lundi 28 octobre 2013

Episode 8 : halte là - arrivée

Le rythme n'est plus le même. Je sens que Nono a un peu lâché l'idée du classement. On monte à bon rythme à Dos d âne, puis nous roulons facilement au poste de pointage. Cette partie est plutôt cool et vite avalée. On nous annonce 7 km de descente jusqu'à la Possession. Putain d'enfoirés! D'abord ça monte et sacrément! Ensuite c'est une putain de descente entre les arbres et les lianes où il faut jouer les Tarzans. Les réunionnais sont dans leur jardin et ils nous larguent! Ceux qui font la Mascaraigne sont avec nous, alors on sait plus bien qui nous dépasse. Arrive un peu de replat, Nono tape la causette avec un gars, j'essaie de le houspiller pour qu'on court un peu, mais j'ai comme l'impression qu'il a lâché le classement. Seul compte de finir, alors je me mets dans sa foulée. Voilà qu'on attaque le chemin des Anglais. Une bonne galère parait-il. Il fait chaud, mais comme on est plutôt sur un rythme cool, il ne me pèse pas trop. Arrive le ravito, on ne s'attarde pas, on rattaque une partie de chemin des anglais avant de trouver une partie plus cool et plus sablonneuse. On nous annonce 9 km de montée jusqu'au Colorado, puis 4 de descente. Un peu plus loin on nous dit qu'on arrive au pointage et qu'ensuite on a 8 km de descente. Bref, l'arrivée au Colorado se fait attendre, on en a marre! Les infos sont tout le temps contradictoires! On finit par y arriver. Je n'ai pas envie de m'y attarder, mais Nono veut encore se faire masser. Quatre bénévoles se pressent autour de lui. Je le soupçonne d'abuser des soins juste parce que les bénévoles sont jolies et ultra dévouées. Elles vont lui chercher à manger pendant qu'il se fait masser. On m'apporte également 1000 petits soins dont je n ai pas besoin, y compris une bonne couverture dans laquelle je m'emmitoufle bien. Si ça continue, je vais m'endormir sur place et on va finir demain matin. Finalement, Nono se décide à repartir. Ce seront des aïe, ouille, ahhhhhhh, tout au long de la descente. Parfois il s'enquiert de ma personne pour savoir si je suis toujours là et si ça va. Certes, j'ai quand même un peu mal et cette descente est merdique au possible. Enfin du plat, et les derniers 500 m vers le stade. Je sors la caméra, ça y est, on l'a fait, c'est à peine croyable. Photo d'arrivée, embrassades et vite on récupère nos affaires pour se doucher, car on rêve d'une dodo. On en boira même deux, avec Jean Paul, arrivé une petite heure après, j'ai même pu trouver une clope pour fêter ça. C est lui et Brigitte qui me ramèneront à Saint Pierre. Sur le moment, difficile de réaliser. Par rapport à l Utmb et le Grp, je trouve que finalement ce fut une course plutôt bien vécue, avec une certaine facilité. Sûr que je n'ai pas eu à me motiver ou à me concentrer. Je savais Nono juste devant ou juste derrière, donc rien à penser. Courir à deux, c'est certainement aussi un gage de réussite pour ce genre d'exploit. Par sûr que seule, j'eu fais aussi bien, même si j'en avais un peu plus sous le pied que Nono pour finir. C'est une expérience inoubliable et quel bonheur de l'avoir vécue à deux et au delà avec vous tous, car vous étiez souvent dans mes pensées et je vous imaginais derrière votre ordi. Le suivi live, c'est clair que ça apporte une autre dimension à l'évènement, ça le rend encore plus énorme. Merci, merci à tous de m'avoir permis de réaliser ce rêve. En 96, lorsque j'ai traversé cette île en rando et découvert l'existence de cette course, je ne croyais pas qu'un jour j'en ferai partie, et de 125 km elle est passée à 165. Une pensée pour Cécile, qui a été prise de maux d'estomac dans Mafate, qui n'a cessé de vomir (j'en ai vu d'autres) et qui a finalement abandonné à Halte-là. Elle a eu du courage de faire quelque 60 km avec le ventre qui n'arrêtait pas de se vider. Nous avons finalement eu beaucoup de chance, car les problèmes alimentaires peuvent survenir n'importe quand, et ils conditionnent pas mal l'issue de la course. 



4 commentaires:

  1. Salut Nathalie, nous avons une connaissance en commun, Nadja, qui m'a dit qu'elle avait une copine qui faisait la Diago sachant que je l'avais fait plusieurs fois.
    Ton récit et tes photos sont super et redonne envie. Faisant partie de la, déjà mythique édition 2012, je me suis promis de ne plus jamais la refaire mais en lisant et en voyant tes photos et surtout en visualisant tes vidéos j'en avais des frissons.
    Tu verra, dès à présent, chaque année à cette époque tu auras l'appel de la Diago (un peu comme les oiseaux migrateurs...)
    Encore bravo et merci.
    Ironman

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  2. Pour te répondre Ironman, ton vrai nom me serait plus utile...il est vrai que sur le moment on ne réalise pas vraiment. Cette course on l'a tellement rêvée! Une fois dedans, elle nous fait tellement chier, nous qui croyions pouvoir courir, et en plus de Mafate on n'a pas vu grand chose puisque passage de nuit. Et au fil des jours, on réalise, puis cette île finit tellement par vou enchanter...que finalement on voudrait bien recommencer et essayer de faire mieux en négociant plus aisément ces putains de sentiers

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  3. J'ose intervenir sur ton blog, pour te dire bravo.. C'est super d'avoir réussi un truc pareil!
    Claude Briand

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  4. continue courage écoute ton corps c est vrai on se demande qu est ce que l on fait dans cette galère ...mais une fois passé ce st le must

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