mercredi 23 janvier 2013

Deuxième course de l'année : Trail du Sancy

Pour la troisième fois je reviens au Sancy avec un petit groupe de mon club, qui découvre la course sur la neige. Nous partons samedi matin, à ma demande, car je compte profiter d'une après-midi de ski. Arrivés sur place, Margriet, notre logeuse que je commence à bien connaître nous accueille et c'est vite parti pour un repas pâtes, obligatoire. Arrive presque 14h, il faut se décider pour le ski. Pas trop motivée vu la météo, mais bon, je sens bien que je dois y aller, car je les ai fait lever tôt. Donc, m'y voilà, c'est parti pour 3h de ski, pas tout à fait, le forfait coûte un bras pour 4h, et le domaine skiable n'est pas grandiose. Moi qui n'aime skier que quand la neige est bonne, qu'il n'y a pas trop de monde et que surtout il fait beau, ben voilà, l'élément essentiel, la météo, n'est pas au RDV. Froid, brouillard à ne rien voir, même pas à deux mètres, les pistes descendues en 3' alors qu'il faut passer un quart d'heure à se congeler sur le télésiège avec le blizzard qui souffle tellement fort qu'il vous cingle les joues comme si des aiguilles vous rentraient dans la peau,  qu'il faut en plus tenir la capuche et le masque du ski, car ça s'envole! Arrivée en haut des pistes, où qu'elle est la piste? Où qu'ils sont les balisages? Où qu'il y a des skieurs que je peux voir pour suivre la piste? Je mets le masque pour me protéger du blizzard, mais je vois encore moins le relief, alors ce sera sans lunettes. Au bas des pistes, un peu moins de brouillard, et 300 m d'un mur où je peux enfin me régaler, que je ferais quelques fois au prix de me les geler grave sur le télésiège. Du coup, pour avoir moins froid, j'essaie le télécabine, au moins, là on est à l'abri. Les gars des remontées attendent qu'il soit plein pour le faire démarrer...un quart d'heure d'attente, 5' de montée au moins, 3 de descente. Et là encore, où est la piste? Le brouillard descend encore, j'essaie des pistes plus bas, elles sont dégagées, mais ce sont des vertes. A part faire du tout droit, inintéressant. Bon, je me remotive, me reste encore une heure à skier, mais après une piste supplémentaire, je raccroche. Deux heures de ski et au moins 3x30" secondes de vrai plaisir! Pffffffffff! Vu le prix du forfait, ça fait cher le plaisir. Terminé le ski au Sancy, ce sera la dernière fois. Rien ne vaut mon Praz de Lys.
De retour au bercail, c'est reparti pour un repas pâtes, carbo cette fois-ci après le saumon de midi, et nous passons un super moment à refaire le monde, comme d'habitude, et nous apprenons aussi à mieux nous connaître. Sujets du moment : la crise bien sûr, les salaires des fonctionnaires qui sont gelés (infirmières, profs) et leur travail non reconnu, ce grand public qui considère toujours que les fonctionnaires sont trop bien payés pour ce qu'ils font, quand ils font quelque chose! Ces patrons du CAC40, nos inquiétudes pour nos enfants, quel sera leur avenir dans cette société où tout va mal, et la préoccupation du moment, le mariage pour tous, l'adoption et la PMA. Nous allons tous nous coucher, demain est un autre jour.
7h, c'est le réveil, petit déjeuner habituel pour tout le monde et préparation. Combien de couches? Pour Alexia, c'est sa grande première, alors elle ne sait plus ce qu'elle doit mettre, elle a trop peur d'avoir froid. Elle nous propose de la crème anti-blizzard, mais c'est de la chauffante pour les muscles, je crains que le visage n'apprécie pas. Ensuite, on met ou pas les chaines aux chaussures tout de suite? Il y a deux kms de bitume sans neige d'abord. Pour ma part, j'opte pour sans, donc je les enlève, car mises aux chaussures la veille, tout le monde m'imite. Nous nous rendons au départ, plus de 1000 coureurs sont là, prêts à en découdre. Je retrouve Karin Sanson, la prof de musique super traileuse, qui prépare les mondiaux de skyrunning, et son ami Pascal Mouchague. Un brin de déconnade pour lui dire de se tenir à carreaux, car on ne sait jamais, sur un malentendu, je pourrais la battre pour rester polie. Photo de groupe avec mes compères du jour, Thierry, Valérie et Alexia. Intérieurement, je m'inquiète de les avoir emmener dans cette galère, vont-ils supporter le froid intense et la neige qui tombe, car là-haut, c'est du moins 10 au moins qui nous attend. La barrière horaire au passage du 10 a été réduite de 2h à 1h30, intérieurement, moi, comme Valérie, espérons qu'Alexia ne passera pas, comme ça, elle ne fera que 20 km, en tant que coach, ça me semble suffisant pour une première fois, car je sais que sinon, elle va souffrir, et de la difficulté des montées, et du froid et elle va peut-être en avoir pour 5h30 ou plus! ça fait beaucoup. 9h, la horde de fauves est lâchée, le peloton est dense, je suis partie au milieu et il me faut un peu slalomer pour remonter dans ce peloton, sans se griller, et je sais que dès l'attaque des monotraces, ça va être difficile de doubler. Au bout de deux kms, nous y voilà, il faut chausser les chaines,  je m'en sors assez bien et ne perdrais que 1 ou 2 petites minutes au plus. Pas facile de doubler, je fais comme je peux, en même temps, je sais que le fait d'être freinée va au moins me permettre de ne pas me griller pour la suite de la course. J'essaie de boire régulièrement, je ne souffle pas dans mon tuyau pour éviter que l'eau ne gèle, je suis confiante. Nous arrivons au premier ravito, lieu de séparation de la course, un verre de coca, un quartier de banane, un bout de pain d'épices et je ne traîne pas. Maintenant, ça va monter de plus en plus raide, et surtout on va se prendre le blizzard, pour atteindre d'abord le Puy loup, vers 1500m, puis après deux km de plat descendant la Banne D'ordanche, qui signe le début d'une très belle descente tout en régalade jusqu'au deuxième ravitaillement (16 km). Mes doigts sont gelés, mais ils commencent à se réchauffer, mon tuyau a gelé je ne peux plus boire, ça vaut bien de donner des conseils aux autres et d'en faire fi pour soi! Ben, comme il y a deux ans, je me contenterais des ravitos seulement, donc essayer de faire un bel approvisionnement à chaque fois. ça continue à descendre, le rythme est super, je me sens super bien, je ne me préoccupe pas vraiment des autres coureurs, je suis concentrée sur ma perf du jour et l'idée de faire bien mieux que les deux années précédentes où j'ai du terminer dans les 10-12 premières. Je sais que la difficulté suivante ne sera pas de la tarte, on va recommencer à monter progressivement, et on devrait se prendre un blizzard terrible en atteignant le troisième point haut, le puy Gros. Surprise, pas de blizzard, j'ai bien fait de ne pas sortir mes gants de ski.Un bénévole me signale 4è. Quoi? Il a du se tromper, mais bon, on ne sait jamais, il faut vraiment se donner à fond maintenant pour maintenir cette place et pourquoi pas rattraper la troisième.  La descente dans les feuilles mortes, mêlées de neige est un pur bonheur, un sentiment de liberté, de maîtrise des éléments et du corps m'envahit, la beauté des lieux me rappelle que je n'aimerais pas être ailleurs qu'ici, le dépassement de coureurs à la peine, soit fatigués soit qui se freinent car ne maîtrisant pas les éléments, augmente mon plaisir. J'arrive au dernier ravito, il reste 4 km, les plus durs. Pourtant, il n'y a qu'une petite bosse à monter, dans un sentier qui ressemble plus à un ruisseau qu'autre chose, puis nous arrivons sur le bitume, plus d'un km de faux plat, j'oscille entre marcher et trottiner, les autres font pareil, ça n'en finit pas. ras le bol! Et surprise, au lieu de bifurquer à gauche pour rejoindre l'arrivée qui est à cinq minutes, nous filons tout droit. Un bénévole nous indique encore deux petites descentes, si je comprends bien, ça veut dire qu'il y a une montée entre. Je regarde mon chrono, et me fait à l'idée que pour les moins de 4h, c'est rapé. Nous quittons enfin le bitume pour du sentier, encore de la régalade, j'essaie "d'attaquer" un peu, tout en pensant que ce n'est pas le moment de me tordre la cheville, car je fatigue, et ben, j'aurais mieux fait de pas y penser, car justement, je me vrille le pied, les gros mots sortent, les insultes que je m'afflige aussi, j'ai très mal, je boîte, mais faut finir, je suis au ralenti. ça remonte, petit à petit la douleur passe, et on redescend pour le final, le mari de Valérie est au RDV avec son fils pour nous encourager sur ce dernier 100m. Je passe la ligne, je suis bien 4è. J'ai un énorme glaçon sur le noeud de mes lacets, il faudra 3h pour que ça dégèle. Pendant que je me remets de mes émotions, voilà t-y pas que Valérie arrive, je ne l'attendais pas si tôt et elle a la banane, même pas fatiguée, elle se classe 6è, longtemps 5è mais dépassée à un km de l'arrivée.Nous pensons que Thierry ne devrait pas tarder, mais l'attente se fait longue, j'espère qu'il ne lui est rien arrivé. Finalement, il pointera une demi heure plus tard, et la grosse surprise viendra d'Alexia, qui non seulement a passé la barrière, est loin d'être arrivée la dernière et finira en 5h, avec une énorme banane. Je monte sur le podium, aux cotés de Karin Sanson, bon, je ne l'ai pas eue, elle est une demi heure devant moi, ce sera pour une autre fois, je repars avec du saucisson et du pâté!
Je suis rassurée sur mon niveau, je confirme ma progression de l'an passé. Ah, si je pouvais fleurter avec les moins de 50h à la diagonale et les 10 premières féminines!
Prochaine course, dimanche prochain à Trélissac en Dordogne pour les régionaux de cross, ça sera plus court mais très costaud quand même, et ça va faire très mal.
Je mets une photo de l'édition 2011 où le soleil avait permis de voir le paysage.

Sur le plateau qui mène au Puy Loup

En montant au Puy Loup

La montée au Puy Loup

Le mur par moins 30 qui mène au Puy Gros

Au départ avec la championne

Sur le podium

La Dream Team du Jour



2 commentaires:

  1. Bravo!!!! Je me régale à lire tes récits de course!!! J'ai l'impression de vivre ces moments au fil et à mesure de ma lecture!

    Bon courage pour les régionaux!

    Valérie F

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  2. Salut Tous (es), J'ai froid en te lisant...Je suis pourtant bien dans mes chaussons ! Ca semble carrément spécial ces courses-neige...Heureusement qu'il n'y a que 30km...A voir la photo 2011 de Momo, vous avez l'air d'être tétanisés par le froid...Vu les résultats vous vous êtes franchement bien démerdés. Félicitations à Tous !

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