lundi 10 juillet 2017

Retour à Cauterets

Cauterets et Vielle Aure, deux noms qui ont des résonances bien particulières pour moi et qui sont synonymes des plus beaux trails de montagne que j'ai pu faire, mais aussi de randos fabuleuses. Après mes débuts en 2009 sur les très gros trails de montagne avec celui des refuges, une participation au trail du Petit Vignemal et deux sur le grand, j'avais hâte de revenir sur les refuges nouvelle version avec le passage au col des gentianes, un endroit qui manque à ma connaissance. Nous voilà donc partis à 4, mes amis sur la petite distance, par prudence et moi comme d'hab, sur la plus grande. L'objectif ici, à la différence des autres courses, c'est d'abord d'arriver à passer les barrières pour pouvoir finir la course. Nous scrutons la veille la météo dans tous les sens, il est certain que ce ne sera pas grand beau, on essaie d'y croire un peu. Car mauvais temps, ici, ça veut dire risque d'annulation ou modification de parcours.
Le lendemain, me voilà partie à 6h, sous une météo plutôt sympa, pourvu que ça dure, mais le speaker nous prévient : la météo s'annonce mauvaise en altitude avec de grosse rafales de vent sur les crêtes pouvant atteindre les 100/h et des orages. Pas sûr du tout que nous fassions la totalité du parcours. Et pour les barrières, c'est comme d'habitude, ici on ne negocie même pas une seconde de retard.
L'arrivée au refuge d'ilhéou se fait à peu près comme prévu, 1h32 pour 1h30, ça repart pour le col de la Haugade atteint en 40', puis le col du Pourtet. J'espère toucher Wallon en 3h30, mais très vite je comprends que ce sera difficile. Finalement, je ne monte pas assez vite, et surtout je descends trop lentement dans les cailloux, pourtant je m'applique. Les premières crampes me prennent, tiens ça fait longtemps. J'ai oublié de prendre ma sportenine, tout comme ma couverture de survie (matériel obligatoire). J'ai fait une semaine à l'arrache. J'arrive finalement en 3h45, avec des copains bordelais. J'ai un quart d'heure de marge. On nous apprend que la partie au col des gentianes ne se fera pas. Déçue, mais pas trop sur le moment, vu que la pluie repart, et le vent avec. On entame la montée vers le col d'Arratille et celui des mulets. Je dois avouer que je ne reconnais pas du tout cet endroit passé dans l'autre sens sous un soleil radieux il y a 8 ans déjà. Bon, ce n'est pas aujourd'hui que je sortirais l'appareil photo pour prendre de jolis paysages. Par contre, même si je sais maintenant qu'il n'y a plus de barrières, j'essaie de rester motivée pour passer aux Oulettes en moins de 6h30. C'était le sésame pour pouvoir continuer. Mais pas forcément facile et je dois gérer mes ardeurs sous peine d'apparition de nouvelles crampes. 6h15, j'arrive aux Oulettes, contente. Le temps s'est un peu dégagé, je regrette qu'on ne puisse monter plus haut. Je me retrouve assez vite avec une autre fille, on fait un peu de Yoyo, comme je ne cherche plus le chrono je finis par discuter un moment avec elle. Elle vient d'Aurillac, du club d'Arpajon, celui de mon ami Charly, organisateur entre autre de l'UTPMA. Charly qui vient de terminer une course de ouf en Andorre, l'Euphoria. Des gars nous dépassent dans cette longue  descente de la vallée de Gaube, un peu technique par endroits. On ne peut pas dire que ce soit roulant. Petit à petit, de bonnes sensations reviennent, on arrive au pont d'Espagne, puis c'est ce long chemin des cascades qui nous ramène à la raillère. C'est de plus en plus roulant. A la raillère, il faut rejoindre le GR10, une petite remontée et 3 km très roulants, les jambes sont bien revenues et je file à plus de 11 à l'heure. Je me retourne pour voir si la fille est toujours derrière moi, c'est le cas, je lui propose donc de finir main dans la main. La ligne est franchie en 8h55 pour 45 km au total, 43.5 pour l'organisation, un peu plus de 46 à ma montre. Je suis contente, car plutôt fraîche par rapport à mes autres participations, mais lorsque le classement final apparaît, la déception est quand même un peu là. Dans le dernier quart encore, comme d'habitude ici ! Et 14ème sur 16 filles classées. Seulement une dizaine de recalés à la barrière de wallon, puisqu'il n'y en avait plus aux Oulettes. Décidément, cette course est vraiment pour les vrais montagnards qui savent grimper comme des fous dans le pentu et descendre comme des isards dans les cailloux. Super parcours et super organisation, des bénévoles partout là où il faut, prêts à se les geler pendant des heures. Y a plus qu'à recommencer. 




mardi 25 avril 2017

Belvès ou comment se prendre une claque

Et bien voilà, je ne suis pas allée au bout de la compétition! J'ai plein d'excuses. Il faisait trop chaud, je commençais à être déshydratée, il m'aurait fallut un accompagnateur vélo, etc. Mais à la vérité, c'est certainement un excès d'orgueil combiné à la vision de deux orteils kaputs à l'arrivée, et une entame de mes travaux deux jours après dans un piteux état qui ont fait pencher la balance du mauvais côté. Et oui, j'étais allée à Belvès non pas dans le souci de juste boucler la boucle, mais avec un objectif chronométrique, c'est à dire au moins aussi bien que ce que j'avais fait en 2008 et 2009 (9h50), mais surtout un peu mieux pour marquer plus de points pour le club, donc 9h45 à minima, et si possible 9h30. 
La météo annonçait beau temps et une température de 24°, ça me semblait bien, c'était oublier que 24° à l'ombre, ça doit faire dans les 30 en plein soleil, voir plus avec la réverbération sur le bitume bien noir. Mais j'ai connu la même météo en 2008, peut-être que ça a chauffé moins vite, on était partis il faisait à peu près zéro degrés, je me souviens de stops aux ravitos de plus en plus longs pour boire, boire, et encore boire. 
Tout avait bien commencé ce samedi matin, je suis partie avec Patrice qui faisait son premier 100 km, accompagné par Momo en vélo. Assez rapidement, Rodolphe, le meneur d'allure de 3h15 à Bordeaux la semaine dernière nous a rejoints. Puis la jonction s'est faite avec le vélo, je savais que j'allais prendre un allure un peu plus rapide que Patrice, et petit à petit je l'ai donc décroché, le sachant bien accompagné. J'avais donné mes ambitions à Rodolphe, "passer au 50è en 4h30", je me suis calée derrière lui, et j'ai suivi son pas, Il voulait m'emmener à Belvès sur ces bases.  Nous avons fait un binôme parfait. pas la peine de parler, Rodolphe m'encourageait régulièrement, sa fille était présente pour me donner à boire si besoin. J'étais super bien et c'était un vrai plaisir de courir ensemble. Les ravitos se passaient bien, un peu à manger, à boire, j'évitais le sucré. AU 45è Rodolphe commence à coincer et il ma lâche en me disant de continuer ma course et que je vais rattraper les filles.  Passe le 50è, je suis en 4h33, j'ai commencé à remonter pas mal de personnes qui commencent à coincer dont quelques copains, Alex, Manu, Jimmy,  et des filles. A Sarlat, je retrouve ma moitié, j'apprends que Patrice a abandonné, je ne sais pas pourquoi et je me demande bien comment une personne de l'organisation peut me communiquer cette info, je le voyais donc déjà de retour à Belvès, en fait, non, il était étendu sur un lit la tente à côté, et je ne savais pas le motif de son abandon. Je pensais qu'il n'arrivait plus à avancer, comme ceux que j'ai croisés et qu'il avait préféré jeter l'éponge. En fait, non, il s'était blessé au mollet....mais ça, je ne l'ai su que beaucoup plus tard. Toujours est-il que ça m'a quand fichu un coup au moral...moi qui l'avait entraîné si dur pour cet objectif. La perspective que je finisse et pas lui, c'était moins alléchant. 
Me voilà repartie, même si je ne suis pas souriante, je vais bien, je reste hyper concentrée sur ma course. Au 60è, je recroise pour la xième fois les officiels sur leur moto qui contrôlent les passages de coureurs, en cas de triche et je reconnais mon bien le copain Patrick qui a chaque fois me précise où j'en suis et que la prochaine fille n'est pas loin, 2' seulement. C'est rien, mais c'est beaucoup quand même. Petit à petit j'en aperçois une et je finis par doubler deux filles encore, je crois qu'à ce moment là de la course je suis 3è. Tout va bien, puis j'arrive au ravito un peu avant le 65. je m'arrête, je bois bien, beaucoup et mange un peu, mais très vite j'ai la gorge sèche, les deux filles que j'ai dépassées me repassent, et elles s'éloignent vite, mes jambes flanchent d'un coup, et je prends un grand pète au moral. Je me vois obligée de marcher un peu, mon allure est passée de 5'30 à plus de 6' au kilo. Et là, je me dis que ce n'est pas possible, je ne peux pas aller de ravito en ravito avec la gorge désséchée, je sens que je frise aussi l'insolation, et c'est là que je me rends compte des mes erreurs : le 100 km route, ce n'est pas la même chose qu'un ultratrail en montagne! Le vélo, ça aide dans ces lignes droites infernales avec le soleil qui cogne, et les jambes qui font mal. Et finalement le sac de trail avec l'eau dedans (comme pour les trails en montagne), ça aurait pu être utile. Je n'ai pas voulu m'encombrer de poids inutile, persuadée que les beaux ravitos tous les 5 km seraient suffisants. grave erreur. Comme quoi, l'expérience parfois nous fait faire de sacrées conneries!
J'arrive à La Roque Gageac où une supportrice m'attend, elle a une voiture.....je jette l'éponge, je descends une bouteille d'eau gazeuse en moins de temps qu'il n'en faut, les podos à côté de moi se proposent de me masser, et là, avec un grand sourire, je dis oui! J'ai droit à un massage des cuisses à huit mains, le bonheur. Quelques temps après, je recroise Rodolphe à la tente de massage, il va finir. 
Je pensais que Belvès serait mon dernier 100, tant je sais que c'est une course très difficile, mais après deux jours de réflexion, à me balader dans ce coin magnifique et à suivre les flèches au sol, je me suis convaincue d'y retourner l'année prochaine. Ce sera sans objectif, avec une accompagnatrice vélo, et de l'eau en sus. Et la perf pour le coup, sera peut-être plus du côté de la cycliste à vélo, j'aurais peut-être plus à faire à l'encourager pour aller au bout, que de me préoccuper de mes douleurs.  Et tant pis pour les points clubs. 
Les 65 kms sur les 68 parcourus (en 6h28) ont été un vrai bonheur, et c'est ce que je retiens de la course. De grosses félicitations à ceux qui n'ont pas lâché l'affaire et qui sont arrivés bien loin de leur objectif du jour, je pense à Manu, Jimmy et bien sûr Rodolphe. Je souhaite que Patrice ce remette vite en selle, et j'ai aussi une pensée pour mon copain de club Alex, qui lui aussi a lâcher l'affaire. 
Des Félicitations aux trois premières de la course qui ont fait un beau parcours. Pour la petite histoire, la première termine en 9h38, la seconde en un peu plus de 9h50 et la troisième en 10h05 je crois. 

Quelques photos de notre périple touristique. Et puis, je ne sais pas si je dois y voir un signe, mais au château de Beynac, je suis tombée sur mon logeur Dédé, de la Transpyrénéa. Le dernier gîte où j'ai dormi avant mon arrivée à Hendaye et où j'ai cherché le petit déjeuner sur le frigo de la terrasse et que je n'ai pas trouvé. Et bien il m'en a reparlé et tiré les oreilles! Le Petit déj avait été déposé sur le frigo dans mon gîte, je l'avais devant mes yeux! (je ne l'ai pas entendu rentrer, tellement je devais dormir à points fermés) et je ne l'ai jamais vu...Cela m'aurait évité une belle hypo en arrivant à Hendaye!

Et maintenant place à la suite : 2è manche du TTD le 1er mai, marche au interclubs, puis Trail de la Vallée du Brevon dans mes montagnes Chablaisiennes, début juin. La vieille va arrêter de croire qu'elle est vieille parce qu'elle a passé la cinquantaine...mais ce qui fout les boules c'est quand on me demande si c'est pour bientôt. Quoi qui est pour bientôt? Ben la retraite! Deux fois qu'on me l'a demandé ce weekend, franchement, est-ce que j'ai une gueule à avoir l'âge de la retraite! J'en ai encore pour au moins 10 ans!  Le prochain, ou la prochaine qui m'en parle, il prend mon point dans la GUEULE! 











mercredi 12 avril 2017

Belvès J-10

La préparation se termine, ces trois dernières semaines ont été intenses au niveau des entraînements. Pas facile d'enchaîner autant de séances et de km. Je reste admirative de ceux qui en plus de leur travail, parfois assez pénible, arrivent à se lever le matin pour aller courir à 5/6h du matin ou le soir après 20h. J'ai bien essayé de doubler sur deux semaines avec un lever à 6h15 pour 40/45' de footing. Et bien, je n'ai réussi à le faire qu'une seule fois. Les autres jours, le mal aux jambes a été trop fort pour trouver la motivation de se lever et d'y aller. 
Malgré tout, je reste satisfaite de ce que j'ai réussi à faire, en dépassant les 100 km sur au moins deux semaines, soit un petit peu mieux que mes deux autres préparations en 2008 et 2009. Je n'avais pas encore commencé mes courses longues en montagne. J'espère que l'expérience de tous ces ultras me servira pour tenir ce cent bornes et que mes jambes ne me feront mal que le plus tard possible, et bien après le 60è km. 
Cette fois, pas d'accompagnatrice vélo. Je n'ai pas voulu solliciter Maryline qui par deux fois m'a accompagnée. C'était deux super expériences. Mais cette fois, je vais avancer seule, bien que seule je ne le serais pas tout à fait. Il y aura mon compère de club Patrice, que j'ai essayé de préparer le mieux possible et qui sera accompagné en vélo. Peut-être que l'on se retrouvera sur le parcours, en tout cas, on va partir ensemble sur les premiers kilos. 
Et puis j'espère être supportée vers la fin par ma moitié. 
A J-10, malgré une sortie montagne de 30 km qui m'a bien cassé les fibres musculaires et m'a laissé des jambes de bois pendant trois jours, je me sens plutôt pas trop mal. Encore trois séances un peu longues et ensuite on attaque l'affûtage. 
Maintenant yapluka. Il faut avoir confiance. objectif : faire aussi bien que les autres fois, et peut-être même mieux.
Ensuite, petit weekend périgourdin pour profiter de la gastronomie et des paysages. 








jeudi 23 mars 2017

En route pour Belvès

Les compétitions ont repris avec un retour aux cross en janvier. Cross qui se sont plutôt bien déroulés. Puis depuis fin janvier l'objectif est braqué sur le 100 km de Belvès, alors les semaines à gros kilométrage s'accumulent, entrecoupées de compétitions et de quelques semaines un peu allégées pour les aborder. Pas suffisamment légères pour être satisfaite de mes performances en compétition. Voilà, le coureur n'est jamais content! Le weekend dernier c'était le marathon des Forts dont le parcours change chaque année. Si l'année dernière nous avons eu un bonus de 5 km non prévu, cette année nous avons eu droit à la vraie distance. Un parcours avec 900 m de D+, mais on ne les voit pas vraiment. Plutôt on les sent dans les jambes, ça brûle assez vite dans les montées, pas suffisamment pentues pour que l'on se mette à marcher pour "récupérer" un moment, mais suffisamment raides pour qu'on les sente dans les cuisses. Bien évidemment, je ne suis pas satisfaite de moi, même si je fais 5è F et 1ère en catégorie, et au final en tout point presque pareil à l'an passé, si l'on compare les deux classements.
Mais déjà, l'an passé, je n'étais pas super satisfaite car j'avais bien subie la course. Mais alors pourquoi continue-tu de courir ma belle? That is the question!
Cette année je peux me donner plein de bonnes raisons pour justifier une perf moyenne : ma prépa 100, qui fait que j'aborde chaque compétition insuffisamment fraîche. mais c'est un peu facile ça non? Je me souviens il y a quelques années, lorsque j'ai à nouveau tout pété au marathon, j'enchaînais les compétitions et les entraînements avec totale réussite partout...et pourtant, j'étais pas des plus fraiches à chaque fois. 
Il ne fait pas bon avancer dans l'âge, la régression nous guette et elle est juste inacceptable, injuste!
Mais il faut positiver! Ce qui est bien dans ce sport, c'est que finalement, quelque soit le résultat on r'commence toujours, même si on ne sait pas pourquoi, même si on est insatisfait, même si on est super satisfait et que l'on pourrait s'en arrêter là. Le désir reste intact, même quand il y a frustration, et c'est bien de la frustration que naît le désir, n'est-ce pas copain Freud?
Alors même si je ne sais pas toujours pourquoi je cours, ni après quoi je cours, est-ce d'ailleurs important de la savoir, je continue de courir et de me fixer des compétitions, des défis....peut-être tout simplement parce qu'à chaque fois c'est un petit défi à la mort qui un jour viendra inévitablement nous cueillir, et là, effectivement, je ne courrais plus...