Ce matin, vendredi, on peut dire que tout est prêt. Après l'avoir fait, refait, redéfait, refait, reredéfait, rererefait, le sac à dos est fin prêt avec ses 10 à 11 kg, une fois l'eau chargée. Et oui, les compotes et le pain d'épices alourdissent de quelques 800g supplémentaires, mais je suis sûre qu'ils me seront fortement utiles, ce sont mes enseignements de ma reco en juin. Quant au sac de Base de Vie, lui aussi a été fait, défait et refait, car quel sac prendre? J'ai droit à 50L et 12 kg! J'ai un sac de 46L, et une valise à roulettes de 60! Dans le 46L, ça rentre à peu près, mais il faut bien bourrer les choses, la valise à roulettes, c'est mieux rangé, et au moins on n'a pas besoin de la porter, plus facile à manipuler. J'opte donc pour la valise qui prend à peine plus de place que le sac au final. Au niveau poids, je n'arrive pas non plus au poids demandé. Déjà, il y a le poids du bagage, qui doit faire 2 Kg, facile, et ensuite les 3 sacs de calories qui font dans les 7 kg, reste 3 kg, même pas, pour rajouter chaussettes de rechange (un bon paquet si je ne veux pas retrouver mes pieds HS après le 2è Base de vie), TS, short, 3/4, culottes, trousse à pharmacie et toilette (compeed en pagaille, bandes elasto, Tapping (merci mon kiné), Nok, dentifrice, bépanthène, crème solaire, etc.) une paire de chaussures de rechange, un slip de bain, des tongs (pour Hendaye, on ne sait jamais), une serviette éponge. Je suis donc à plus de 12 kg facile, et je ne suis pas la seule. Sans assistance, il me semble impossible pour 16 jours de partir plus léger avec la nourriture imposée. Les bénévoles auront à manipuler beaucoup de bagages lourds au départ du Perthus, mais il faut se dire que ça ne fera que s'alléger au fil des tronçons. Il faut positiver.
Reste maintenant à charger toute l'électronique à fond et à veiller à n'oublier aucun cable : frontale, montre, téléphone, batterie, chargeur solaire).
Départ de Mérignac : lundi 7h30, avec Denise qui sera bénévole avec son mari, Jean Paul, durant 15 jours. Ils vont vivre eux aussi quelque chose d'exceptionnel!
Le stress, mais aussi l'impatience et la pression montent un peu plus chaque jour, et pour l'instant, je me dis que tant que je ne suis pas sur la ligne de départ, je ne suis pas sûre de faire partie de l'aventure, comme si tout pouvait encore arriver d'ici trois jours. Tout cela me rappelle toutes les premières fois : mon premier Templiers (2005), mon premier GRP (2009), mon premier UTMB (2010), ma diagonale (2013).
Les premières fois ont toujours une saveur particulière, car nous partons dans l'inconnu et notre rêve devient réalité enfin. Les fois d'après, quand on y retourne, on est un plus détendu parce que l'on sait ce qui nous attend, mais on se met une autre pression : faire mieux, et on ne fait souvent pas mieux....à cause de cette pression supplémentaire que l'on s'impose justement. C'est aussi ce qui nous fait revenir.
Mais là, le chantier est titanesque, l'entourage pas toujours zen, voir pas du tout, comme si je partais faire l'Everest, mais ça n'a quand même rien à voir avec l'Everest à l'autre bout du monde. Tout le monde n'a pas une mère comme celle de Killian qui l'a poussé dès le plus jeune âge dans les montagnes ou sur le vélo, dès qu'il a su marcher et qui l'encourage dans ses projets les plus fous, sans avoir peur pour lui (probablement un peu, ça doit rester caché). Si j'ai bien compris ce qu'il a écrit dans son bouquin, elle lui en fait baver plus d'une fois lors de ses vacances, forcément toujours sportives.
Encore un post d'ici dimanche pour vous redonner mon road book modifié (il faut prévoir des plans B), et tous les liens pour suivre les coureurs.
