mardi 26 août 2014

GRP 2014, J+3

Bon, ben voilà, c'est fait, mais mal fait.
Pourtant tout se passait bien, je suis partie tranquillement à mon rythme, la météo n'était pas au top, mais jusqu'à la redescente du Pic du midi, les conditions étaient bonnes, même si le soleil était absent. Entre le col de Portets (2h35 de course) et le col de Bastan, j'ai retrouvé mon co-équipier du Grand Raid, Nono. Nous avons fait un petit moment ensemble avec son copain Stéphane Benquet, puis je les ai perdus à l'occasion d'une pause pipi. A Artigues, Julien était là pour nous encourager, ainsi qu'au sommet du Pic du midi. Ensuite, la partie entre le pic du midi et Hautacam a été moins plaisante, car la pluie a fait son apparition, mais j'ai vu le lac bleu cette fois-ci, sans le soleil, mais je l'ai vu. Dans cette partie, j'ai doublé Sylvie Mathis avant le lac bleu, elle était l'une des favorites. On s'est retrouvées au ravito d'Hautacam où nous avons échangé un peu, puis à Pierrefitte. Alors que j'avais fait une bonne descente, mais longue, j'avais décidé de faire une bonne pause et de dormir un petit quart d'heure. Entre la toilette express, les soins de pieds car je voulais remettre de la Nok, manger, et le petit quart d'heure de dodo, les 1h sont passés sans que je les vois. J'ai aussi recroisé Sylvie qui se faisait soigner, elle avait un coup au moral et ne voulait par arriver à Vielle Aure pendant la nuit, soit après 21h. Je pensais qu'elle était repartie avant moi. J'ai bien attaqué le Cabaliros, et redoubler les filles qui étaient reparties certainement avant moi, mais je ne me suis pas rendue compte qu'il y avait certainement cette landaise. J'ai progressé avec un gars, qui ne regardait pas les balises alors qu'il y avait du brouillard. Il faisait toujours du tout droit. Un anglais, et moi-même avons du le rappeler un paquet de fois. Le brouillard s'est fait de plus en plus épais, ma montre GPS n'indiquait pas le bon kilométrage (très en colère contre garmin), et la cabane Puy Droumide n'arrivait jamais. Enfin, nous y sommes parvenus. J'ai mangé un peu, puis suis repartie assez vite. Il y avait aussi une certaine Mireille, qu'une de mes supporters me disait de "bouffer", et avec qui je faisais peut-être un peu de yoyo. La montée finale au Cabaliros fut rude, brouillard épais et balises difficiles à repérer, je me suis retrouvée avec un groupe de gars qui ont du ralentir, car il ne fallait laisser personne seul. Enfin le col de Tente pour descendre à Cauterets, et là, j'espérais pourvoir recourir, et bien non. Le terrain était tellement humide, que ça glissait partout. Personne n'a couru, et quand enfin nous avons atteins la route forestière, j'avais déjà décidé d'arrêter, car je trouvais que j'avais mis trop de temps à atteindre Cauterets et je me voyais avec un final en plus de 40h, ça, je ne le voulais pas! Les gars ont bien essayé de me motiver, mais rien à faire. Et je pensais la Sylvie Mathis, déjà envolée. Je n'ai rien demandé à Cauterets, j'étais juste un peu hagarde, j'ai regardé le ravito, je n'avais envie de rien, mon estomac était un peu en vrac, l'eau gelée du camel, ça fait pas du bien. On m'a dit qu'un bus partait à 6h, je suis allée me coucher un peu, puis je me suis levée à 5h30, et là, j'ai rendu mon dossard. Et je n'ai prévenu certains de mes proches que vers 8h! Rentrée à l'appart, je me suis douchée, ai dormi un peu, et ensuite ai suivi le live. Pour l'épilogue de cette course, Sylvie Mathis avait une demi heure de retard sur moi à Cauterets, elle a fini 2è de la course en 37h42! 
Mon petit bilan personnel de cette course : Il faut arriver motivé(e) à 200% pour réussir, ce qui n'était pas le cas pour diverses raisons, et la première, fut celle d'une préparation contrariée, car je n'ai pu véritablement "l'attaquer" qu'au mois de juin, et faire que deux courses de préparation en juillet. Pourtant quand je me suis inscrite, connaissant les conditions de préparation que j'aurai, mon état d'esprit n'était que de participer et finir, mais une fois dans la course, il en fut autrement, surtout quand j'ai vu comment je progressais, et puis la veille, je m'étais finalement fixé un objectif chrono. Encore une erreur, mais quand on a l'esprit de compétition, difficile de s'en défaire. 
Je ne peux qu'être déçue après coup, car le podium m'était accessible, 2è, 3è ou 4è peut-être? Qui sait? 
Déçue aussi pour tous ceux qui m'ont suivie et qui ont vibrer pendant ces 23h de course à l'idée de me retrouver sur un podium. La perspective de retrouver Aurélia et Ronan au point suivant n'ont pas été non plus suffisamment motivants pour me faire continuer. Peut-être que j'aurais du les appeler, comme j'aurais peut-être du appeler d'autres personnes, sauf ma maman, qui bien sûr m'aurait encourager pour arrêter!
Une course comme celle-ci est toujours une aventure collective, le fait de se savoir suivi est un élément moteur, même si l'on est suivi à distance. C'est la seconde fois que je regardais mon portable en course, après la Réunion. La prochaine fois, je demanderai à mon entourage de se "réveiller" aux alentours de 3h du mat, pour suivre mon arrivée à Cauterets et m'appeler, en tout cas, il ne faudra pas que j'ai des scrupules à réveiller certains. Car au GRP, Cauterets est un endroit clé, je pense que j'avais du souffrir aussi en 2009 vers cet endroit, je me souviens d'une progression extrêmement difficile dans le brouillard pour arriver au Cabaliros, mais la descente était relativement courable, et à Cauterets, j'avais eu un très bon appétit. Mais j'avais mis du temps à repartir quand même. 
Pour la suite, j'ai donc décidé de "me refaire" en faisant le marathon de La Rochelle, ces 102 km du GRP, pourraient me permettre d'envisager un bon ultratrail en octobre, si vous voyez ce que je veux dire, mais bon, à moins de gagner au loto, il ne faut pas rêver!
Merci à tous ceux qui m'ont suivie et encouragée. Désolée de vous avoir déçus. C'est mon deuxième abandon en course cette année (Grand Brassac en février), va falloir faire quelque chose!

Il me reste le souvenir d'avoir passé trois jours super avec mes garçons, cela n'était pas arrivé depuis longtemps, ne manquait que l'aîné. 




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