, une longue descente vers le second ravito de Sambrancher, descente bien roulante que j'avale un peu trop vite certainement. Le premier ravito était super, très varié, là, c'est déjà beaucoup moins bien, je suis déçue. Je suis largement dans mes prévisions, j'ai même un peu d'avance, il faut dire que la barrière horaire me semblait un peu courte, je voulais donc assurer. Puis on repart dans une montée très progressive jusqu'à Champex, c'est presque le matin, il fait encore un peu nuit, j'en profite pour faire une petit somme d'n quart d'heure. Puis après avoir longé le lac (quelques souvenirs de l'utmb), c'est le début de la montée vers Orny. Tout d'abord un gros morceau dans la forêt, ça monte bien raidebeaucoup de grosses enjambées, on commence à apercevoir des montagnes hautes. Puis au sortir de la forêt, c'est un nouveau chantier qui nous attend, encore une très grosse montée dans les éboulis, de gros éboulis, jusqu'au col de la Breya, je ne sais pas encore que le refuge d'Orny est encore loin, même pas le courage de sortir l'appareil photo, pourtant, c'est beau. Passé le col, ça descend un peu, mais c'est tellement technique qu'on ne peut pas courir. C'est même infernal car ça n'en finit pas, aubout d'un long moment, on rejoint le GR du Tour du Mont Blanc, un sentier cool, qui monte légèrement, j'en suis à plus de 13 heures de course et pas la force de courir. beaucoup de randonneurs en sens inverse. J'arrive enfin à la Fully, je m'installe, et j'espère un bon repas chaud. Que nenni, juste quelques patates avec des minuscules billes de fromage, spécialité du coin. Je prends le temps de me "refaire" un peu, mais la nourriture proposée n'est pas appétissante, et beaucoup trop de sucré, très sucré sur la table de ravito. Je me décide à repartir, entre temps j'apprends par ma compagne que l'une de mes meilleures amies m'attend à la Fouly, c'est bizarre, j'ai du la rater. Au sortir du ravito, et bien voilà, je tombe sur elle, vraiment dommage qu'elle ne m'ait pas trouvé au ravito, je suis trop heureuse de retrouver un visage familier, elle m'accompagne une bonne heure, voir plus, ça fait du bien et je ne pense plus à mes difficultés. Arrive le moment où il faut se séparer, je continue à filer en direction du col du Grand Saint Bernard, un peu plus de la moitié de l'épreuve, ça monte à plus de 2500m, à nouveau je sens mon souffle en difficulté, je ne comprends pas, normalement je monte bien et je bâtonne bien. Je ne suis pas la seule à souffrir visiblement, mais qu'est-ce que je monte lentement. Il faut passer le col de la fenêtre, le deuxième à près de 2800m, pou ensuite redescendre sur le Saint Bernard où j'arrive défaite. Mon amie est là, je lui avait donné RDV, je suis dans les temps, dans mes prévisions, j'ai encore plus de 2h d'avance sur la barrière horaire, mais je suis vidée et incapable de me ravitailler avec ce qui est proposé. Tout me dégoûte et je choisis d'arrêter ma course là. Car je me demande comment va être la suite, et surtout dans quel était je serai le lendemain si je finis. Il restait 65 km, j'arrête mon chrono à 18h37 de course. J'ai encore 2h d'avance sur la barrière horaire. J'assume cet arrêt, contente d'avoir été jusque là, je confirme ce tracé est très alpin avec des pentes très prononcées et les cols à passer sont très hauts, le manque d'oxygène peut se faire ressentir et une bonne acclimatation me semble nécessaire. Elle n'aura été que de quelques jours pour moi. Est-ce que j'y reviendrais? Je ne sais pas. Si les prix n'étaient pas aussi prohibitifs, pourquoi pas, mais avant il  faudra en finir un autre. C'était une organisation UTMB, et malheureusement, bien déçue encore des ravitos proposés, il faut absolument une assistance pour les ravitos et vu le prix payé, c'est un peu scandaleux. Les organisateurs ont-ils vraiment envie qu'il y ait beaucoup de finishers? 

Le grand Combin au fond depuis le col de la Breya, avant la cabane d'Orny. 

              Vue sur le col de la Breya et les éboulis.             En direction de l'Orny. 






       Avant le départ. Tout va bien!


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