Deux jours déjà que la course est terminée, je retrouve mon quotidien, les JO devant mon canapé, et je me repasse en boucle les émissions de la Transpy que je n'ai pas vues bien sûr, puisque étant en course. Après un petit séjour forcé aux urgences de Saint Jean de Luz où l'on s'est extrêmement bien occupée ce moi, de mes pieds surtout et de mon bras plâtré, désormais, je reprends très doucement mes esprits, car je ne fais que dormir, et dans mon sommeil, je continue à marcher sur les sentiers, souffrir pour mettre mes horribles chaussures, tout cela pour arriver à Hendaye. Même dans mon sommeil en voiture, lors de mon retour, j'avais l'impression que la voiture était sur des sentiers. Bref, je ne suis pas encore sortie de la course, et je ne suis pas bien sûre d'être arrivée à Hendaye!
Il va me falloir quelques temps et la consultation des photos et de FB pour remettre les images dans l'ordre.
Cette aventure fut exceptionnelle et il est tellement difficile d'en parler. Il y a d'abord cette délégation bordelaise, dont j'étais fière avec Christian, mon camarade de club, dont j'étais sûre qu'il irait au bout, Frédéric, Bruno et Catherine, Karine et moi-même. Nous ne sommes que deux rescapées au final : Karine et moi. Bien désolée pour les autres que l'aventure ait été raccourcie. Mais l'on savait qu'il n'y aurait pas beaucoup de finishers.
Il y a ensuite toutes ces rencontres faites au fil des premiers jours, avec toutes ces parties de yoyo : Alexandre Lucas, Vincent Hullin, puis après le 3è CP, j'ai vu Aurélien Simonet me revenir dessus alors qu'il était plutôt dans le peloton de tête. Il venait juste de faire une nuit de 7h. Cette même deuxième journée, je me suis retrouvée un temps devant Charles Lajus, alors qu'il était normalement bien devant moi aussi. Enfin bref, sur les trois premiers jours, il s'est passé de drôles de choses, entre ceux qui dormaient trop peut-être, ceux qui faisaient des boucles supplémentaires en se trompant, ceux qui avaient des défaillances physiques et qui avaient du faire des stop obligatoires. De mon côté, j'ai avancé toujours de manière régulière, les yeux rivés sur les marques du GR, ma trace GPS sur ma montre et quelques vérifications sur mon téléphone avec Iphigénie. Je dois dire que sur l'ensemble de la course, je n'ai pas souvent jardiné, et j'ai rarement fait des erreurs de parcours, sauf par inattention. La plus grosse erreur a du me coûter une demi-heure, le deuxième jour, après le refuge des Cortalets. Un refuge qui d'ailleurs ne nous a pas très bien accueillis. Enfin, j'ai quand même eu la chance d'avoir ma bière et mon sandwich, ce qui ne fut pas le cas pour tous les concurrents qui y sont passés.
Et puis Huguette, ma nounou de quand j'étais petite était présente à Bolquère, quel bonheur de la voir. Elle avait apporté une bouteille de Blanc alsacien....mais bon, ça le faisait pas.
Ensuite, j'ai fait une belle rencontre en arrivant au lac des Bouillouses où j'espérais trouver une nuitée en refuge. Malheureusement tout était complet et je me suis retrouvée au troquet avec Marc Durand pour manger un bout. Et puis il a bien fallut se décider à aller bivouaquer, ça sentait la nuit humide et le miracle est arrivé : le patron venait d'essuyer une annulation. Bonheur : une nuit au chaud, avec une bonne douche. Nous sommes repartis à 3h du matin et avons poursuivis ensemble (malgré quelques "lâchers") jusqu'à Fos, dernier CP avant la BV2. Marc ne pouvait plus continuer physiquement : ampoule trop profonde et tendinite.
Je suis repartie sans trop de motivation de ce CP, après 2h de repos car j'en avais vraiment besoin, pour tenter la barrière. Dans la nuit, j'ai croisé deux frontales qui redescendaient, deux jeunes de Saint Lary, accompagnateurs en montagne et qui jardinaient depuis une heure. Ils étaient partis sans trace GPS. Mon électronique a permis de retrouver la trace et les marques et d'arriver au col de Bacanère. Petite pause pour tous les trois, puis je suis repartie seule, pensant qu'il allaient rapidement me suivre, mais je ne les ai jamais revus. Je suis arrivée limite à la BV2, et après le ok de Cyril pour continuer, je suis allée m'effondrer dans la tente et me refaire une petite santé.
Ejectée de la base de vie à 10h30, je suis repartie bonne dernière, mais je savais que je commençais à rentrer en terrain connu. Lucien Espert, un ultratraileur bordelais en vacances dans le coin est venu m'escorter une petite demi-heure, après avoir fait de même avec Karine Sanson. Un arrêt à la boulangerie pour engloutir deux énormes croissants, quelques abricots achetés au marché, et me voilà requinquée. Je monte rapidement ce gros dénivelé pour rejoindre Superbagnères où je fais un arrêt au bar pour bien manger : lyophilisé, pain/saucisson et bière. Entre temps j'ai dépassé Marcel le Belge et un autre concurrent, que je retrouve en repartant.
Et puis c'est la traversée des sites magnifiques autour de Luchon, avec le col d'Espingo, le lac d'öo et l'arrivée aux Granges d'Astau où je retrouve une fois de plus Karine Sanson en soins intensifs avec Cécile Daquin venue tout spécialement de Baïgorri à sa rescousse. Antibiotiques et tout le tintouin. Un moral un peu dans les chaussettes, mais tout repartira pour le mieux le lendemain après une bonne nuit en gîte.
Et puis c'est la traversée des sites magnifiques autour de Luchon, avec le col d'Espingo, le lac d'öo et l'arrivée aux Granges d'Astau où je retrouve une fois de plus Karine Sanson en soins intensifs avec Cécile Daquin venue tout spécialement de Baïgorri à sa rescousse. Antibiotiques et tout le tintouin. Un moral un peu dans les chaussettes, mais tout repartira pour le mieux le lendemain après une bonne nuit en gîte.
Pause repas, bière, clope aux Granges d'Astau. Merci les bénévoles
Nuit courte sous mon Tarp à côté d'un coureur asiatique que je croise depuis le refuge de Bésines (partie 2). Il a des soucis intimes, me demande des médicaments, je comprends qu'il s'agit d'hémorroïdes, merci google traduction, mais il s'accroche, on a beaucoup de mal à se comprendre. On repart ensemble mais très vite, je le lâche et j'arrive vers midi à Vieille Aure, un lieu que je connais bien. Bonne pause et inspection obligatoire de mes pieds par la sécurité civile, directive de Cyril Fondeville, l'organisateur, qui est présent. Un peu plus loin, arrêt au bar du village, que je connais si bien avec le GRP et c'est parti pour le col de Portet, et le Néouvielle. Je retrouve d'autres collègues, Georges Bosio notamment avec qui je ferais un peu de Yoyo jusqu'à Cauterets. Je choisis de monter jusqu'au pied du col de Madamète. Au lac d'Aumar, coup de téléphone de mon fils Valentin, qui vient prendre des nouvelles. Que ça fait plaisir. J'installe mon bivouac vers 21h au petit lac, je me recroqueville dans mon duvet, mon poncho/Tarp fait office de seconde protection et je dors sous les étoiles. Je suis bien.
Lever vers 3h30, l'idée est de progresser plutôt de jour dans cette forêt de cailloux entre le col de Madamète et la cabane d'Aygues Cluses, où je retrouve Georges qui a bien jardiné dedans et laissé de l'énergie. Quelques km plus loin, je suis rejointe par les deux gars de Saint Lary qui sont maintenant serre-files, puis c'est Karine Sanson qui me tombe dessus et qui prend la poudre d'escampettes. Arrivée à Barèges, que j'attendais impatiemment pour dévaliser une boulangerie, je tombe sur Annie-Rose Germain (une grande coureuse qui a écumé les podiums girondins pendant des années). Un grand moment bien sympathique où l'on a partagé un café, la causette, et où je me suis empiffrée d'une énorme chocolatine et d'une pizza, avec quelques fruits achetés au passage. Soins des pieds et c'est reparti, direction Luz.
Ici, je retrouve mon copain de club Vincent, venu prêter main forte pour faire serre-file. Nous sommes bichonnés par les bénévoles qui nous ont préparé une assiette de bonnes crudités, des pâtes et une omelette. Qu'est-ce que j'en aurai mangé des omelettes!
Et c'est reparti pour le col de Riou et Cauterets où je rêve d'une bonne bière à une terrasse de café. Ce sera deux bières, et une clope, au milieu de gens plutôt bien apprêtés, Je suis zombie, le CP est encore à plus d'un km, je croise Géraldine Leroy, toujours en forme et qui repart avec Cédric et Tony (Cédric avec qui j'ai partagé deux/trois jours sur la seconde partie - j'y reviendrais plus tard). Moi, je veux dormir! Un bon repas, une vraie douche avec une serviette prêtée par un bénévole et un dodo réparateur. Je repars vers 4h du matin me semble-t-il, direction col d'Ilhéou, puis Estaing et Gourette. Georges a déclaré forfait, il est cuit. A Estaing, j'arrive devant Karine Sanson, partie pourtant 2h avant moi. Tout cela ne me paraît pas très normal et je fais pars de mon inquiétude, car il y avait du brouillard en haut. Surprise, Rémi Jégard est là, avec son épouse, petit interview...sans le son! Bug de Rémy, dommage. A Gourette, je retrouve Géraldine, Tony et Cédric, j'espère pouvoir repartir avec eux, ils décident de dormir un peu, je fais de même, malheureusement, ils seront prêts avant moi pour repartir, y compris Karine Sanson. Je me retrouve à nouveau seule pour cette partie longue jusqu'à Gabas, jusqu'au moment où je tombe sur des frontales : bivouac du groupe, je fais pareil. Lorsque je me réveille à 4h30, il n'y a plus personne, je ne les ai pas entendu partir, peu importe, Je repars encore seule. Mais je sais que c'est le jour où je vais retrouver Patrice, qui m'accueille au lac de Bious avec 4 croissants et un bière à 8h du matin.
Ici, je retrouve mon copain de club Vincent, venu prêter main forte pour faire serre-file. Nous sommes bichonnés par les bénévoles qui nous ont préparé une assiette de bonnes crudités, des pâtes et une omelette. Qu'est-ce que j'en aurai mangé des omelettes!
Et c'est reparti pour le col de Riou et Cauterets où je rêve d'une bonne bière à une terrasse de café. Ce sera deux bières, et une clope, au milieu de gens plutôt bien apprêtés, Je suis zombie, le CP est encore à plus d'un km, je croise Géraldine Leroy, toujours en forme et qui repart avec Cédric et Tony (Cédric avec qui j'ai partagé deux/trois jours sur la seconde partie - j'y reviendrais plus tard). Moi, je veux dormir! Un bon repas, une vraie douche avec une serviette prêtée par un bénévole et un dodo réparateur. Je repars vers 4h du matin me semble-t-il, direction col d'Ilhéou, puis Estaing et Gourette. Georges a déclaré forfait, il est cuit. A Estaing, j'arrive devant Karine Sanson, partie pourtant 2h avant moi. Tout cela ne me paraît pas très normal et je fais pars de mon inquiétude, car il y avait du brouillard en haut. Surprise, Rémi Jégard est là, avec son épouse, petit interview...sans le son! Bug de Rémy, dommage. A Gourette, je retrouve Géraldine, Tony et Cédric, j'espère pouvoir repartir avec eux, ils décident de dormir un peu, je fais de même, malheureusement, ils seront prêts avant moi pour repartir, y compris Karine Sanson. Je me retrouve à nouveau seule pour cette partie longue jusqu'à Gabas, jusqu'au moment où je tombe sur des frontales : bivouac du groupe, je fais pareil. Lorsque je me réveille à 4h30, il n'y a plus personne, je ne les ai pas entendu partir, peu importe, Je repars encore seule. Mais je sais que c'est le jour où je vais retrouver Patrice, qui m'accueille au lac de Bious avec 4 croissants et un bière à 8h du matin.
J'engloutis tout et nous voilà partis en direction des lacs d'Ayous. Pause au refuge : omelette lardons, bière, et l'arrivée du couple Marianne/Patrick, trop contents de me voir. Nous ferons un bon bout ensemble et retrouverons le groupe Géraldine et cie au col d'Ayous.
Le chemin de la mature est long à arriver, je me languis une bonne bière avec le sandwiche que m'a confectionné Véro. Ce sera à Borce. Il reste un col à monter pour arriver au CP de Lhers. Pas le temps de trop s'arrêter car il faut rejoindre Arette et sa BV3, et c'est chaud. Je repars avec Tony et Cédric. Pause bière à Lescun, ce sera la quatrième de la journée!
Ils sont fatigués et font spivent des pauses, je choisis de les "lâcher", pas sympa, mais je veux tenter ma chance pour la barrière. A ce stade, je ne sais pas où ils en sont de leur motivation à aller au bout. Le pas de l'Osque est impressionnant à passer, surtout de nuit avec ses câbles, quelques pas d'escalade, mais ce qui suit derrière est un vrai merdier. Je savais que ce serait un chantier difficile, qu'il fallait faire attention à ne pas tomber dans une faille, mais là, franchement ce fut horrible de progresser là-dedans. Finalement les garçons me rejoindront et nous arriverons ensemble à la BV3. Après la question rituelle : On est éliminés? Non, chouette, alors dodo! et bon dodo. C'est aussi ici que je retrouve Gisèle et Jean-Paul Ferret, bénévoles pendant 15 jours et qui m'ont covoiturer au départ depuis Mérignac. Un couple trop, trop gentil. Le lendemain matin, douche, re-préparation du sac avec le dropbag, arrêt au café avec les copains pour chocolatine et café au lait et nous repartons tous ensemble vers Saint Engrace. La forme des uns fait que le groupe éclate petit à petit, Géraldine prend son envol et à Saint Engrace, nous nous retrouvons Cédric, Tony et moi. Arrêt au restaurant du coin et plat typique bien revigorant, que ça fait du bien. Et bière évidemment. Au moment de repartir, les copains me font savoir qu'ils veulent siester, je suis en forme, je choisis de continuer toute seule et j'arrive à Logibar. Bonne pause d'une heure, repas lyophilisé, bière et gaufre nutella/chantilly. Il est 20h, les copains ne sont pas arrivés mais je laisse un mot au gîte et mon tel. Mon idée est de rejoindre le CP d'Iraty. Mais au bout de 2h, la fatigue me gagne et l'envie de bivouaquer une dernière fois au grand air me fait envie. Les copains ont choisis de rester sur Logibar et de monter pour 7h à Iraty. Je me lève donc vers 3h30, et pense arriver sur le CP vers 6h, c'était sans compter sur une bonne heure de jardinage avec les balises du GR. Me suis bien lacérées les jambes avec les ronces. J'arrive bonne dernière au CP, Alain lui aussi est passé. Il y a une super douche et j'en profite à fond. Je repars requinquée mais fait un mauvais choix de chaussettes, qui au bout d'une heure m'oblige à un stop et à une réfection de pansements qui me feront perdre encore 45'. Journée de merde! Maman appelle, ce n'est vraiment pas le moment, elle se fait remballer. Je dois rejoindre absolument Baïgorri, soit une très grosse journée en perspective. Je m'arrête au gîte de kaskoleta espérant bien me requinquer. Il n'y a personne, sauf un randonneur qui attend la patronne. Du coup, je peux tout de même avoir un sandwich et quand la patronne arrive, je lui prend une glace spéciale maison au lait de brebis et miel. Me voilà repartie. En route, je croise des randonneurs me donnant des nouvelles des copains devant, qui ont fait un stop au restaurant d'Esterençuby. Enfin Saint Jean Pied de Port et les bénévoles toujours aux petits soins.
Je mange bien et je repars, c'est là que je galèrerai dans le brouillard qui s'est invité à la tombée de la nuit. Je choisis de passer par la route, question de sécurité, plutôt que de monter dans le Munhoa, mais la progression est difficile dès lors qu'il faut retrouver le sentier. Tout cela n'est pas très rassurant. L'arrivée sur Baïgorri est interminable, quand enfin je suis au village, je ne trouve pas le CP, et descends quasiment jusqu'au bout du village pour faire demi-tour et enfin appeler Cyril. Bref, le CP c'est une maison au dessus du Baïgorri sur le GR, encore 1,5 km. Enfin j'arrive, je suis exténuée, dépitée. Deux bénévoles que je connais bien maintenant, me prennent en charge et me bichonnent. Un très bon repas, vite ma quincaillerie à recharger et je suis dans le duvet.
Je mets le réveille à 4h30, 3h, je cherche des toilettes et croise Cédric dans la maison, je suis hagarde, je retourne me coucher. Le réveil sonne, bof, c'est trop tôt, je rallonge à 5h, puis rentre dans la maison (oui, j'ai dormi sur un lit de camp dehors) pour déjeuner. Je croise la patronne des lieux, infirmière, qui part au boulot. Elle m'offre café et tartines. Vraiment très gentille. Tous les bénévoles sont HS, ils dorment. J'appelle mon amie, car je n'ai plus envie de continuer, mes pieds me font affreusement mal, ils ne rentrent plus dans les chaussures, et je sais que je vais devoir me taper les crêtes d'Iparla dans le brouillard. Cette fois, pas de messages pour me pousser au cul, je suis seule face à ma décision, je continue ou j'arrête. Je fais pars de mes doutes à Cyril. Je suis à un jour et demi de l'arrivée, il me reste 78 km. Je repars tout de même, il fait jour. L'arrivée sur les premières hauteurs d'Iparla n'est pas très concluante. Je glisse et je me vautre lourdement sur une pierre. Résultat : mon bâton dont il manquait un brin depuis le troisième jour a fini d'exploser en deux et mon poignet vient de doubler de volume. Il faut progresser très prudemment, je sais que les copines Françoise, France et Sandrine m'attendent à Bidarraï, et cela fait 15 jours qu'elles attendent ce moment. Elles viennent à ma rencontre avec les chocolatines et croissants que je leur avait commandées. Ainsi qu'une nouvelle paire de chaussures toutes neuves.

Grand moment de bonheur. Au CP, je retrouve mes "mamans" bénévoles, trop contentes de me voir. Mes chaussures étant explosées, je les avais missionnées pour m'en apportées des neuves. Je repars avec des pieds mieux dans leur chaussures, direction Ainhoa. Les filles iront jusqu'à Ainhoa pour me retrouver en sens inverse. La route se poursuit et je choisis d'aller jusqu'à Olhette pour faire un stop chez le copain Trapero où je m'étais arrêtée lors de ma reco en juin. Il m'a gardé tout ce qu'il faut pour bien me restaurer. Nuit courte, je repars à 3h30 pour finir les 25 km restants. Ils seront longs, surtout qu'arrivée à Hendaye, dans la ville, la trace me dit qu'il reste 1,7 km, je tombe sur un couple de sportifs, qui à me tête devine que je ne vais pas bien (hypo?), je rêve d'une boulangerie, la dame s'empresse de me trouver à manger et ils m'escortent jusqu'à l'arrivée. En fait il reste 3 km! Ils m'auront bien aidés à les parcourir ces 3 km interminables. Un grand merci à eux. Sur la ligne d'arrivée, je retrouve mon amie et les copines. Restent quelques mètres à faire que je fais en courant et je tombe dans les bras des organisateurs. Mon premier geste sera d'enlever les chaussures et de mettre les tongs! J'ai réussi, je l'ai fait! C'est énorme. Le tout sans assistance.
Je mange bien et je repars, c'est là que je galèrerai dans le brouillard qui s'est invité à la tombée de la nuit. Je choisis de passer par la route, question de sécurité, plutôt que de monter dans le Munhoa, mais la progression est difficile dès lors qu'il faut retrouver le sentier. Tout cela n'est pas très rassurant. L'arrivée sur Baïgorri est interminable, quand enfin je suis au village, je ne trouve pas le CP, et descends quasiment jusqu'au bout du village pour faire demi-tour et enfin appeler Cyril. Bref, le CP c'est une maison au dessus du Baïgorri sur le GR, encore 1,5 km. Enfin j'arrive, je suis exténuée, dépitée. Deux bénévoles que je connais bien maintenant, me prennent en charge et me bichonnent. Un très bon repas, vite ma quincaillerie à recharger et je suis dans le duvet.
Je mets le réveille à 4h30, 3h, je cherche des toilettes et croise Cédric dans la maison, je suis hagarde, je retourne me coucher. Le réveil sonne, bof, c'est trop tôt, je rallonge à 5h, puis rentre dans la maison (oui, j'ai dormi sur un lit de camp dehors) pour déjeuner. Je croise la patronne des lieux, infirmière, qui part au boulot. Elle m'offre café et tartines. Vraiment très gentille. Tous les bénévoles sont HS, ils dorment. J'appelle mon amie, car je n'ai plus envie de continuer, mes pieds me font affreusement mal, ils ne rentrent plus dans les chaussures, et je sais que je vais devoir me taper les crêtes d'Iparla dans le brouillard. Cette fois, pas de messages pour me pousser au cul, je suis seule face à ma décision, je continue ou j'arrête. Je fais pars de mes doutes à Cyril. Je suis à un jour et demi de l'arrivée, il me reste 78 km. Je repars tout de même, il fait jour. L'arrivée sur les premières hauteurs d'Iparla n'est pas très concluante. Je glisse et je me vautre lourdement sur une pierre. Résultat : mon bâton dont il manquait un brin depuis le troisième jour a fini d'exploser en deux et mon poignet vient de doubler de volume. Il faut progresser très prudemment, je sais que les copines Françoise, France et Sandrine m'attendent à Bidarraï, et cela fait 15 jours qu'elles attendent ce moment. Elles viennent à ma rencontre avec les chocolatines et croissants que je leur avait commandées. Ainsi qu'une nouvelle paire de chaussures toutes neuves.

Grand moment de bonheur. Au CP, je retrouve mes "mamans" bénévoles, trop contentes de me voir. Mes chaussures étant explosées, je les avais missionnées pour m'en apportées des neuves. Je repars avec des pieds mieux dans leur chaussures, direction Ainhoa. Les filles iront jusqu'à Ainhoa pour me retrouver en sens inverse. La route se poursuit et je choisis d'aller jusqu'à Olhette pour faire un stop chez le copain Trapero où je m'étais arrêtée lors de ma reco en juin. Il m'a gardé tout ce qu'il faut pour bien me restaurer. Nuit courte, je repars à 3h30 pour finir les 25 km restants. Ils seront longs, surtout qu'arrivée à Hendaye, dans la ville, la trace me dit qu'il reste 1,7 km, je tombe sur un couple de sportifs, qui à me tête devine que je ne vais pas bien (hypo?), je rêve d'une boulangerie, la dame s'empresse de me trouver à manger et ils m'escortent jusqu'à l'arrivée. En fait il reste 3 km! Ils m'auront bien aidés à les parcourir ces 3 km interminables. Un grand merci à eux. Sur la ligne d'arrivée, je retrouve mon amie et les copines. Restent quelques mètres à faire que je fais en courant et je tombe dans les bras des organisateurs. Mon premier geste sera d'enlever les chaussures et de mettre les tongs! J'ai réussi, je l'ai fait! C'est énorme. Le tout sans assistance.
J'ai caressé ce rêve d'être finisher, mais honnêtement, je ne m'en croyais pas vraiment capable et l'Ariège me faisait très peur vu tous ceux qui s'y étaient perdus lors de recos. Finalement, je m'en suis bien sortie là_bas, et ça vaudra un chapitre spécial.
Je veux dire merci à Cyril Fondeville, qui a eut cette idée folle de monter ce projet démentiel, merci aux coureurs avec qui j'ai partagé des bouts de chemins, merci à la femme de Charly qui nous a donné quelques fruits à Marc, merci merci aux bénévoles qui ont été extraordinaires et à nos petits soins, sans eux, on n'y serait pas arrivés, merci aux amis venus me soutenir sur le parcours, et surtout merci à ma moitié qui supporte depuis plus d'un an cette préparation qui a demandé quelques sacrifices, merci pour ses cadeaux qui depuis un an tournent autour de l'équipement pour cette transpy : le sac, le tarp, le ceci, le cela, à mon anniversaire, à Noël, etc. Et merci à tous mes amis supporters qui m'ont suivie sur cette aventure, ma maman qui était à fond, mon frère, mes cousins cousines, ma soeurette Karin, mes enfants également, qui même s'ils ne m'ont pas beaucoup suivie, ont tellement l'habitude de mes courses qu'ils n'ont certainement jamais douté de ma réussite, ni même réalisé l'ampleur du défi. Il devait être évident pour eux que j'allais y arriver sans encombre...comme si rien ne pouvait arrêter leur mère!






belle aventure humaine et physique ....enrichissante en symbiose avec l effort , aller au de las de soi et la volonté malgré la douleur .. d aller jusqu au bout dans une nature hors du commun comme support bravo !!!
RépondreSupprimerQuoi ? Pas de messages pour te pousser au cul ? Tu n'as pas dû entendre ta douce ce matin-là. Je peux t'assurer qu'elle avait le bout de la santiag qui la démangeait un max pour te pousser sur ces derniers kilomètres. Il était inenvisageable que tu abandonnes si près du but, il FALLAIT que tu finisses :) On a souffert avec toi...le cul vissé sur la chaise et une tasse de café à la main !
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