mardi 25 avril 2017

Belvès ou comment se prendre une claque

Et bien voilà, je ne suis pas allée au bout de la compétition! J'ai plein d'excuses. Il faisait trop chaud, je commençais à être déshydratée, il m'aurait fallut un accompagnateur vélo, etc. Mais à la vérité, c'est certainement un excès d'orgueil combiné à la vision de deux orteils kaputs à l'arrivée, et une entame de mes travaux deux jours après dans un piteux état qui ont fait pencher la balance du mauvais côté. Et oui, j'étais allée à Belvès non pas dans le souci de juste boucler la boucle, mais avec un objectif chronométrique, c'est à dire au moins aussi bien que ce que j'avais fait en 2008 et 2009 (9h50), mais surtout un peu mieux pour marquer plus de points pour le club, donc 9h45 à minima, et si possible 9h30. 
La météo annonçait beau temps et une température de 24°, ça me semblait bien, c'était oublier que 24° à l'ombre, ça doit faire dans les 30 en plein soleil, voir plus avec la réverbération sur le bitume bien noir. Mais j'ai connu la même météo en 2008, peut-être que ça a chauffé moins vite, on était partis il faisait à peu près zéro degrés, je me souviens de stops aux ravitos de plus en plus longs pour boire, boire, et encore boire. 
Tout avait bien commencé ce samedi matin, je suis partie avec Patrice qui faisait son premier 100 km, accompagné par Momo en vélo. Assez rapidement, Rodolphe, le meneur d'allure de 3h15 à Bordeaux la semaine dernière nous a rejoints. Puis la jonction s'est faite avec le vélo, je savais que j'allais prendre un allure un peu plus rapide que Patrice, et petit à petit je l'ai donc décroché, le sachant bien accompagné. J'avais donné mes ambitions à Rodolphe, "passer au 50è en 4h30", je me suis calée derrière lui, et j'ai suivi son pas, Il voulait m'emmener à Belvès sur ces bases.  Nous avons fait un binôme parfait. pas la peine de parler, Rodolphe m'encourageait régulièrement, sa fille était présente pour me donner à boire si besoin. J'étais super bien et c'était un vrai plaisir de courir ensemble. Les ravitos se passaient bien, un peu à manger, à boire, j'évitais le sucré. AU 45è Rodolphe commence à coincer et il ma lâche en me disant de continuer ma course et que je vais rattraper les filles.  Passe le 50è, je suis en 4h33, j'ai commencé à remonter pas mal de personnes qui commencent à coincer dont quelques copains, Alex, Manu, Jimmy,  et des filles. A Sarlat, je retrouve ma moitié, j'apprends que Patrice a abandonné, je ne sais pas pourquoi et je me demande bien comment une personne de l'organisation peut me communiquer cette info, je le voyais donc déjà de retour à Belvès, en fait, non, il était étendu sur un lit la tente à côté, et je ne savais pas le motif de son abandon. Je pensais qu'il n'arrivait plus à avancer, comme ceux que j'ai croisés et qu'il avait préféré jeter l'éponge. En fait, non, il s'était blessé au mollet....mais ça, je ne l'ai su que beaucoup plus tard. Toujours est-il que ça m'a quand fichu un coup au moral...moi qui l'avait entraîné si dur pour cet objectif. La perspective que je finisse et pas lui, c'était moins alléchant. 
Me voilà repartie, même si je ne suis pas souriante, je vais bien, je reste hyper concentrée sur ma course. Au 60è, je recroise pour la xième fois les officiels sur leur moto qui contrôlent les passages de coureurs, en cas de triche et je reconnais mon bien le copain Patrick qui a chaque fois me précise où j'en suis et que la prochaine fille n'est pas loin, 2' seulement. C'est rien, mais c'est beaucoup quand même. Petit à petit j'en aperçois une et je finis par doubler deux filles encore, je crois qu'à ce moment là de la course je suis 3è. Tout va bien, puis j'arrive au ravito un peu avant le 65. je m'arrête, je bois bien, beaucoup et mange un peu, mais très vite j'ai la gorge sèche, les deux filles que j'ai dépassées me repassent, et elles s'éloignent vite, mes jambes flanchent d'un coup, et je prends un grand pète au moral. Je me vois obligée de marcher un peu, mon allure est passée de 5'30 à plus de 6' au kilo. Et là, je me dis que ce n'est pas possible, je ne peux pas aller de ravito en ravito avec la gorge désséchée, je sens que je frise aussi l'insolation, et c'est là que je me rends compte des mes erreurs : le 100 km route, ce n'est pas la même chose qu'un ultratrail en montagne! Le vélo, ça aide dans ces lignes droites infernales avec le soleil qui cogne, et les jambes qui font mal. Et finalement le sac de trail avec l'eau dedans (comme pour les trails en montagne), ça aurait pu être utile. Je n'ai pas voulu m'encombrer de poids inutile, persuadée que les beaux ravitos tous les 5 km seraient suffisants. grave erreur. Comme quoi, l'expérience parfois nous fait faire de sacrées conneries!
J'arrive à La Roque Gageac où une supportrice m'attend, elle a une voiture.....je jette l'éponge, je descends une bouteille d'eau gazeuse en moins de temps qu'il n'en faut, les podos à côté de moi se proposent de me masser, et là, avec un grand sourire, je dis oui! J'ai droit à un massage des cuisses à huit mains, le bonheur. Quelques temps après, je recroise Rodolphe à la tente de massage, il va finir. 
Je pensais que Belvès serait mon dernier 100, tant je sais que c'est une course très difficile, mais après deux jours de réflexion, à me balader dans ce coin magnifique et à suivre les flèches au sol, je me suis convaincue d'y retourner l'année prochaine. Ce sera sans objectif, avec une accompagnatrice vélo, et de l'eau en sus. Et la perf pour le coup, sera peut-être plus du côté de la cycliste à vélo, j'aurais peut-être plus à faire à l'encourager pour aller au bout, que de me préoccuper de mes douleurs.  Et tant pis pour les points clubs. 
Les 65 kms sur les 68 parcourus (en 6h28) ont été un vrai bonheur, et c'est ce que je retiens de la course. De grosses félicitations à ceux qui n'ont pas lâché l'affaire et qui sont arrivés bien loin de leur objectif du jour, je pense à Manu, Jimmy et bien sûr Rodolphe. Je souhaite que Patrice ce remette vite en selle, et j'ai aussi une pensée pour mon copain de club Alex, qui lui aussi a lâcher l'affaire. 
Des Félicitations aux trois premières de la course qui ont fait un beau parcours. Pour la petite histoire, la première termine en 9h38, la seconde en un peu plus de 9h50 et la troisième en 10h05 je crois. 

Quelques photos de notre périple touristique. Et puis, je ne sais pas si je dois y voir un signe, mais au château de Beynac, je suis tombée sur mon logeur Dédé, de la Transpyrénéa. Le dernier gîte où j'ai dormi avant mon arrivée à Hendaye et où j'ai cherché le petit déjeuner sur le frigo de la terrasse et que je n'ai pas trouvé. Et bien il m'en a reparlé et tiré les oreilles! Le Petit déj avait été déposé sur le frigo dans mon gîte, je l'avais devant mes yeux! (je ne l'ai pas entendu rentrer, tellement je devais dormir à points fermés) et je ne l'ai jamais vu...Cela m'aurait évité une belle hypo en arrivant à Hendaye!

Et maintenant place à la suite : 2è manche du TTD le 1er mai, marche au interclubs, puis Trail de la Vallée du Brevon dans mes montagnes Chablaisiennes, début juin. La vieille va arrêter de croire qu'elle est vieille parce qu'elle a passé la cinquantaine...mais ce qui fout les boules c'est quand on me demande si c'est pour bientôt. Quoi qui est pour bientôt? Ben la retraite! Deux fois qu'on me l'a demandé ce weekend, franchement, est-ce que j'ai une gueule à avoir l'âge de la retraite! J'en ai encore pour au moins 10 ans!  Le prochain, ou la prochaine qui m'en parle, il prend mon point dans la GUEULE! 











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