Cauterets et Vielle Aure, deux noms qui ont des résonances bien particulières pour moi et qui sont synonymes des plus beaux trails de montagne que j'ai pu faire, mais aussi de randos fabuleuses. Après mes débuts en 2009 sur les très gros trails de montagne avec celui des refuges, une participation au trail du Petit Vignemal et deux sur le grand, j'avais hâte de revenir sur les refuges nouvelle version avec le passage au col des gentianes, un endroit qui manque à ma connaissance. Nous voilà donc partis à 4, mes amis sur la petite distance, par prudence et moi comme d'hab, sur la plus grande. L'objectif ici, à la différence des autres courses, c'est d'abord d'arriver à passer les barrières pour pouvoir finir la course. Nous scrutons la veille la météo dans tous les sens, il est certain que ce ne sera pas grand beau, on essaie d'y croire un peu. Car mauvais temps, ici, ça veut dire risque d'annulation ou modification de parcours.
Le lendemain, me voilà partie à 6h, sous une météo plutôt sympa, pourvu que ça dure, mais le speaker nous prévient : la météo s'annonce mauvaise en altitude avec de grosse rafales de vent sur les crêtes pouvant atteindre les 100/h et des orages. Pas sûr du tout que nous fassions la totalité du parcours. Et pour les barrières, c'est comme d'habitude, ici on ne negocie même pas une seconde de retard.
L'arrivée au refuge d'ilhéou se fait à peu près comme prévu, 1h32 pour 1h30, ça repart pour le col de la Haugade atteint en 40', puis le col du Pourtet. J'espère toucher Wallon en 3h30, mais très vite je comprends que ce sera difficile. Finalement, je ne monte pas assez vite, et surtout je descends trop lentement dans les cailloux, pourtant je m'applique. Les premières crampes me prennent, tiens ça fait longtemps. J'ai oublié de prendre ma sportenine, tout comme ma couverture de survie (matériel obligatoire). J'ai fait une semaine à l'arrache. J'arrive finalement en 3h45, avec des copains bordelais. J'ai un quart d'heure de marge. On nous apprend que la partie au col des gentianes ne se fera pas. Déçue, mais pas trop sur le moment, vu que la pluie repart, et le vent avec. On entame la montée vers le col d'Arratille et celui des mulets. Je dois avouer que je ne reconnais pas du tout cet endroit passé dans l'autre sens sous un soleil radieux il y a 8 ans déjà. Bon, ce n'est pas aujourd'hui que je sortirais l'appareil photo pour prendre de jolis paysages. Par contre, même si je sais maintenant qu'il n'y a plus de barrières, j'essaie de rester motivée pour passer aux Oulettes en moins de 6h30. C'était le sésame pour pouvoir continuer. Mais pas forcément facile et je dois gérer mes ardeurs sous peine d'apparition de nouvelles crampes. 6h15, j'arrive aux Oulettes, contente. Le temps s'est un peu dégagé, je regrette qu'on ne puisse monter plus haut. Je me retrouve assez vite avec une autre fille, on fait un peu de Yoyo, comme je ne cherche plus le chrono je finis par discuter un moment avec elle. Elle vient d'Aurillac, du club d'Arpajon, celui de mon ami Charly, organisateur entre autre de l'UTPMA. Charly qui vient de terminer une course de ouf en Andorre, l'Euphoria. Des gars nous dépassent dans cette longue descente de la vallée de Gaube, un peu technique par endroits. On ne peut pas dire que ce soit roulant. Petit à petit, de bonnes sensations reviennent, on arrive au pont d'Espagne, puis c'est ce long chemin des cascades qui nous ramène à la raillère. C'est de plus en plus roulant. A la raillère, il faut rejoindre le GR10, une petite remontée et 3 km très roulants, les jambes sont bien revenues et je file à plus de 11 à l'heure. Je me retourne pour voir si la fille est toujours derrière moi, c'est le cas, je lui propose donc de finir main dans la main. La ligne est franchie en 8h55 pour 45 km au total, 43.5 pour l'organisation, un peu plus de 46 à ma montre. Je suis contente, car plutôt fraîche par rapport à mes autres participations, mais lorsque le classement final apparaît, la déception est quand même un peu là. Dans le dernier quart encore, comme d'habitude ici ! Et 14ème sur 16 filles classées. Seulement une dizaine de recalés à la barrière de wallon, puisqu'il n'y en avait plus aux Oulettes. Décidément, cette course est vraiment pour les vrais montagnards qui savent grimper comme des fous dans le pentu et descendre comme des isards dans les cailloux. Super parcours et super organisation, des bénévoles partout là où il faut, prêts à se les geler pendant des heures. Y a plus qu'à recommencer.

Cool félicitations !!!
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