Par où commencer? Le résultat? Les cinq jours passés à Vieille Aure? Tellement difficile, car j'ai passé de tellement bons moments.
Tout commence mardi soir, lorsque j'arrive à l'Estibère, qui sera mon point d'attache pour 5 jours. Les patrons sont super sympas, et le boss fait le 80 km samedi. Je fais aussi la connaissance des organisateurs du Grand Raid de la Réunion, toute une délégation est présente.
Je me rends donc au QG sur la place du village, et là, je tombe sur Noëlle, la maman de Michel Fropier, l'un des piliers du comité d'organisation, avec Simon, Hugues et Alain. Une bièrrote s'impose, avec une clope bien sûr, c'est l'heure de l'apéro. Je prends ensuite possession de ma chambre, que je partagerai pendant 4 jours avec Michel Jorge et sa fille Alizée. L'an passé, nous avions fait équipe pour baliser du col de Portet au col de Bastanet. Je me rends ensuite sur Saint Lary pour grailler, et là, j'hésite entre un petit resto où j'ai déjà mangé, ou un sandwich en face. Finalement, ce sera sandwich. Grosse erreur, je me rends compte que j'aurai pu dîner à côté d'Elie Seimoun qui était bien accompagné d'une jolie brune. J'en aurai profité pour lui dire d'aller observer cette bandes de dingue habillés comme des Goldorak et qui déambulent toute la journée au village d'à coté, certains habillés comme prêts à partir, alors que le départ est dans deux ou trois jours selon. Il aurait pu écrire des super sketches!
Mercredi matin, je me rends au départ du raid 240, quelques photos et ensuite départ avec Geneviève et un certain Michel je crois, pour aller baliser la montée du Cap de Pède au refuge du Merlans, soit du km 6 au 13 environ.
Petit déj à l'Estibère et je fais connaissance avec deux féminines qui s'apprêtent à partir sur le 160, l'une est de Bordeaux. Que puis-je faire? Il me manque un peu de sommeil, mais bon, j'ai plutôt envie d'aller aider, et je crois que je n'arriverai pas à dormir. Puis il faut que je fasse des interviews. Ce sera alors une petite aide à la remise des dossards, et je rencontre donc Karine Herry, la future vainqueur du 160. Bel interview, suivi d'un bon moment de discussion. Elle reste humble face à la tâche et sait que Néréa Martinez a toutes les chances de gagner.
Finalement, cette dernière, partie aux avant postes dès la ligne de départ, rendra son dossard à Esquièze, à 40 km de l'arrivée, karine ayant pris la tête de course depuis le Pic du midi je crois.
Là, je m'octrois quelques heures de repos, car je dois absolument dormir un peu et surtout reposer les jambes. Mais à peine endormie, le tel qui retentit! ARhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh! Encore un copain qui appelle, je ne sais pas pourquoi (Mickaël pour ne pas le citer!) S'en est fini de la sieste, mais je resterai quand même allongée jusqu'à 18h. C'est autour de Ronan d'arriver sur Vieille Aure, il est à la bourre pour retirer son dossard et se pointe la bouche en coeur avec juste sa carte d'identité. Et non, ça ne marche pas, il faut présenter tout le matériel obligatoire! Les copains étant tous dans la montagne à cette heure, puisque Momo à Villelongue avec Pablo, et Noisette déjà en poste à Aygues Cluses, en plein milieu de la montagne avec gros sac à dos, sac de couchage et tout et tout pour y passer la soirée et la nuit de vendredi jusqu'au dimanche matin, Ronan est donc tout seul, et moi aussi! Alors nous dînons au restau du QG de l'organisation. Puis dodo. Samedi 3h45, les choses se précisent, il faut se lever et se préparer. A 4h30, nous sommes sur la ligne de départ, difficile de retrouver du monde, plus de 1000 coureurs sont là.
Je choisis de ne pas me mettre trop devant, car je ne veux pas me faire avaler par le départ, toujours trop rapide, en même temps, je ne veux pas non plus être trop coincée dans un monotrace et ne pas pouvoir dépasser. Comment je vais gérer mon allure? Il faut écouter son corps, être plus vite que sur un 160, mais pas trop quand même, alors je ne sais pas trop. Je sais juste qu'il faudrait que je soit aux environ de 2h ou un peu plus au Merlans, et 5h à Artigues. C'est mon plan de route. La descente du Bastanet est terrible, les cuisses en prennent plein la gueule si j'ose dire et j'arrive au Ravito d'Artigues avec les jambes qui brûlent, mais en 5h à peu près. Le doute s'installe un peu, et je me demande si je vais pouvoir tenir l'allure jusqu'à la fin.
Dans la montée, je dépasse un paquet de monde, dont Caroline, qui aurait du être bien devant moi. Elle a des problèmes d'alimentation, elle est assise sur le bas côté, je lui dis de me suivre, mais elle ne tiendra pas longtemps. Me voilà au col, le vent s'est levé, on nous dit de nous couvrir, je sors donc la Goretex. En attaquant le pic, je croise Maud Combarieu, la future vainqueur, qui vient donc d'avaler les 6 km de ce Pic. En montant, je croise Ronan, à la redescente, c'est sympa, puis les autres féminines, dont Karine Sanson, vainqueur l'an passé, mais qui ne fera que 4è cette année. Au sommet, c'est Nono (Noureddine Benguella) que je croise, normalement, il est bien devant moi. Je le rattrape au début de la descente, et il m'emboîte le pas, je me demande pourquoi il n'est pas plus devant! On se fait une belle session descente jusqu'à Tournaboup, où nous retrouvons Christophe LeMerrer (à l'Utmb avec nous l'an passé) qui fait de l'image. Nous repartons ensemble tous les trois, et Christophe emmène Nono, qui me dit, t'inquiète pas, tu vas me rattraper dans la montée. T'as raison, je ne le reverrai jamais! Voilà cette montée au col de Barèges! encore 1000 m de D+, au milieu des cailloux jusqu'à Aygues Cluses. Je vois devant moi une féminine bien connue de moi, Sylvie Bernard Vilain, vainqueur de la première édition du 160, revue en 2009, mais elle avait abandonné à Cauterets ou Luz, revue également à l'utmb 2010 où nous avons partagé les premiers km ensemble. Vais-je pouvoir l'accrocher cette fois. Elle me sait derrière moi, et je vois qu'elle tente de relancer à chaque fois. De mon côté je perds quelques minutes à batailler avec ma pince pour recharger ma montre! C'est pas tout à fait la bonne pince, alors ça merdoie et je perds du temps. Des éboulis à traverser, des ruisseaux, j'arrive quand même à me mettre à l'eau jusqu'au genou gauche, on va dire que ça nettoie la chaussure. J'arrive enfin à Aygues Cluses, et je demande à voir Noisette au bénévole. C'est qui Noisette? Je peux voir Nicole? Elle arrive, et me dit que la miss est aller chercher du bois pour faire un feu la nuit, avec Pablo. J'apprends donc l'abandon de Momo sur pubalgie à Villelongue. Encore 400m de D+ pour atteindre le col de Barêges, depuis le début de la course c'est la purée de pois, on a eu un peu de beau qu'entre le Merlans et Artigues. Donc, on ne voit pas le bout de ce putain de col, et ça monte raide! Enfin la descente vers le lac de l'Oule, je sais que le terrain est merdique (je préfère utiliser ce terme, les pros parlent de "technique", mais en vrai, c'est merdique parce que l'on a du mal à courir et faut anticiper chaque pas). Je croise Emmanuelle, rencontrée en WET Tataouine en 2010/11 aussi, mais que fais-tu là? Tu n'es pas à ta place? Elle accompagne des copains sur le 160, et on se retrouvera à la Réunion. Son mari m'a encouragée à Tournaboup. J'ai toujours 2/3 filles en ligne de mire. L'une est cuite, on a fait un peu de yoyo depuis le Merlans, je la dépasserai définitivement. Sylvie Bernard Vilain n'est pas loin, une trentaine de mètre au plus. Je dépasse une autre fille, qui me repassera dans la remontée au Merlans. Je prends le temps de bien me ravitailler, retrouve des têtes connues parmi les bénévoles, et y laisse mes belles lunettes de soleil que je ne retrouverai pas, encore un coureur qui s'est servi, sans les remettre aux bénévoles, pas sympa. Les filles, n'ont certainement pas traîné, me sachant à leur trousse. Il reste 200 mètres de D+ à monter, je retrouve le mari de Manue, qui m'accompagne avec son fils jusqu'au col de Portet. Je ne suis pas forcément très causante, toujours dans mes calculs. Je pense que les moins de 15h sont jouables, peut-être même 14h30 et pourquoi pas encore moins. Jusqu'à présent le timing a été respecté : 7h au Sencours, 9h à Tournaboup, 11h à Barèges, 12h38 au Merlans, et 10' bonnes minutes pour bien se restaurer. Cela aura été la priorité de cette course. Arriver à bien manger à chaque ravito, ça m'a souvent coûté cher. Mieux vaut perdre 5' et bien se refaire la cerise, le temps perdu sur ces postes est rattrapé ensuite. Il reste 13 km de descente, et je me retrouve à côté d'un gars rencontré dans les 5 premiers km. Son terrain d'entraînement est aussi le Burck, on en a discuté le matin même. Les jambes vont bien, et je peux courir à bonne allure sans problème. Tout un coup, une voix qui m'interpelle, c'est Richard, qui boucle son 160. On se salue, mais je ne traîne pas. je veux faire mon chrono. Quelques bifurcations de droite et de gauche au milieu des pistes de ski, je ne suis plus très concentrée, et je manque d'en louper quelques unes qui auront été fatales au vainqueur, Iker karrera, sur le 160, qui a donc fait quelques km de plus. Enfin Vignec, j'en peux plus, je marche quelques mètres pour me refaire, puis encouragée pour la foule, je finis ces 800 derniers mètres en courant, l'émotion est à son comble à l'arrivée, mon chrono affiche 14h25, celui de l'organisation 14h30 (nous sommes partis à 5h05, alors que le chrono a été déclenché à 5h pile), mais ce n'est pas grave. Ah, j'oubliais, j'ai "mangé" Sylvie dans la descente, HS, suis bien contente. Je finis 143è sur 907 classés, très satisfaite de mon résultat, surtout que j'étais un peu inquiète par rapport à la fatigue accumulée avec le bénévolat, même si j'ai essayé de me reposer, en vain.
Au bilan, cinq jours inoubliables, tout comme l'an passé, un accueil formidable de la part de l'équipe organisatrice, nous avons été bien bichonnés en tant que bénévoles, le parcours, au top. Seul bémol, la météo du jour samedi, mais cela à été tout bénéf pour la perf puisque du coup nous n'avons pas souffert de la chaleur. Bon, c'est dommage pour ceux qui venaient de loin et ne connaissaient pas le coin. Du côté des copains, Ronan finit dans son objectif de 13h, Richard en 38h45 sur le 160, Dimitri boucle son premier Ultra, Jean-Pascal fait une super course en terminant en moins de 43h, et Vincent, avec un entraînement ultra light, boucle encore le circuit dans le temps limite. Sachant qu'il a perdu une bonne heure au col de Portet, car certains se sont perdus avec le brouillard. Quant à Caro, elle finit lessivée plus d'une heure derrière moi, alors qu'elle m'avait mis deux heures au Vignemale!
Le lendemain nous nous retrouvons tous à la remise des récompenses et surtout au repas d'après course dans une grosse ambiance de pique-nique. Retour ensuite sur Bordeaux, c'est moins drôle...Ce lundi, c'est retour à la réalité, avec déjà un problème à régler avec mes billets d'avion pour la Réunion. Mais comme je ne m'appelle pas Martine (elle se reconnaîtra et d'autres la reconnaîtront) et que je n'ai donc pas trop la poisse, le problème est vite réglé. Maintenant, va falloir retourner progressivement à l'école!
Merci encore à l'équipe d'organisation, à tous les bénévoles présents, aux copains/copines rencontrés, tellement de beaux souvenirs dans la tête et ravie d'avoir fait connaissance avec les réunionnais.
Ce GRP, ce n'était que du bonheur et des recontres pendant cinq jours, impossible de citer tout le monde bien sûr. J'ai juste raté Cyril Langeard, qui aurait pu se dépêcher pour être là avant que je ne reparte. Maintenant, un peu de récupération et bien sûr on repars à l'entraînement pour finaliser cette prépa Diagonale!
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire